Françoise Aubès

  • Publié en 1967, Cien anos de soledad connaîtra un succès international.
    Traduit dès sa parution en plusieurs langues, bénéficiant de nombreuses éditions, couronné de nombreux prix, le roman doit son succès autant à l'originalité de son écriture qu'à tout un faisceau de circonstances socioculturelles et éditoriales désignées sous le nom de boom de la littérature latino-américaine. Ce livre, qui raconte l'histoire d'une famille endogame sur laquelle pèse la menace de la répétition de l'inceste, a été lu comme un raccourci vertigineux de l'histoire de l'humanité tout entière depuis les temps a-historiques, mais aussi comme la saga d'une famille colombienne qui fait souche dans le petit village de Macondo.
    Mais ce qui contribuera encore au rayonnement de ce roman sera le talent de conteur de son auteur. En effet, à Garcia Màrquez reviendra la paternité de ce réalisme magique qui consiste à rendre vraisemblables les choses les plus extravagantes, auquel il faut ajouter l'humour dans toute sa gamme, allié à l'invention poétique d'images saisissantes. Intronisé très vite icône, monument de la littérature mondiale, canon, il est évident qu'au fil des ans, Cien anos de soledad deviendra une référence encombrante pour les jeunes romanciers postmodernes, lesquels tenteront de se débarrasser de cet héritage gênant.
    Mais Cien anos de soledad, comme tous les classiques, résiste aux attaques en tout genre car, oeuvre plurielle, il suscite des lectures sans cesse renouvelées. C'est ce que propose ce volume consacré à l'analyse de différents aspects de Cien anos de soledad et dont les contributeurs sont tous spécialistes de littérature latino-américaine et plus particulièrement de l'oeuvre marquézienne.

  • Le goût du pouvoir, la folie, le désir de posséder l'autre jusqu'à la mort sont de puissants moteurs qui génèrent violence, crimes et délits, parfois au nom même de la raison d'Etat. Quand tout raisonnement achoppe, comment suggérer, imaginer, représenter l'un des problèmes les plus dérangeants et les plus fascinants qui soient ? Comment aller jusqu'au bout de la connaissance du mal grâce aux mots de la littérature ? Chacun des trois auteurs abordés dans cette étude impose sa propre vision du mal au fil de récits impressionnants instantanés de cruauté dans les Cuentos completos du Paraguayen Augusto Roa Bastos, images paranoïaques dans El tûnel de l'Argentin Ernesto Sâbato, représentations numériques où les mots sont autant de pixels dans Los vivos y los muertos du Bolivien Edmundo Paz Soldán. C'est à la découverte de ces trois oeuvres singulières qu'invite cet ouvrage destiné aux candidats à l'agrégation d'espagnol 2011, ainsi qu'à tous les lecteurs passionnés de littérature latino-américaine.

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  • Ce numéro 45 de la revue América. Cahiers du CRICCAL porte sur les imaginaires de l'érotisme en Amérique latine. Même si cela n'est pas explicitement mentionné ainsi, il réunit une sélection de travaux présentés lors d'un colloque international organisé par le Centre de Recherches Interuniversitaires sur les Champs Culturels en Amérique Latine (CRICCAL), qui a eu lieu à Paris au printemps 2012. Il s'agit, en réalité, de la première partie d'un ouvrage collectif qui est prévu en deux volets, dont celui-ci porte le sous-titre « Érotiques/Esthétiques ».

  • L'exotisme, tant littéraire qu'artistique, est parfois soupçonné d'être le simple refuge de l'idéalisation des civilisations différentes, colorant les mondes étrangers pour mieux en nier la spécificité. Pourtant, en une période d'extraordinaire intensification des échanges entre les diverses régions du monde, à un moment où s'instaurent de nouveaux rapports au passé colonial et où l'on peut parler de « world fiction », voire de « république mondiale des lettres », la littérature et les représentations exotiques sont devenues très importantes et connaissent un regain d'intérêt critique. Désormais, il est rare en effet qu'une oeuvre romanesque un peu ambitieuse ne se confronte à la question du voyage et de la rencontre des autres cultures et qu'elle ne s'intéresse chemin faisant, fût-ce pour les combattre ou en jouer, aux images de l'exotisme. Par la vitalité de ses formes, passées et contemporaines, l'exotisme s'est toujours affirmé comme un lieu de transformation des lettres et des arts. Ce volume s'intéresse à quelques-uns de ces apanages, situés tant à l'âge colonial qu'à l'ère post-coloniale. Si la littérature hispanique et latino-américaine est privilégiée, on n'en oublie nullement d'autres aires culturelles, notamment les Caraïbes et l'Extrême-Orient. L'exotisme est ici étudié dans ses formes passées ou contemporaines, selon certains espaces, certaines figures rêvées qui ont naguère dominé les représentations des autres cultures. Chemin faisant s'affirment ainsi des continuités littéraires et esthétiques, mais aussi l'importance d'un Victor Segalen, qui fixait, dès le tournant du XIXe siècle, un programme, malheureusement inachevé, de réhabilitation de l'exotisme ouvrant à une « esthétique du Divers ». C'est cette complexité exotique, dépouillée des clichés et des préjugés touristiques ordinaires, que les contributions de ce volume invitent à considérer dans quelques textes littéraires remarquables.
    Jean-Marc Moura

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  • Cet ouvrage analyse, à partir des trois oeuvres romanesques au programme de l'agrégation externe d'espagnol, la relation complexe entre art, pouvoir et violence en Amérique latine. Lituma en los Andes de Mario Vargas Llosa, Abril rojo de Santiago Roncagliolo et Trabajos del reino, Yuri Herrera (2004) ont en commun de partager la même thématique ancrée dans la réalité historique de leurs pays respectifs : la « guerre populaire » qu'a menée Sentier Lumineux ou la violence des narcotrafiquants qui gangrène l'État mexicain.

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  • Los rios profundos, publié en 1958, est le deuxième roman de l'écrivain péruvien José Maria Arguedas (1911-1969).
    Héritier du courant indigéniste qui, dans les années 1920-1930 au Pérou, dénonce la situation d'asservissement et de pauvreté que le système de l'hacienda impose aux paysans indiens dans les Andes, le roman transgresse les lois du genre réaliste en mettant en place un dispositif narratif original. Le personnage-narrateur, double de l'auteur, à la croisée de deux cultures, celle du monde quechua dans lequel il a été élevé et celle de la culture du Pérou officiel, catholique et blanche, devra trouver sa place dans le microcosme du collège religieux d'une petite ville des Andes, Abancay.
    Ce roman d'apprentissage d'un jeune adolescent est aussi une recherche formelle pour l'écrivain qui tente de restituer en espagnol une autre culture, panthéiste et harmonieuse, celle du monde indien. Réalisme magique, autobiographie fictionnelle, recherche identitaire, les codes de lecture de l'oeuvre sont nombreux ainsi que les questions d'ordre théorique que pose le roman d'un écrivain-ethnologue.
    Mais au-delà d'une lecture interprétative multiple, Los rios profundos, grâce au style de l'auteur que l'on pourrait assimiler à une écriture de l'enchantement, est un grand texte lyrique, un roman-poème, où l'imaginaire universel reconnaît dans " les fleuves profonds " la nature de ses rêves.

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  • Dans ce dexième tome consacré aux « Figures et figurations du crime », on trouvera des contributions comparatistes ainsi que celles de spécialistes de l'Espagne contemporaine et d'américanistes. Sont entreprises des réflexions sur le crime et la littérature, le crime et l'Etat.

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