Eric Pezet

  • La société managériale est-elle le nouvel horizon des démocraties ? Quels sont les ressorts profonds du management, et par conséquent de l'entreprise capitaliste ? Comment les méthodes de gestion sont-elles produites ? Comment agissent-elles ? L'entreprise est devenue un modèle d'efficacité pour l'ensemble de la société, et ce jusqu'au sommet de l'État, où un président-manager qui considère sa fonction comme un job gère la France comme une entreprise, entre audits et indicateurs chiffrés. Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, techniques de coaching (et donc d'«amélioration» des conduites), indicateurs, normes comptables et normes qualité, kit financier de choix d investissement... Le management et ses dispositifs matériels constituent l'élément dur du capitalisme néolibéral. Il tire sa force d'une armada de techniques ou méthodes de gestion extrêmement bien organisée autour d une avant-garde visible (la comptabilité en particulier) mais aussi de troupes invisibles chargées d'opérations plus souterraines, voire secrètes. C'est cet ensemble de méthodes qu'il faut mettre à jour si l'on veut comprendre le management et débattre de ses enjeux. Pour produire une critique efficace de la managérialisation de la société et dépasser le stade des exhortations, il faut dévoiler les rouages essentiels de la mécanique managériale, découvrir l'intimité du management, montrer les implications de l'usage intensif des méthodes de management. L'objet de cet ouvrage est d'ouvrir la boîte de Pandore du management, de montrer comment sont produites et comment agissent ces méthodes de gestion. Nanotechnologies de l'économique et du social, elles sont à l'origine de milliards de microdécisions, elles influent sur les performances économiques et sociales des nations, et sur la vie professionnelle de millions de salariés. Présentées comme «neutres» et purement techniques, elles soutiennent le fonctionnement du management de l'entreprise et de la société, et ambitionnent de modeler des individus conformes aux visées de celles-ci. Il ne s'agit donc pas ici de se contenter de dénoncer une fois de plus le management, mais bien d'entreprendre le démontage de ses rouages invisibles pour débattre de leurs effets. Cette démarche est indispensable pour donner aux salariés, à leurs représentants, et plus largement aux citoyens les termes d'un débat, jusque là confisqué, sur les effets considérables des techniques de management sur l'économie, la société et le politique.

  • Ce livre porte sur les processus d'internormativité entre le droit et le management ainsi que sur leur évolution. Il est issu de la rencontre périodique durant trois années d'un groupe d'enseignants-chercheurs (professeurs, maîtres de conférences et doctorants) en sciences juridiques et sciences de gestion. Ce projet a été mené à l'initiative d'Éric Pezet, chercheur en sciences de gestion à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, cofondateur du groupe de recherche interdisciplinaire PRIMAL, et de Juliette Sénéchal, enseignant-chercheur en droit privé, membre de l'équipe René Demogue/CRD&P, Université Lille II.
    Cette recherche collective part du constat que la question du rapport entre norme juridique et norme managériale est posée aujourd'hui de façon nouvelle par les politiques de délégation normative des États et par la création de normes autour des principes de la responsabilité sociétale de l'entreprise.

  • J'usqu'au milieu des années 1990, le développement durable semblait une notion étrangère à l'entreprise.
    En dehors de quelques entreprises militantes anglo-saxonnes, l'heure était au triomphe du modèle actionnarial où la responsabilité de l'entreprise est limitée à la recherche du profit. L'engagement récent des grandes entreprises dans des démarches de responsabilité sociale, qui prennent en compte les attentes des parties prenantes (stakeholders) et qui concernent aussi bien la gestion des ressources humaines que le management de l'environnement, constitue, à cet égard, une énigme à éclaircir.
    Que signifie le développement durable pour les entreprises ? Comment expliquer l'engagement des entreprises ? Quelle crédibilité faut-il accorder à ces engagements ? Comment les entreprises concrétisent-elles cette notion élastique de développement durable dans leurs activités ? Quelles démarches managériales et quels instruments de gestion mettent-elles en oeuvre pour y parvenir ? Dans un style vivant et sans jargon, cet ouvrage s'efforce de répondre à ces questions à partir d'une mise en perspective historique et théorique des démarches des entreprises et des règles collectives qui les supportent et les orientent.
    L'étude en profondeur des pratiques de quelques entreprises pionnières (Accor, Arcelor, Monoprix et Lafarge) complète cette analyse en apportant des clés pour comprendre la façon dont une politique d'entreprise innovante en matière de développement durable peut être conçue et mise en oeuvre.

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