Félix Torres

  • René Ravaud

    Félix Torres

    • First
    • 11 June 2020

    Hors du groupe Safran et du monde aéronautique, le nom de René Ravaud (1920-1986) ne dit pas grand-chose. Il a cependant été l'un des grands industriels français de la deuxième moitié du XXe siècle. A la tête de Snecma de 1971 à 1982, il a contribué de manière décisive à la percée du CFM56, le moteur d'avion le plus vendu de l'histoire de l'aviation civile. Aujourd'hui encore chez Safran - le groupe issu de la fusion entre Snecma et Sagem -, René Ravaud reste une figure tutélaire sinon mythique, à laquelle le groupe doit sa place parmi les quatre premiers motoristes mondiaux.

    Le parcours de René Ravaud est exceptionnel. Après avoir perdu son bras droit dans les bombardements de Brest en 1944 - ce qui lui vaut la Croix de Guerre et la Légion d'honneur -, il travaille dans l'Aéronavale à Toulon et sur le porte-avion Arromanches, révolutionne dans les années 1950 la mission d'Achats d'armement de l'ambassade de France à Washington, une « catapulte américaine » qui attire l'attention des nouveaux responsables de la Ve République et lui permet de devenir l'un des directeurs de la nouvelle Délégation ministérielle pour l'Armement. A ce poste, ses idées et son action originales préparent la réussite des années Snecma : renaissance d'une industrie française des moteurs d'avion - souhaitée par le général de Gaulle -, modernité des méthodes de gestion, alliance à contre-courant avec un partenaire américain dans le but d'acquérir une dimension mondiale...

    Cette biographie extrêmement documentée nous éclaire également sur l'ensemble des acteurs de la modernisation de l'industrie française d'après-guerre et nous donne les clés pour mieux comprendre les enjeux actuels. A tous égards, la vie et l'action de René Ravaud gagnent à être mieux connus !

  • Fruit d'une difficile enquête, ce livre raconte et analyse l'itinéraire exceptionnel, déjà long de trois décennies, d'EDF, qui fut l'une des premières entreprises occidentales à s'installer en Chine. Croisant sources écrites françaises et chinoises inédites et rencontres avec de nombreux acteurs en Chine et en France, Le chemin partagé nous fait découvrir les aléas de la conquête économique, mais aussi politique, d'un marché plein d'embûches, les arcanes de négociations toujours longues et ardues, les obstacles de compréhension mutuelle nés de la différence de deux systèmes politiques et de deux cultures. En donnant la parole à de nombreux témoins chinois, Félix Torres nous donne un précieux accès à leur mentalité et à leurs points de vue. L'histoire d'EDF en Chine, la première du genre, est riche de réflexions et d'enseignements pour qui veut mieux connaître et comprendre cette Chine plus que jamais d'actualité.

  • "Les patrons réfléchissent-ils ?" , "Y a-t-il une pensée collective de l'entreprise française - et si oui, laquelle ?" . Si l'économie et l'organisation des sociétés françaises, le monde patronal et son représentant privilégié, le MEDEF, sont des sujets bien connus, celui de la pensée entrepreneuriale et des grands thèmes qui la structurent dans la durée l'est beaucoup moins. Le principal lieu de réflexion collectif de l'entreprise française est sans nul doute l'Institut de l'entreprise, créé en 1975 dans le sillage de renouveau de l'entreprise française provoqué notamment par Mai 1968, rejoint à partir des années 2000 par plusieurs clubs de réflexion et autres think tanks.
    Cercles de réflexion, boîtes à idées, lieux de sociabilité tout court, ils structurent tout autant une philosophie de l'entreprise qu'un champ de réflexion et d'action collectif, ils forgent une intelligence de l'entreprise au sens fort du terme. Dont les thèmes clés restent étonnamment stables au fil des ans : faire dialoguer entreprise et société ; réfléchir à un meilleur rôle de l'homme dans l'entreprise ; appuyer la mondialisation nécessaire des sociétés françaises ; améliorer l'efficacité de l'Etat providence dans une perspective résolument libérale.
    Celle d'un libéralisme tempéré à la française, à mi-chemin entre les capitalismes anglo-saxon et allemand, conjuguant solidarité et réforme du rôle de l'Etat. Nourri par de nombreux entretiens et sources inédites, L'intelligence de l'entreprise. 40 ans de réflexion patronale en France aide à mieux comprendre la réflexion des hommes d'action que sont les chefs d'entreprise en matière économique, sociale, managériale et culturelle.
    L'intelligence de l'entreprise reste en effet un challenge perpétuel : c'est aussi le meilleur de ses atouts pour avancer dans un futur jamais écrit à l'avance.

  • Une partie de l'histoire de France s'est déroulée en bord de Garonne, dans les murs de la Dépêche, aujourd'hui la Dépêche du Midi.
    Née en 1870 avec le télégraphe électrique et la République, " le journal de la démocratie ", dirigé successivement par Arthur Huc, Maurice Sarraut, Jean Baylet, Evelyne-Jean Baylet et Jean-Michel Baylet, a partagé tous les grands combats du radicalisme et de la République, de Victor Hugo à Jean Jaurès, de Clemenceau à François Mitterrand.
    La Dépêche du Midi. Histoire d'un journal en république raconte 130 ans de presse d'opinion hors de Paris, avec l'affirmation continue de la presse quotidienne régionale, ses défis techniques, humains, économiques à l'heure des nouveaux médias.
    Une façon aussi de mieux comprendre, au rebours des clichés, l'originalité des pays de la Garonne, ceux que couvre sur plus de dix départements l'aire de diffusion d'un journal vendu entre Pyrénées et Massif central.
    Grâce à de nombreux témoignages et à l'accès aux archives du quotidien, ce livre lève enfin le voile sur l'épisode le plus controversé de la vie du journal, sa parution entre 1940 et 1944, les conditions mouvementées de sa renaissance en 1947, avec le rôle d'un certain René Bousquet.
    Du journal d'opinion au journal de proximité, une histoire dont le leitmotiv reste l'idée de la République.

  • Dans un mouvement continu, mais qui s'accélère, l'entreprise se transforme en s'adaptant aux mutations de l'écosystème dans lequel elle s'inscrit. Depuis deux décennies cette transformation intègre les demandes sociétales croissantes dont elle est la cible. Parce qu'elle est devenue incontournable dans les société modernes, l'entreprise voit son champ d'intervention s'élargir toujours plus.
    Dans Que peut l'entreprise ? , Félix Torres interroge les limites de cette extension et pointe le risque d'une socialisation de l'entreprise qui ferait passer au second plan son rôle essentiel de création de valeur et sa nature privée.
    Le risque de voir la fonction économique de l'entreprise transformée en mission sociale prend une nouvelle tournure dans le contexte de crise économique provoquée par la pandémie de la Covid-19. S'il est légitime que l'État soutienne financièrement les entreprises dont il a réduit ou suspendu l'activité, ce soutien ne saurait devenir subrepticement un modèle économique. L'entreprise doit au contraire préserver la spécificité économique d'organisation hiérarchisée qui fait son dynamisme et son efficacité dans un marché concur- rentiel. Ni acteur politique, ni institution sociale, l'entreprise est d'abord une entité économique animée par un état d'esprit, celui de la liberté d'entreprendre.
    Face aux défis contemporains, l'enjeu est moins de « réinventer » l'entreprise que de « réencastrer », à l'échelle du capitalisme, les dimensions économique et sociale pour restaurer les termes d'une nouvelle prospérité et d'un nouveau compromis social. Une nouvelle donne qui passera par la capacité d'initiative, d'efficacité et de profitabilité propres aux entreprises en économie ouverte démocratique de marché.

    Sur commande
  • « Depuis 40 ans... » : la formule fait florès depuis décembre 2018 et le mouvement des Gilets jaunes, jusqu'au président de la République Emmanuel Macron évoquant « quarante années de malaise qui resurgissent ». Le dérapage de la France est connu :
    Désindustrialisation, envol d'un chômage de masse, explosion des déficits, des charges fiscales et sociales, un tournant symbolisé par un budget public toujours déficitaire depuis 1974, quand survient le premier choc pétrolier. Un tournant majeur a en effet eu lieu durant cette année charnière et celles qui l'ont suivie avec l'essoufflement de la croissance dans le monde occidental et, de façon inverse, l'entrée de plusieurs pays du « Tiers Monde » dans un processus d'émergence et d'industrialisation accéléré.
    /> Déficit structurel des échanges, manque de compétitivité de l'industrie nationale... la France est l'un des pays qui se sont adaptés le plus mal à cette nouvelle donne mondiale. Une faiblesse structurelle qui, au-delà du rattrapage des Trente Glorieuses remonte à 1945 et au poids de l'État-Providence placé essentiellement sur les entreprises. Au fil des décennies, aucun gouvernement français de droite ou de gauche ne remettra en cause un système soumettant les producteurs nationaux à une véritable taxe douanière à l'envers. Ce handicap est devenu chronique quand la Communauté économique européenne s'est plongée à partir des années 1970 dans l'océan du libre-échange mondial.
    Alors qu'une partie de l'opinion publique rêvait de bâtir une société socialiste idéale dans une France isolée du reste du monde, les gouvernants et experts français ont ignoré le modèle de spécialisation dynamique des pays de l'arc alpin et du Nord de l'Europe, sous-estimé le contrecoup de l'essor des pays asiatiques d'Extrême-Orient sur les productions de milieu de gamme des pays développés - celles de la France notamment. Avec à la lettre depuis plus de quatre décennies, l'asphyxie de l'industrie et son corollaire, l'essor du chômage de masse, l'alourdissement concomitant de l'État-Providence et des dépenses publiques, la détérioration des comptes publics mais aussi le blocage de l'ascension sociale et le découragement d'une grande partie de la société française.
    Ecrit par deux historiens réputés de l'économie et des entreprises, Le virage manqué dresse le constat clinique du décrochage de la France au cours de la décennie 1974-1984 en analysant ses causes structurelles et son déroulement, sans oublier la responsabilité des gouvernements et des élites nationales choisissant - le gouvernement de Raymond Barre excepté - de faire peser sur l'industrie plutôt que sur les ménages le poids d'une contrainte extérieure grandissante. Celle de l'économie ouverte et de la mondialisation qui s'étend à l'ensemble du globe sans les années 1980-1990. Au sein d'un ensemble de nations, l'Union Européenne où prédomine le modèle de l'économie sociale de marché, il est toujours possible pour la France d'emprunter le chemin ignoré lors du grand basculement de 1974.

  • Fils de paysans de la province du Jiangsu, au centre de la Chine, Shen Fuyu a été mingong (travailleur errant) et a exercé de nombreux métiers avant de devenir écrivain. Avec un formidable talent de conteur, il redonne vie à Shen, son Village en cendres, balayé, comme tant d'autres, par les violentes mutations de la Chine. Au gré de sa mémoire et de celle de ses ancêtres, il ressuscite un monde paysan aujourd'hui disparu et met en scène vie quotidienne, coutumes, relation de chacun à un monde nouveau.

    Une Chine éternelle jaillit de ces pages, avec sa façon d'être et ses traditions, ses figures hautes en couleur, sa dureté quotidienne mais aussi ses moments de grâce, marqués par la volonté têtue de chacun de survivre, tout en gardant le plus important - la face. On sillonne les rues du village, on pénètre les coeurs et les maisonnées, les cours fleuries et les jardins, on frôle les esprits et les dieux familiers, on croise un vannier amoureux de son boeuf, un charpentier patriarche et sa scie magique ou encore une femme rebelle qui rosse sans façon son kidnappeur...

    Délicatement imprégné de Tao et de Confucianisme, croisant sans cesse la grande Histoire qui a bouleversé la Chine au XXe siècle et l'histoire individuelle, Le village en cendres dresse le portrait surprenant d'un pays de contradictions et l'invitation à découvrir un auteur, très populaire en Chine, traduit pour la première fois en français.

  • Billboards est une oeuvre emblématique et engagée de l'artiste cubain Félix Gonzalez-Torres ayant marqué l'art et l'activisme du XXe siècle. D'abord présentés en 1992 dans les rues de Manhattan en remplacement d'une exposition au MoMA qu'il refuse, ces grands panneaux publicitaires présentaient des lits vides et défaits, dont les deux oreillers présentaient encore la trace des têtes ayant reposé là récemment. Ces images renvoyaient aux nombreuses victimes du Sida qui mourraient chez elles en silence, souvent dans la précarité et sans autre soutien que celui d'amis proches. Une importante partie de la génération d'artistes des années 80 a été frappée par l'épidémie et cette oeuvre en est devenue le symbole. Pour célébrer ses 15 ans en 2010, l'Artspace de San Antonio, au Texas, a organisé une ambitieuse exposition comprenant 336 panneaux de l'artiste réalisés par lui ou après sa mort à partir de son travail, disséminés dans quatre villes (Austin, Houston, Dallas et San Antonio). Ce catalogue documente cette rétrospective qui rend hommage à une série d'oeuvres majeures.

  • En 1930, en Normandie, un petit groupe d'agriculteurs se réunissait à Isigny-sur-Mer pour défendre et relever la qualité du beurre d'Isigny, mis à mal par des usages abusifs.
    Peu de temps après, ils créaient une laiterie coopérative, devenue au fil du temps l'Union laitière coopérative Isigny Sainte-Mère. En 1986, celle-ci contribue à faire du beurre et de la crème d'Isigny une Appellation d'origine contrôlée. Un combat pour la qualité et la réputation d'un terroir de plus en plus actuel, à l'heure où le refus de la «mal bouffe», le combat pour une agriculture «du goût» à taille humaine, valorisant le travail et le savoirfaire des hommes, respectueuse de l'environnement et des identités culturelles régionales - tout en assurant la sécurité alimentaire de tous -, compte de plus en plus de partisans. Ce livre nous invite à découvrir un terroir et son histoire, des Vikings à la cuisine au beurre, de la collecte traditionnelle du lait à la traçabilité actuelle, au coeur d'un pays original et méconnu, les marais du Bessin et du Cotentin. Cette histoire est aussi celle de produits qui ont façonné nos goûts, notre enfance et notre cuisine. Elle recouvre la longue histoire des matières grasses et du beurre dans notre alimentation, des sauces d'antan aux goûts actuels, celui du beurre frais et des fromages typés. Beurre AOC ou beurre bio, beurre au lait cru et crème AOC, camembert Médaillon ou à l'herbe, pont-l'évêque, mimolette vieille et extra-vieille... Le goût d'Isigny, c'est d'abord le goût d'un terroir, à déguster et à apprécier. Car il n'est pas de bonne cuisine sans une pincée de sens, d'imagination, de culture.

  • Au moment où l'on s'interroge sur le devenir de la filière nucléaire en France et dans le monde, à la suite de la tragédie japonaise, la nécessité d'un ouvrage de référence s'imposait. Cette grande histoire du nucléaire civil nous rappelle d'abord une particularité française, le grand programme lancé en 1973 par Georges Pompidou et Pierre Messmer, en l'inscrivant dans son contexte historique et toutes ses dimensions : politique, humaine, industrielle, technique. À la fois maître d'oeuvre, architecte industriel et opérateur, EDF et ses choix majeurs sont au coeur de ce qui apparaît rétrospectivement comme une véritable success story. S'appuyant sur des archives inédites, accordant largement la parole aux différents protagonistes encore vivants de cette aventure, les auteurs reviennent sur les facteurs clés qui ont rendu possible un succès acquis en une douzaine d'années. Ils nous décrivent aussi les risques et les nouveaux enjeux du nucléaire : solution d'avenir ou question dépassée face aux nouvelles sources d'énergie renouvelable ?

  • L'histoire d'une socit de service d'ingnierie informatique, la Gnrale de Service Informatique (GSI) cre en 1971 par Jacques Raiman, qui s'est distingue par ses prsidents prestigieux, de Georges Besse Edouard Balladur, le rachat de l'entreprise par ses salaris et une philosophie des ressources humaines originale reposant sur une autonomie des hommes et des structures.

  • Voici l'histoire, pour le moins tourmentée, d'un ministère qui, depuis sa création en octobre 1906, n'a cessé de changer d'appellation et de configuration.
    Ses compétences se sont tantôt élargies, tantôt resserrées. À telle enseigne qu'il est bien difficile d'établir sereinement des filiations, de cerner sa vocation et de dévider un fil directeur qui fasse sens. Et pourtant, cette discontinuité historique contraste avec une remarquable continuité de situations : le ministère du Travail s'est toujours trouvé au coeur des grandes réformes sociales - positives ou non - que la France a connues depuis un siècle.
    On lui doit aussi bien des avancées sociales dans les moments les plus fébriles de notre histoire que des réformes structurelles mûrement réfléchies, comme la Sécurité sociale. C'est ce double rôle, joué dans l'ombre ou sous la lumière crue des événements, que les auteurs de ce livre ont voulu mettre au jour.

empty