Sciences humaines & sociales

  • La question de voter ou non ne porte aucun enjeu. Je suis un absentionniste non-prosélyte. Je ne fustigerai pas un votant, pas plus que je ne tiendrai un non-votant pour un camarade. Le vote ne devient un sujet que si les votants en font un sujet. C'est souvent le cas. Nombre de votants aspergent de sermons les non-votants, taxés d'incivisme, d'irresponsabilité, d'immaturité, d'individualisme. Les non-votants manquent à leur devoir de citoyens. Ils galvaudent la souveraineté politique qui leur a été gracieusement offerte par la démocratie. C'est ici qu'on est soudain tenté d'entrer dans le débat. De montrer aux électeurs ce qu'ils font quand ils élisent. D'observer qu'alors ils font tout sauf de la politique.

  • Histoire de ta bêtise

    François Bégaudeau

    • Pluriel
    • 22 January 2020

    S'adressant à l'électeur d'Emmanuel Macron, François Bégaudeau fait la somme des aveuglements qui le font se prendre pour un progressiste de pointe là où il n'est qu'un conservateur de base.
    Tu es un bourgeois. Mais le propre du bourgeois, c'est de ne jamais se reconnaître comme tel.

    Petit test : tu votes toujours au second tour des élections quand l'extrême droite y est qualifiée, pour lui faire barrage. Par conséquent, l'abstention te paraît à la fois indigne et incompréhensible. Tu redoutes les populismes, dont tu parles le plus souvent au pluriel. Tu es bien convaincu qu'au fond les extrêmes se touchent. L'élection de Donald Trump et le Brexit t'ont inspiré une sainte horreur, mais depuis lors tu ne suis que d'assez loin ce qui se passe aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Naturellement tu dénonces les conflits d'intérêts, mais tu penses qu'en voir partout relève du complotisme. Tu utilises parfois (souvent ?) dans une même phrase les mots racisme, nationalisme, xénophobie et repli sur soi. Tu leur préfères définitivement le mot ouverture.

    Si tu as répondu oui au moins une fois, ce livre parle de toi. Prends le risque de l'ouvrir.

  • La politique par le sport

    François Bégaudeau

    • Denoel
    • 15 May 2009

    Un président de la République qui fait son jogging devant les caméras, un footballeur antillais qui interpelle la France sur son passé colonial... chaque jour le sport et la politique agissent l'un par l'autre.
    Avec un mélange d'érudition, de passion sportive et d'humour, treize écrivains contemporains explorent ce croisement entre deux mondes. Ensemble, avec François Bégaudeau, ils ont écrit ce livre multiple, foisonnant et drôle, qui réveille les mémoires, rappelle des événements essentiels comme la performance de Jesse Owens devant Hitler à Berlin en 1936, le Mundial des généraux argentins en 1978, ou encore La Marseillaise sifflée dans les stades depuis 2001. Chacun y pose forcément des questions dérangeantes (le rugby est-il collabo? le patinage artistique est-il démocrate-chrétien? la Lazio est-elle vraiment fasciste?) et plonge dans ces mythologies quotidiennes où le sport en dit beaucoup plus sur la politique que les politiques eux-mêmes.

    Sur commande

  • Mai 2005 : non au référendum sur la constitution européenne.
    Novembre 2005 : embrasement des banlieues.
    Mars 2006 : mouvement anti-cpe.
    Une année, trois séquences politiques et autant de refus.
    Circulant parmi ces trois non, interrogeant leur cohérence autant que leurs contradictions, s'épargnant les imprécations du pamphlet ou le surplomb essayiste, ce texte à six jambes propose une cartographie littéraire de ce moment de la vie politique française.

  • « Les voyages forment la jeunesse », « il faut bien que jeunesse se passe », « courir après sa jeunesse »... Qui est-elle donc, cette jeunesse ? Tour à tour adulée, quand on parle pour elle, et réfrénée, quand elle prend la parole, n'est-elle pas une « invention » La jeunesse, ou plus souvent « les jeunes », ne serait-ce rien d'autre qu'un groupe aux contours flous qui entend surtout profiter de ce temps de la vie où tout est possible ? Ce livre écrit à quatre mains, expression lui-même d'une certaine jeunesse, évoque, avec humour et familiarité, « la culture jeune » d'aujourd'hui : politisée, contestataire, qui, parallèlement, se laisse volontiers aller à « la glande ». Il défend la philosophie des jeunes, sa rébellion comme sa passivité, son intégration comme son exclusion sans craindre de susciter la polémique.

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