Bord De L'eau

  • Ces actes d'un colloque de Cerisy explorent les théorisations les plus récentes en cultural studies (études culturelles), courant de recherche transdisciplinaire étudiant les relations entre technologies de pouvoir et formes culturelles. Les cultural studies accordent une place centrale à la question des identités. Elles ont enrichi les travaux sur ces dernières en démontrant, d'une part, l'importance des politiques de différences, d'autre part, l'hétérogénéité des individus et des groupes, construits par des discours, pratiques et positions qui ne coïncident pas nécessairement.
    En se confrontant aux craquements des cadres nationaux, postcoloniaux et de genre, en débattant des modèles deleuziens et du tournant ontologique, qui conduit à ne plus séparer humains et non-humains, les recherches actuelles abordent de nouvelles frontières.
    La prolifération des subjectivités s'effectue alors que de nouveaux régimes de pouvoir (économiques, écologiques, corporels, expressifs...) tendent à s'imposer.
    Pour répondre à ces réaménagements, s'agit-il de systématiser les rapports de pouvoir dans l'analyse des identités, en particulier de genre, voire de réintégrer les cultural studies dans les autres sciences humaines ? Ou faut-il toujours inscrire les questions multiculturelles, les enjeux d'égalité entre les genres, classes et races dans une pensée conjoncturelle, qui décloisonne les disciplines et procède par crise ?

  • Les cultural studies ont, depuis une trentaine d'années, qu'on le veuille ou non, transformé les sciences sociales.
    Remettant en cause les approches traditionnelles - académiques, méthodologiques et idéologiques - elles ont été, en France, plus souvent stigmatisées que vraiment lues et risquent désormais, à l'inverse, d'être « adoptées » superficiellement sans prêter au regard critique qui s'impose.
    Le propre des cultural studies est de s'intéresser à fond aux relations entre culture(s), notamment populaires et communautaires, et pouvoir(s), et de reconnaître à chaque culture sa dignité et son potentiel social propres. D'où des interventions sur tous les terrains : médias (film studies, fan studies) à celui des rapports de genre, avec ces genderstudies, qui ont bousculé les codes « naturels» de la masculinité et de la féminité, en passant par les postcolonial studies...

  • Réédition d'un ouvrage fondamental. La France est l'un des rares pays à ne pas avoir vu déferler une vague de recherche « Cultural Studies » pour des raisons liées à la domination universitaire de l a sémiologie puis de l a sociologie de Pierre Bourdieu. Les théories dénonciatrices ont largement découragé l'éclosion de recherches sur ce qui ne mérite pas un tel dédain élitiste : les nouvelles cultures médias. Pour saisir ces dernières, il est nécessaire d'opérer un tournant théorique symbolisé par l'expression « médiacultures ».
    En raison de son statut de « manifeste », cet ouvrage n'a pas de véritable concurrent. Seuls quelques livres relatifs aux Cultural Studies (Mattelart et Neveu, Les Cultural Studies, 2003) et certains numéros de revues spécialisées en communication (Hermès, Réseaux), peuvent croiser ses thématiques.

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