Fabien Ribery

  • Après le succès public et critique du livre À hauteur d'homme (éd. Ouest-France, 2018), voici un versant moins connu de l'?uvre du grand photographe Michel Thersiquel (1944-2007). Durant 14 ans, ne répondant à aucune commande, il se rend régulièrement au Centre de rééducation fonctionnelle de Kerpape, dans le Morbihan. 4200 photographies en noir et blanc sont prises, puis archivées, presque jamais montrées.
    La moitié des effectifs de l?établissement sont alors des enfants, dont beaucoup de jeunes myopathes. Dans les images de l'humaniste Thersiquel, se lit toujours l?espoir derrière la souffrance. Dans ces corps amputés, paralysés, cabossés, transparaît une formidable envie de vivre. Tout simplement. « Thersi » photographie les êtres presque toujours de face, frontalement. « Cela paraît simple, mais c?est finalement terriblement risqué, écrit le critique Guy Mandery. La conséquence directe est que ces enfants nous regardent. » Depuis son décès, l'association des Amis de Michel Thersiquel et le Port-Musée de Douarnenez sont associés dans la valorisation du fonds d?atelier de ce photographe, qui comprend près de 80 000 clichés. Expositions en France et à l'étranger se succèdent depuis et font vivre son ?uvre, d'une importance reconnue au plus haut niveau, présente dans de prestigieuses collections muséales.

  • «C'est à l'occasion d'une résidence d'artiste organisée par le Centre des arts de la ville de Douarnenez en 2017 que j'ai découvert le travail de Marc Loyon : il venait me présenter son souhait de pénétrer dans les réserves du Port-musée pour y saisir la dimension d'une collection «?hors-norme?» conservée dans des espaces qui ne le sont pas moins.
    Il n'a pas eu beaucoup de mal à me convaincre et je garde de ce premier échange un souvenir ému : alors qu'il me présentait son travail en cours et ses tirages plus anciens, les noms et les recherches de Bernd et Hilla Becher, de Robert Adams ou de John Davies se rappelaient à mon souvenir. Incontestablement il y a dans la démarche de Marc Loyon une filiation, une parenté d'esprit avec eux : une aspiration à saisir un paysage en transformation, à appréhender une réalité de terrain en explorant son modèle urbain?; et puis d'y découvrir ses zones périphériques, ses revers, ses ambivalences, ses stigmates accumulés autant que son lissage touristique contemporain, le tout avec une écriture personnelle et singulière.
    Jean-Sylvain Roveri, le directeur du Centre des arts, avait eu la bonne idée de l'inviter de mars à juin 2017 à explorer la ville Penn-Sardin, un travail qu'il put ensuite prolonger brièvement sur le quartier populaire de Kermarron grâce à la Maison Solidaire, un lieu de vie et d'animation organisé par et pour les habitants».

    Kelig-Yann Cotto

  • Dans l'abstraction des nuits de dérives, il y a des éclats d'infini qui sauvent des turpitudes du jour. Nous sommes avec Peter Waterschoot, voyageur romantique et inventeur d'hétérotopies, naviguant entre Ostende, Venise, Calais, Osaka, Hambourg, Cologne, Bruxelles et Istanbul, partout où l' existence n'est pas encore totalement sous contrôle, disparaissant du champ social pour accorder sa solitude à celle des derniers vivants.

  • "Lorsqu'il parcourt la planète, Jacques Borgetto observe les signes et les formes que la réalité s'amuse à lui offrir, la restituant en une mosaïque d'images dont le montage cut permet de révéler des correspondances inattendues : entre une petite fille noire à la robe blanche portant un bouquet de fleurs et l'océan roulant sur des rochers, entre des jeux de plage et une chapelle de campagne, entre une antenne de télévision et une cage à oiseaux, entre une mère protégeant son enfant sous un parapluie et la place d'une ville anonyme photographiée derrière une vitre.
    Ayant évacué la lourdeur de la chambre 4 x 5 pour la légèreté du téléphone portable, la précision technique pour le geste libre de la petite boîte de vision tenant dans la poche, le photographe globe-trotteur a parié sur l'instantanéité de ce qui surgit plutôt que sur le dispositif qui construit de la belle image.
    Qu'il soit en France, au Tibet, au Mali, au Japon, en Argentine, au Chili ou en Norvège, Jacques Borgetto poursuit inlassablement en actes photographiques un journal intime ayant pour ambition de fixer des vertiges, des sensations, d'étranges perceptions, des étonnements, des riens qui sont des totalités, le ballet enchanteur de l'existant." [...].
    Fabien Ribery

  • Matthieu Gafsou Notre relation au monde change. Le futur est désormais vu comme un horizon inquiétant. Le point de départ de ce projet vient certainement de la transformation qui s'est opérée dans ma relation au monde: l'effritement d'une vision d'avenir sereine, l'apparition de l'angoisse.
    Il s'agit d'explorer la notion d'effondrement, considérée comme un nouveau récit de civilisation. [...].
    Matilda Holloway Un curieux aura entoure l'idée du laboratoire. Entre hypothèses, mesures, observations, expériences et découvertes, le laboratoire scientifique retient un formidable potentiel d'imaginaire, incarne une place forte de la connaissance. La dimension structurante des savoirs qui s'y modèlent est fascinante ; ils orientent notre conception du et rapport au monde, tout en conservant un versant mystérieux. [...].
    Manon Lanjouère De tout temps, l'homme observa la voûte céleste.
    Toujours présente au-dessus de sa tête, les planètes et les étoiles ont stimulé l'imagination de l'homme, suscité en lui le désir de les atteindre. Ce vol onirique se mobilisant sous une impulsion légère est l'impression même du bond pur, d'une impulsion à jamais suspendue. L'homme devient alors, à travers son rêve un être léger et flottant, retrouvant ainsi la matrice maternelle. [...].

  • Didier Ben Loulou ne sépare pas l'incarnation de l'invisible, la pure présence d'une force agissante transcendante, la beauté d'une conscience harmonique suprême, la rareté de la richesse, la noblesse d'âme de la pauvreté.
    Depuis plusieurs années, ces thèmes faisaient partie de nos conversations, ayant lieu très souvent dans un café parisien.
    Nous avons décidé d'en faire un livre, non pour clore définitivement nos spéculations, mais pour mieux les relancer en les accompagnant de photographies, dans la dimension d'un work in progress qui n'aura pas de fin.
    Fabien Ribery

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