Frans C. Lemaire

  • Document tout autant historique que musical, cet ouvrage présente en complément l'itinéraire artistique d'une trentaine de compositeurs juifs parmi les plus significatifs.
    Entre judéité et antisémitisme, l'histoire de trois mille ans de relations entre la musique et le fait culturel juif.
    Musicologue et ingénieur, Frans Lemaire est l'auteur de La musique du XXe siècle en Russie et dans les anciennes Républiques soviétiques.

  • Entre utopie et diktats esthétiques, entre émigration et embrigadement, le destin des musiciens russes au cours du dernier siècle, de la Révolution à nos jours.

  • Les liens qui unissent l'histoire de la Passion à la musique occupent une place privilégiée tant au sein du christianisme que de la culture européenne. Sans doute, est-ce dû largement à quelques chefs-d'oeuvre absolus : la Matthäuspassion de Bach, The Messiah de Haendel, voire le Parsifal de Wagner. Des milliers d'autres oeuvres musicales (de Schütz à Penderecki, de Telemann à Tristan Murail) ont illustré et paraphrasé ainsi les images que la tradition attache à la mort de Jésus.    Toute tradition religieuse attribue à l'origine la forme présente de ses croyances. La seule Passion que nous connaissions est celle, non de l'histoire, mais des textes qui reflètent, une ou deux générations après les faits, le sens retenu ou donné par les auteurs des évangiles synoptiques et leurs communautés. Ce qu'ils ont raconté s'est trouvé prolongé dans une interprétation johannique désignant de façon répétée « les Juifs » comme ennemis de Jésus. Avec Méliton de Sardes se trouve scellé le double drame, chrétien par la mort de Jésus sur la croix, juif par la malédiction attachée à l'accusation de déicide. L'exaltation du premier n'empêchera pas l'accomplissement du second avec toutes les conséquences que l'on sait.     Quelle est la part de la musique dans les commémorations qu'en a faites la Semaine sainte au fil des siècles ? Treize chapitres en parcourent les différents aspects : la Passion selon les textes (I à IV), la Passion dans la liturgie (V), à la Renaissance et à l'âge baroque, catholique ou luthérienne (VI à IX), revue par Beethoven ou Wagner (X), enfin la difficile confrontation de cette tradition religieuse avec le siècle d'Auschwitz (XI). Même si la musique n'y tient pas un premier rôle, la Passion traitée comme un spectacle par le théâtre ou le cinéma avait sa place dans ce bilan car les avatars d'Oberammergau (XII) et de certains films (XIII) illustrent les difficultés de la renonciation aux enracinements séculaires.Frans C. Lemaire est l'auteur du Destin juif et la musique (2001) et du Destin russe et la musique (2005).

  • Alors que la musique de Chostakovitch semblait devoir rester largement prisonnière des normes esthétiques du réalisme socialiste, elle domine aujourd'hui la vie musicale du monde entier. Quel est ce mystérieux pouvoir qui lui a permis, en survivant ainsi aux contraintes de l'idéologie, de sauvegarder un sens universel ? Semblablement, une autre musique soumise durant des siècles aux rigueurs doctrinales, la musique chrétienne, continue à être exécutée et même bien plus fréquemment (que l'on songe aux Passions de Bach) indépendamment des raisons cultuelles et dévotionnelles qui en furent l'origine. Chostakovitch a vécu longtemps dans cette dualité des promesses de l'idéologie dominante qu'il faut célébrer et des évidences que l'on doit taire. De là, ce double langage, avec sa part d'ironie, d'allusions, de secrets mêmes. Son interprétation n'est donc pas sans aléas et elle a alimenté de vifs débats. Frans Lemaire en propose ici une synthèse biographique basée essentiellement sur les témoignages qui s'imposent au départ de la musique et des textes.

  • Plus que partout ailleurs, la musique en Russie au XXe siècle fut intimement liée aux événements politiques. C'est sa tragique épopée à travers la nuit soviétique, avec ses espoirs déçus, ses humiliations, ses souffrances, ses compromissions, sa dissidence, sa clandestinité, sa liberté enfin retrouvée que nous dévoile ce livre foisonnant.Tout avait commencé au début du siècle par l'âge d'or d'une double avant-garde: celle de Saint-Pétersbourg avec ses poètes, ses peintres, ses musiciens, ses amateurs d'art et celle apportée à Paris par Diaghilev, Stravinski et Prokofiev.Aux illusions d'une fraternisation possible entre ceux qui avaient bouleversé l'art et ceux qui voulaient bouleverser la vie, va bien vite succéder l'ère du réalisme socialiste: l'art est alors sommé de se mettre au service de l'idéologie du régime, d'exalter les valeurs du travail, de l'obéissance et de l'optimisme au moment où s'installe la nuit des dénonciations et des bannissements. L'interlude héroïque de la guerre n'apporte pas la liberté comme récompense de la victoire: les plus grands musiciens, Chostakovitch en tête, sont condamnés pour " formalisme ". Dorénavant la musique a son grand inquisiteur: Tikhon Khrennikov, dont le règne durera quarante-quatre ans.Malgré cet enfermement, une nouvelle génération de compositeurs (Schnittke, Goubaidoulina, Denisov, Pärt...) parvient à capter les échos de la modernité occidentale. A côté de la musique officielle naît ainsi dans une semi-clandestinité une musique des " catacombes " retrouvant, par-delà tant d'années d'athéisme militant, une dimension spirituelle et une densité intérieure tout à fait surprenantes, avant d'acquérir un rayonnement international au fur et à mesure que le régime va se libéraliser.Ouvrage de référence tout autant que document, ce livre présente en complément l'itinéraire artistique d'une cinquantaine de compositeurs parmi les plus significatifs.Frans C. Lemaire a mené, après une formation d'ingénieur et de musicologue, une double carrière. Depuis plusieurs années, il s'est particulièrement intéressé à la musique dans l'ex-Empire soviétique, nouant des liens avec de nombreux compositeurs issus de ces pays.

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