Le Passage

  • La pensee matisse

    Eric Alliez

    Pourquoi écrire aujourd'hui un livre sur Matisse, s'il ne s'agit pas seulement de s'associer à une commémoration nostalgique du passé (2004 sera l'année du cinquantenaire de la mort de l'artiste) ? Pour montrer que son oeuvre
    concerne les enjeux fondamentaux de la pensée philosophique et de l'art contemporains : Matisse assure la continuité d'une pensée vitaliste, qu'il a reconnue par l'intermédiaire de Nietzsche et de Bergson, et qui est à l'oeuvre chez lui en un temps où elle est absente de l'histoire de la philosophie, avant que le fil en soit renoué par Gilles Deleuze.
    Surtout, Matisse donne à cette pensée vitaliste l'esthétique qu'elle cherchait, par delà l'antagonisme du classicisme et du romantisme : tout part du fauvisme dont Matisse déclare qu'il est « le fondement de tout » et à partir duquel il reconnaît ce qu'il énonce comme le principe même de son art, à savoir que « c'est la différence de quantité de la couleur qui fait sa qualité ».
    Lecture contemporaine de la « pensée-Matisse », ce texte vise à contourner les interprétations « formalistes » de son oeuvre pour mettre en exergue de façon inédite la question du décor et de l'ornemental. C'est en effet par une
    conception active du décoratif, intensifiant « le rapprochement entre végétal-animal-humain », que Matisse réalise un art tout à la fois expérimental et environnemental, véritable expérience de vie.

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