Sciences humaines & sociales

  • Ce livre écrit par un des jeunes auteurs les plus doués de sa génération a pour sujet l'image et la construction du personnage de Néron en Occident dans la littérature, l'art et jusqu'au cinéma de l'Antiquité à nos jours.
    Tiberius Claudius Nero, Lucius Domitius Ahenobarbus de naissance, naît en 37 de notre ère, arrive au pouvoir en 54 et se suicide, en 68, à trente et un ans. Descendant d'Auguste, fils d'Agrippine, il est adopté par Claude, a Sénèque et Burrus pour conseillers, instaure une paix sociale et politique, voit brûler Rome, persécute le premier des chrétiens, lutte contre des conspirations. Renversé par les militaires, il est contraint de se suicider.
    Mais ce ne sont pas ces faits qui provoquent la passion. C'est la débauche, l'inceste avec la mère, le meurtre des deux épouses, les suicides provoqués en série, c'est la mise en scène d'un empereur en chanteur d'opéra, l'union avec les hommes. Au fond, c'est le théâtre de la personne qui importe avec lui, ce qui produit du phantasme, autrement dit la capacité de l'histoire à toucher la fiction.
    À l'interrogation « qui est Néron ? », trop ambitieuse et finalement stérile, l'auteur préfère « qu'est-ce que Néron ? », cherchant, plutôt que les bribes d'un savoir impossible, les artefacts d'une construction d'une richesse foisonnante et unique dans la tradition occidentale.

  • Le roman romain

    Donatien Grau

    Situé dans Rome, ville, par l'Antiquité, de l'histoire et non de la fiction, par le catholicisme, de la religion et non du roman, ce genre a été ouvert par Madame de Staël avec Corinne ou l'Italie (1807). Il compte parmi ses pratiquants des auteurs majeurs tels que George Sand, Alexandre Dumas, les Goncourt, Paul Bourget, Emile Zola, André Gide, Jules Romains, Marguerite Yourcenar, Paul Morand, Michel Butor, et d'autres encore à découvrir ici.
    Le roman romain s'établit comme un genre à part entière, s'opposant à la tradition moribonde, au début du XIXe siècle, du Voyage et de son récit, et prenant en compte la modernisation de Rome, qui passe d'à peine cent mille habitants au début du XIXe siècle, à deux cent mille en 1870, un million sous le fascisme, et deux millions dans les années 1960. La prise en compte romanesque de la Ville est comme une manière de se confronter à la modernité.
    Il ressort de cet ouvrage la façon dont la littérature française s'est saisie de Rome par le roman afin de se confronter à ses propres interrogations, par le biais du rapport historique à une ville qui est aussi un modèle de civilisation. Rome est alors à la fois la cité antique, qui fait rêver les écrivains, le coeur battant d'un catholicisme en question, et la capitale d'un nouvel état, l'Italie ; c'est aussi la seule ville jumelée avec Paris. Le roman romain permet d'élucider une interrogation de la modernité, de ses valeurs et de sa politique, au coeur de la littérature.

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