Sciences humaines & sociales

  • Ce livre propose un premier récit de la conquête du Temps en Occident du point de vue d'une archéologie de la modernité. À partir d'Aristote, de Plotin, de Saint Augustin, de Duns Scot et d'Occam et en interrogeant la cité grecque, la science, l'art byzantin, la civilisation gothique et féodale, l'auteur nous fait saisir des tentatives de maîtrise du temps (physique, psychologique, social, historique) qui vont de pair avec les systèmes de pensée et l'économie. Sont ainsi mis à découvert les soubassements conceptuels de notre pensée la plus pratique et du commerce humain sous toutes ses formes. Une archéologie du temps qui révèle un jeune philosophe.

  • " Eviter la double ignominie du savant et du familier.
    Rapporter à un auteur un peu de cette joie, de cette force, de cette vie amoureuse et politique, qu'il a su donner, inventer... " La célèbre phrase de Deleuze définissant le double réquisit exigé pour écrire sur un auteur peut servir d'exergue à cet ouvrage collectif issu des Rencontres Internationales Gilles Deleuze (Rio de Janeiro - São Paulo, 10-14 juin 1996). Les 34 contributeurs nous font partager la profonde sympathie intellectuelle qui les lie à la vie philosophique de Gilles Deleuze.
    Leurs interventions sont regroupées sous quatre parties : Variations philosophiques, Histoire et devenir de la philosophie, Politique et clinique, Variétés esthétiques. On y retrouvera en action tous les grands thèmes de la pensée deleuzienne : de la philosophie comme création de concepts engageant un rapport inédit à l'histoire de la philosophie, à la notion d'une immanence absolue comme " vertige philosophique " qui ne vaut qu'à mobiliser une nouvelle intelligence du politique ; des conditions critiques et cliniques d'une philosophie de l'événement (" dire l'événement et non l'essence "), au nécessaire désenclavement de la philosophie eu égard aux sciences et aux arts...
    Car, avec Deleuze, il s'agit toujours d'expérimenter les puissances d'une nouvelle politique du savoir, d'opposer à toute image dogmatique de la pensée l'urgence pressante d'une pensée dissidente - pour résister au présent et inventer de nouvelles possibilités de vie. Dans l'extraordinaire diversité des itinéraires d'approche et des moyens d'investigation proposés, cet ouvrage se présente comme un premier hommage collectif rendu à une pensée qui n'a cessé de remettre en jeu sa propre actualité à partir de la nécessité de " penser autrement ".

  • De Marx à Mao en passant par Lénine, la guerre a été l'un des grands objets de réflexion à gauche. Or depuis une trentaine d'années, depuis les analyses de Foucault sur la « guerre civile généralisée » et la théorisation de la « machine de guerre » par Deleuze et Guattari, elle a presque entièrement disparu des diverses théories critiques. Aspirant à combler ce manque pour produire une pensée politique à la hauteur des enjeux du présent, Guerres et capital tente d'abord d'étayer l'hypothèse suivante : la guerre, au même titre que la monnaie et l'État, est constitutive du capitalisme.
    Inscrivant leur analyse dans la longue durée, couvrant un vaste terrain historique allant de l'expansion européenne des débuts de la modernité jusqu'aux guerres contemporaines, les auteurs identifient ainsi les différentes étapes de la constitution d'une « machine de guerre capitaliste ».
    Si cette ambition est déjà remarquable, le propos ne s'arrête pas là. Selon Éric Alliez et Maurizio Lazzarato, parler de la guerre au singulier, ce serait adopter le point de vue de l'État et négliger l'essentiel : le fait que l'histoire du capitalisme est traversée, depuis le début, par une multiplicité de guerres - de classes, de races, de sexes, de subjectivités, de civilisations.
    D'où la seconde hypothèse : toutes ces guerres sont le fondement de l'ordre intérieur et de l'ordre extérieur, le principe d'organisation de la société capitaliste. Elles sont si bien intégrées à la nature du capital qu'il faudrait réécrire de bout en bout Das Kapital pour rendre compte de leur dynamique dans son fonctionnement le plus réel. C'est précisément ce que cet ouvrage se propose de faire.

  • De Marx à Mao en passant par Lénine, la guerre a été l'un des grands objets de réflexion à gauche. Force est de constater que depuis une trentaine d'années, après les analyses de Foucault sur la « guerre civile généralisée », après la théorisation de la « machine de guerre » par Deleuze et Guattari, elle a presque entièrement disparu des théories critiques. Ce livre voudrait contribuer à combler ce manque. Il défend la thèse suivante : la guerre est inhérente au capitalisme. En s'inscrivant dans la longue durée, il identifie les différentes étapes de la constitution d'une « machine de guerre capitaliste ».
    Comme Lénine l'avait bien vu, la Grande Guerre est la première étape de l'appropriation de la machine de guerre par le capital. Cette machine de guerre, c'est l'État qui l'a d'abord construite en expropriant les guerres privées qui traversaient les sociétés féodales. Mais désormais, le capital dépasse la simple alliance avec l'État. L'intégration de celui-ci à l'accumulation capitaliste ne concerne pas seulement les fonctions juridiques, administratives et biopolitiques, mais aussi et au premier chef sa machine de guerre. Ce processus commence dans la deuxième moitié du xixe siècle, avec la montée en puissance du capital financier, mais il achève de se réaliser un siècle plus tard, avec la renaissance du capitalisme financier dans les années 1970. À travers les deux guerres totales et la guerre froide, l'alliance entre le capital et l'État, entre la machine de production et la machine de guerre, aboutit à une fusion sous hégémonie du capital. Dès lors, dans le régime capitaliste contemporain, il n'est plus possible de distinguer le militaire, l'étatique et l'économique.

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