Robert Laffont

  • Peu de personnalités contemporaines suscitent des réactions aussi contrastées que Nicolas Sarkozy. On l'aime sans mesure. On le déteste avec une égale outrance. Éric Roussel a essayé pour sa part de le saisir dans sa vérité. À l'époque où l'ancien président de la République était en retrait de la vie politique, il l'a rencontré à plusieurs reprises pour évoquer les moments forts de son quinquennat, ceux durant lesquels il dut affronter l'adversité, souvent seul contre tous. Avec la liberté de ton qu'on lui connaît, Nicolas Sarkozy a égrené ses souvenirs, revenant en particulier sur ses rencontres avec les principaux dirigeants de la scène internationale : Vladimir Poutine, Angela Merkel, Barack Obama, entre autres.
    À partir de ces conversations, Éric Roussel trace le portrait en creux d'un homme souvent déroutant, qui aime casser les codes, provoquer, voire choquer, et ne se réalise pleinement que dans les heures de grande intensité : crise de la Géorgie et bourrasque monétaire de 2008, crise de la dette grecque...
    Nourri de confidences, ce livre, le premier sur Nicolas Sarkozy écrit par un historien, révèle un personnage hors normes, difficile à situer dans les traditions politiques de la France, parfois en porte à faux par rapport à son électorat et dont le tempérament comme le comportement s'accommodent plus des temps agités que du calme plat.

  • Correspondances croisées (1953 - 1981) : Françoise GIROUD, Pierre MENDES France, Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER.
    Présenté par Éric ROUSSEL.

    Cette correspondance s'ouvre sur la séquence " Pierre Mendès France au pouvoir " : sept mois et dix-sept jours, de juin 1954 à février 1955. Les protagonistes viennent de se rencontrer et de se réunir dans la perspective du lancement de L'Express, créé spécifiquement pour porter Mendès France au pouvoir. Durant cette période, Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber, conseillers du nouveau président du Conseil (sans occuper de postes officiels), plaident en faveur d'une action novatrice et résolue, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Ils s'opposent notamment au ministre des Finances, Edgar Faure, jugé par eux trop traditionaliste et laxiste. Cette partie de la correspondance fait clairement apparaître ce qui n'était jusqu'à présent que supposé, à savoir la grande influence de Françoise Giroud et de Jean-Jacques Servan-Schreiber dans les coulisses du pouvoir.
    Après la chute de Mendès France en février 1955, Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber sont associés à la rénovation du Parti radical entreprise par l'ancien président du Conseil. Mais très vite, c'est leur unité de vues sur la question algérienne qui les réunit. Tous trois se montrent partisans d'une politique généreuse et libérale, seule susceptible, selon eux, de rallier les Algériens à la France. Une ligne qui est aussi celle d'une grande plume de l'hebdomadaire : François Mauriac. Les trois protagonistes font évidemment bloc en 1956 quant, à la suite d'une mesure décidée par le gouvernement, Jean-Jacques Servan-Schreiber est rappelé en tant que réserviste en Algérie. À Mendès France, en qui il voit une sorte de père spirituel, Jean-Jacques Servan-Schreiber confie ses plus intimes pensées, son dégoût de ce qu'il est amené à voir sur le terrain, ses espoirs enfin.
    En mai 1958, lorsque le général de Gaulle revient au pouvoir, Mendès France et ses deux amis se montrent hostiles aux moyens utilisés par les partisans du Général pour favoriser son retour aux affaires. Mais, au fil de la Ve République, cet accord se fissurera. En rupture claire avec la gauche au moment de son ralliement à Valéry Giscard d'Estaing en 1974, Jean-Jacques Servan-Schreiber ne cessera de s'éloigner de Mendès France, fidèle quant à lui à ses idées de toujours. L'amitié de Pierre Mendès France et de Françoise Giroud sera, elle, mise à rude épreuve quand, dans son livre Si je mens, la grande journaliste affirmera avoir inspiré les décisions les plus spectaculaires de Mendès France lors de son passage au pouvoir. Une fin un peu mélancolique qui ne peut néanmoins faire oublier l'ardeur et la noblesse des combats communs des années 1950.

  • : L'originalité de cette biographie de François Mitterrand tient à deux éléments : le recentrage du personnage dans une perspective historique et des éclairages inédits sur de multiples épisodes de la vie de l'ancien Président. Grâce aux correspondances avec François Dalle, l'un de ses plus proches amis de jeunesse et avec une cousine très liée à lui, on découvre à quel point François Mitterrand fut dévasté par une déception sentimentale et comment le jeune provincial catholique se transforme en un personnage cynique, ce qui va modifier ses rapports avec les femmes et les hommes en général. D'autres documents permettent de revisiter les circonstances curieuses de son départ pour la Grande-Bretagne en 1943. On saura aussi comment il devait beaucoup et sans doute la vie, à René Bousquet. À redécouvrir également sa carrière sous la IVe république et sa participation an gouvernement Guy Mollet. L'affaire de l'Observatoire étudiée sur la base d'éléments nouveaux est l'un des points forts du livre. La suite de son extraordinaire parcours est racontée grâce à l'utilisation d'archives aussi bien françaises qu'étrangères et aux témoignages de grands acteurs parmi lesquels Laurent Fabius, Roland Dumas, Pierre Mauroy, Hubert Vedrine, Mario Soares ou Mikhail Gorbatchev.
    À travers ses métamorphoses et ses contradictions, François Mitterrand aura réussi l'exploit de permettre à presque tous les Français de se reconnaître en lui. Cet homme de culture à l'allure si romanesque a pris une figure tutélaire. Il a marqué notre Histoire.

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