Sciences humaines & sociales

  • Qu'est devenu aujourd'hui le "métier d'historien" dont parlait Marc Bloch ? En suivant le fil d'une expérience individuelle, ce livre s'interroge sur le travail de l'histoire, entendu dans un double sens. C'est d'abord le travail sur l'histoire, comme matériau de recherche, qui pose des questions intellectuelles mais aussi pratiques.

    Comment devient-on chercheur en histoire ? Que signifie lire, écrire, éditer des textes quand on est historien ? Quels sont les enjeux de l'enseignement de l'histoire ? Pourquoi participer à l'évaluation ou à l'administration au sein des institutions universitaires ? Qu'implique le fait d'intervenir dans la sphère publique ?

    Ces questions font le quotidien de l'historien autant, voire plus, que la fréquentation des archives et des bibliothèques.

    Mais, en filigrane, le travail de l'histoire désigne aussi, dans un sens qui mêle les dimensions personnelle et professionnelle, l'histoire au travail.

    Non seulement l'histoire comme flux temporel, qui transforme les êtres et les choses, mais aussi comme discipline, qui produit des effets sur celui qui la pratique et qui est, en retour, travaillé par cette histoire.

  • Le Moyen Âge aimait les listes. En énumérant et en organisant les êtres et les choses, pour les gérer ou simplement pour les connaître, les listes médiévales éprouvaient la performativité de l'écriture dans une société où son usage restait restreint à une élite. Ces listes étaient une façon d'agir sur le monde, pas seulement une manière de se le représenter. La rédaction d'inventaires - de livres, de joyaux et d'outils -, de listes de serfs d'un domaine ou encore d'habitants d'une ville, comme l'utilisation littéraire d'énumérations inspirées de ces pratiques sociales, ont marqué la manière dont l'Europe médiévale a construit la relation entre hommes et objets dans la longue durée.

    Ce volume, deuxième volet d'un projet collectif consacré au "pouvoir des listes" au Moyen Âge, poursuit cette exploration anthropologique, rendue possible par la pratique de la mise en liste et la transmission de ces listes à l'intérieur des documents les plus divers. En confrontant les travaux de sociologues et d'anthropologues comme ceux de Bruno Latour ou Philippe Descola à la documentation médiévale, les auteurs révèlent la liste comme une forme singulière de domination sociopolitique et devaluation juridique et économique : elle lève le voile sur des relations entre humains et non-humains, entre sujets et objets, profondément différentes de celles qui se mettent en place avec la modernité.

    Ont collaboré à cet ouvrage :

    Étienne Anheim, Karin Becker, Philippe Bernardi, Thierry Bonnot, Diane Chamboduc de Saint Pulgent, Laurent Feller, Madeleine Jeay, Bruno Laurioux, Eliana Magnani, Giuliano Milani, Laurence Moulinier Brogi, Jean-Claude Mühlethaler, Carlos Manuel Reglero de la Fuente, Nicolas Schroeder, Hanno Wijsman.

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