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  • Cet ouvrage retrace l'histoire des alphabets touaregs, dont certains sont encore en usage aujourd'hui. Utilisés pour tracer des inscriptions sur la roche ou sur certains objets et écrire de petits messages à des proches, ces alphabets - presque exclusivement consonantiques - dérivent d'alphabets beaucoup plus anciens, que les spécialistes appellent « libyques » ou « libyco-berbères ». Parfois associées à des inscriptions puniques ou latines, on trouve ces épigraphes dans tout le Maghreb actuel, de la Libye jusqu'au Maroc et même jusqu'aux îles Canaries. L'histoire des alphabets touaregs est en grande partie obscure, mais il est permis de faire à son sujet quelques hypothèses. Entre autres qu'ils ont sans doute disparu de l'Afrique du Nord au moment des invasions arabes, pour ne subsister qu'au Sahara. Depuis quelques décennies, des intellectuels berbères - Touaregs, Kabyles ou Marocains - ont entrepris de moderniser ces alphabets en y adjoignant des voyelles, ce qui aboutit à des formes d'écritures très différentes de celles du passé.

  • Homère a-t-il existé ? Les hellénistes ne se posent plus guère la question. Mais la question de savoir comment l'Iliade et l'Odyssée ont été composées reste d'actualité. Car le texte homérique, avec ses scansions, ses fulgurances, sa puissance d'évocation, porte trace d'une tradition orale perpétuée par les chanteurs, les scribes, les aèdes. D'où l'intérêt de mettre les épopées homériques en regard avec d'autres poésies orales, comme s'y emploie Dominique Casajus dans cet essai majeur. Chants touaregs, poésie arabe archaïque, bardes serbo-croates, troubadours et ménestrels : autant de complaintes récitées ou chantées, autant de " situation d'oralité ", diffusés par des interprètes itinérants. Le narrateur éploré, l'amant délaissé qu'ils mettent en scène n'est jamais qu'une transposition poétique de la solitude dans laquelle ils oeuvraient en tant que poètes.

  • Un essai biographique majeur sur la vie au désert de " l'apôtre des Touaregs " Saint-Cyrien, trappiste, explorateur, ermite espion, séide du colonialisme français ? Qui est Charles de Foucauld ?
    C'est sur son expérience extrême, son existence d'ermite, à Béni-Abbès, une oasis au sud de l'Oranie dans le Sahara occidental, de 1901 à 1916, que se concentre cet ouvrage. Comment vivait-il ? Quel rapport entretenait-il avec les voisins autochtones, avec les militaires français? Quelle valeur doit-on accorder à ses recherches sur la langue des Touaregs ? Quelle place laissaient ces travaux aux pratiques religieuses ?
    Seul un spécialiste de la civilisation touarègue pouvait ainsi renouveler notre vision de l' " ami de Jésus " dans son ultime cadre de vie. Un portrait allant à l'encontre des clichés et de la littérature sulpicienne.
    Dominique Casajus est directeur de recherche au CNRS. Il est reconnu internationalement pour ses travaux sur les Touaregs, au sein du Centre d'études des mondes africains.

    La découverte renouvelée d'un grand mystique béatifié en 2005 par Benoît XVI.

  • Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie...
    Chaque année, l'essentiel du Maghreb politique, économique, social et culturel : les faits et les tendances... les mutations internes...
    Leurs perspectives... et le commentaire des chercheurs... mais aussi la place du Maghreb dans les relations internationales et les enjeux dont il est l'objet... avec en dossier de recherche 2011 une mise en perspective historique des mouvements qui traversent aujourd'hui le Sahara et ses marges.
    La période qui s'étend de la fin de l'année 2010 au début de 2011 constitue une rupture dans l'histoire des régimes autoritaires arabes. Le souffle des protestations sociales est parti de Tunisie et a emporté le régime de Ben Ali le 14 janvier 2011, puis celui de Moubarak en Egypte un mois plus tard. La Tunisie est donc au coeur de la seconde partie de L'Année du Maghreb qui traite de l'actualité maghrébine.
    Si l'onde de choc de la "révolution" tunisienne a occulté les enjeux sahariens, le Sahara constitue toujours un sujet de préoccupations des médias occidentaux :
    Refuge d'al-Qaïda au Maghreb, cette région est analysée en termes strictement sécuritaires. Zone d'instabilité, le Sahara est perçu comme l'aire de jeu des terroristes et le lieu de passage des "hordes d'émigrés" en partance pour l'Europe.
    Le dossier de recherche de L'Année du Maghreb, coordonné par Dominique Casajus et ancré dans une perspective historique, donne du Sahara l'image beaucoup plus nuancée d'une région en mouvement. Aire géographique nourrissant les utopies techniciennes et littéraires, le Sahara a toujours été pris dans un réseau de relations, inséparables de ses marges. Alors que l'Europe de Schengen s'obstine à voir dans le Sahara un lieu vide dont il faut à tout prix empêcher qu'il ne soit traversé, il est en réalité une zone où poussent les villes, se déploient des réseaux commerçants transnationaux, se développent des échanges licites et des trafics illicites, s'affirment des mouvements politiques qui instrumentalisent les Etats et/ou sont instrumentalisés par eux.

  • Anthropologue africaniste, Michel Izard a commence´ en 1957 ses recherches au Yatenga, l'un des royaumes Moose du Burkina-Faso. Il a de´taille´ comment les « Gens du pouvoir », conque´rants venus du Sud au xvie sie`cle, devaient s'en remettre a` leurs sujets autochtones, les « Gens de la terre », du soin de propitier une terre nourricie`re sur laquelle la conque^te ne leur donnait aucun pouvoir. La philosophie de cette configuration politico-religieuse spe´cifiquement africaine pourrait se re´sumer ainsi : le pouvoir sur les hommes vient toujours d'ailleurs; et les hommes sont sans pouvoir sur la nature, ils peuvent seulement espe´rer se la rendre favorable par des rituels approprie´s. Ses travaux scientifiques ont largement de´borde´ le domaine africain et inspire´ toute une ge´ne´ration d'ethnologues, Michel Izard jouant aussi un ro^le important dans la communaute´ anthropologique, comme enseignant, administrateur et animateur.

    Les chercheurs re´unis ici proposent plusieurs points de vue sur l'histoire politique de l'Afrique de l'Ouest, librement inspire´s de l'oeuvre de Michel Izard. Outre des contributions consacre´es aux Moose, plusieurs envisagent, dans une perspective comparative, d'autres socie´te´s africaines, ou prolongent, re´actualisent et discutent ses principales intuitions anthropologiques. L'ensemble se veut au bout du compte une re´flexion sur le me´tier d'ethnologue.

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