Fabio Viti

  • Le caractère composite de ces approches fait de ce recueil une contribution interdisciplinaire : politistes, anthropologues, sociologues, donnent une lecture croisée des évènements qui ont profondément secoué la Côte d'Ivoire. Il s'agit ici d'élargir le regard, de l'actualité immédiate à une plus longue durée, comprenant la colonisation jusqu'à la dernière crise postélectorale de 2010-2011.

  • Ce livre est né de la rencontre avec des jeunes gens qui travaillent gratuitement et dont les familles payent parfois pour assurer leur formation dans des spécialités artisanales du secteur informel des grandes villes africaines. Face à ce constat, une série de questionnements s'est imposée : qu'y a-t-il derrière le comportement de ces jeunes, quels rapports sociaux encadrent leur apprentissage et déterminent leur avenir, quelle est leur position dans le monde de la production et du travail ? Pour y répondre, l'auteur veut d'abord échapper à l'alternative faite d'attendrissement ou d'indignation et manifester toute son insatisfaction vis-à-vis de la rhétorique des petits métiers et des vertus de l'économie informelle. Il a fallu alors élargir le champ de l'analyse en remontant aux sources de certaines notions fondamentales, telles celles de travail et de dépendance personnelle. Ce n'est qu'après une réflexion sur ces catégories qu'il devenait possible d'aborder de manière plus systématique et critique l'univers du travail en Afrique, dans ses formes traditionnelles et communautaires, salariées et modernes, rémunérées ou gratuites. Cette nécessité d'élargissement du regard s'est manifestée au fur et à mesure que progressait l'enquête sur l'apprentissage urbain, donnant lieu à un long parcours à travers les notions théoriques de travail et de dépendance (Première partie), en passant par les diverses manifestations historiques du travail en Afrique (Deuxième partie), pour aboutir finalement aux rapports sociaux d'apprentissage (Troisième partie). Ce parcours va donc du général au particulier, des notions théoriques à la pratique d'une forme particulière de travail gratuit, celui des apprentis, catégorie au demeurant peu problématisée au point de vue des rapports sociaux qui l'encadrent. L'appel à des catégories générales et à une histoire globale, qui n'isolent pas l'Afrique dans un espace et un temps propres à elle seule mais la mettent en relation avec l'économie-monde capitaliste, constitue en outre une ouverture vers la question de la modernité, interrogée ici de manière critique. Anthropologue, Fabio Viti a obtenu un doctorat de l'EHESS en 1991 avec une thèse portant sur l'anthropologie politique et historique des Baoulé de la Côte d'Ivoire. Il est l'auteur et l'éditeur de plusieurs ouvrages, ainsi que de nombreux articles de revues. Il a enseigné dans les Universités d'Urbino, Siena et Aix-en-Provence. Il est actuellement professeur à l'Università di Modena e Reggio Emilia (Dipartimento di Studi Linguistici e Culturali), où il enseigne l'ethnologie et l'ethnographie.

  • Des chercheurs, anthropologues et historiens, venant d'Afrique, d'Europe et des Etats-Unis se sont rencontrés autour du thème de l'identité et du pouvoir chez les populations Akan du Ghana et de la Côte d'Ivoire. Loin de s'enfermer dans une prétendue homogénéité ethnique, l'univers Akan s'ouvre à de nombreuses influences ouest-africaines et européennes qui en font un ensemble très mouvant et aux contours flous, mais également identifiable en tant que tel, ne fût-ce que par cette véritable passion du pouvoir qui le caractérise.

  • Anthropologue africaniste, Michel Izard a commence´ en 1957 ses recherches au Yatenga, l'un des royaumes Moose du Burkina-Faso. Il a de´taille´ comment les « Gens du pouvoir », conque´rants venus du Sud au xvie sie`cle, devaient s'en remettre a` leurs sujets autochtones, les « Gens de la terre », du soin de propitier une terre nourricie`re sur laquelle la conque^te ne leur donnait aucun pouvoir. La philosophie de cette configuration politico-religieuse spe´cifiquement africaine pourrait se re´sumer ainsi : le pouvoir sur les hommes vient toujours d'ailleurs; et les hommes sont sans pouvoir sur la nature, ils peuvent seulement espe´rer se la rendre favorable par des rituels approprie´s. Ses travaux scientifiques ont largement de´borde´ le domaine africain et inspire´ toute une ge´ne´ration d'ethnologues, Michel Izard jouant aussi un ro^le important dans la communaute´ anthropologique, comme enseignant, administrateur et animateur.

    Les chercheurs re´unis ici proposent plusieurs points de vue sur l'histoire politique de l'Afrique de l'Ouest, librement inspire´s de l'oeuvre de Michel Izard. Outre des contributions consacre´es aux Moose, plusieurs envisagent, dans une perspective comparative, d'autres socie´te´s africaines, ou prolongent, re´actualisent et discutent ses principales intuitions anthropologiques. L'ensemble se veut au bout du compte une re´flexion sur le me´tier d'ethnologue.

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