François J. Bonnet

  • Un manifeste pour une possible musique à venir.
    Ceci n'est pas une étude. C'est un manifeste qui porte une étrange conviction : que la musique reste à découvrir, qu'elle est encore cachée. Qu'elle apparaît pourtant, parfois, mais le plus souvent de manière lacunaire. Et que ce que nous avons jusqu'alors désigné par « musique » n'est en fait qu'un préliminaire, un prodrome. Que toutes les musiques jusqu'alors produites ne sont que des simulacres, des rituels appelant la musique. Cela peut sembler fou, importun. Voici tout l'enjeu de ce texte : rendre cette affirmation lisible, compréhensible et peut-être même, pour une certaine part, acceptable. Et en voici l'aspiration : formuler, à partir d'intuitions, un possible pour une musique à venir. Que cet obscur devenir se dessine, trait à trait, que cette musique à venir se forme, peu à peu, à travers un faisceau de présomptions, à travers la lecture d'une histoire multiple, à travers l'examen de paradigmes néfastes qui ont porté la musique loin d'elle-même. Que la subjectivité d'une écriture, à travers ses croyances, ses erreurs, ses partis pris, ses injustices et ses certitudes branlantes, parvienne tout de même à jeter une lueur singulière et inspirante sur l'idée de la musique, telle est finalement l'ambition des lignes à venir.

  • Dire le 'sonore' a été une des gageures de l'écriture esthétique et, au XXe siècle, on aura plus largement insisté sur la structure et la forme, au détriment de la sensation, en affirmant la toute-puissance du discours. Mais il suffit de porter l'oreille à une conque marine (lire l'extrait) pour que le son de la mer qu'on y entend, ébranle les édifices, mette à bas les échafaudages rhétoriques de "ce qu'entendre veut dire".
    Dans les Mots et les sons, François J. Bonnet explore les voix fantômes, l'inframince du son, le sampling, les musiques d'ambiance etc. dont notre univers est peuplé et qui échappent aujourd'hui à la forme traditionnelle de l'écoute. Il ouvre sur des archipels sonores inouïs, éphémères et précaires comme les TAZs (Zones autonomes temporaires), mais riche de nouvelles expériences d'écoute, propres à éduquer nos oreilles à mieux entendre l'imperceptible.

  • À l'anesthésie du vivant qui frappe déjà nos sociétés, vient s'ajouter une amnésie sournoise, effet d'une glorification de l'instant présent (immédiatement posté), qui nous fait nous demander à partir de quand peut-on dire que nous sommes déjà morts, alors que notre corps, décomposé en pixels, recomposé de mémoires artificielles, et bientôt même cryogénisé, doit répondre encore aux injonctions exclusives du présent, sans cesse rebooté, reseté, reformaté. L'aurait-on retrouvée, enfin, l'éternité ?
    Ce leurre, parmi d'autres, profite aux dispositifs de pouvoir qui voient d'un oeil mauvais les débrayages du cours du temps, les écarts et les lenteurs du devenir, les retours en arrière qui sont des avancées. Ce sont pourtant à ceux-ci qu'appelle Après la mort, portes ouvertes sur la vie.
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