Le Telegramme

  • Bâtis pour guider les marins au milieu des dangers de la mer, les phares étaient à l'origine de simples tours à feu puis à lanternes; ils sont devenus véritablement efficaces au XIXe siècle grâce à la révolution technologique de la lentille de Fresnel, alors que le trafic maritime prenait une dimension internationale.

    Mythiques, comme celui d'Alexandrie aujourd'hui disparu mais qui faisait partie des sept merveilles du monde; oeuvres d'art comme celui de Cordouan dans l'estuaire de la Gironde qui a fête son 500e anniversaire en 2011, sentinelles de la mer comme Ar Men qui se dresse sur un rocher solitaire dans l'Atlantique; les phares et leurs gardiens ont incarné au cours des siècles la protection et la sécurité de la mer. Qu'ils soient modestes ou prestigieux, ils sont aujord'hui automatisés. leur entretien coûteux remet en cause leur pérénnité et ils sont devenus des symboles d'un patrimoine maritime collectif à sauvegarder.

  • Muscadet, Sangria, Cognac, Armagnac, Fantasia, Mallard, Naïade... et bien d'autres, ont tous en commun d'être des plans de l'architecte naval Philippe Harlé.

    Voiliers de plaisance, en bois, aluminium, polyester ou contreplaqué, résistants et fonctionnels, ils naviguent toujours et sur toutes les mers du monde, pour le plus grand bonheur de leurs propriétaires.

    Philippe Harlé (1931-1991) fut le plus créatif des architectes navals de sa génération. Formé à la voile au Centre nautique des Glénans dont il devint un des cadres, il comprend très jeune que son métier sera de dessiner des bateaux, à une époque où il n'existe aucune formation professionnelle spécialisée. Son premier bateau, l'Archipel en 1959, transporte toujours vaillamment les stagiaires entre Concarneau et les îles de Glénan. Son premier grand succès est le Muscadet, conçu en 1962, qui s'imposa à la fois comme bateau de course, en participant à de nombreuses Mini-Transat, et de croisière, adopté sans hésitation par des générations de plaisanciers.

    Installé à la Rochelle à partir de 1968, avant même que le port des Minimes n'en fit le principal port de plaisance en France, Philippe Harlé et les différents chantiers navals avec lesquels il collabora (Aubin, Jeanneau, Garcia, Kirié, Dufour, Etap) continuèrent d'innover, à une époque où le goût pour la navigation se démocratisa. Philippe Harlé s'intéressait à tous les types d'embarcations et se consacra également à la conception de bateaux de transport, de pêche et de travail.

    Ce livre écrit par Claude Harlé, sa femme, et Dominique Le Brun, journaliste et écrivain maritime, enrichi de nombreux témoignages, raconte le parcours unique de marin et de concepteur de cet homme qui aimait tellement la mer et les bateaux qu'il y consacra sa vie entière. Pour la première fois sont présentés tous les bateaux qu'il a dessinés, d'abord seul, puis associé avec Alain Mortain à partir de 1984, et Yiannis Mavrikios en 1991.

    Plus de 200 modèles, totalisant 14000 exemplaires construits, sont nés de sa planche à dessin.

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