Sciences humaines & sociales

  • Cet ouvrage rassemble vingt-cinq articles de l'auteur portant sur la matière et les traditions de l'écriture épique du Moyen Âge français, pour mettre en valeur les évolutions et les transformations qui se dessinent, du XIIe à la fin du XIVe siècle, dans les rapports entre la chanson de geste et l'historiographie. Il interroge en particulier les interactions entre vérité poétique, fiction romanesque et vérité historique, interactions qui aboutissent à l'intégration de la matière épique carolingienne (la « matière de France ») à une écriture historique, en vers ou en prose, sensible aux prestiges et aux potentialités idéologiques d'une fiction que l'on s'efforce de faire passer pour de l'histoire authentique.

    Il envisage successivement divers aspects de la poétique des chansons de geste, de leur univers entre tradition et mutations, de la place de l'idéologie dans la création épique, pour se terminer avec les transformations que subissent leur matière et leur écriture dans des textes historiographiques comme la Chronique de Turpin, la Chronique rimée de Philippe Mousket, ou le Myreur des histors et la Geste de Liège de Jean d'Outremeuse.

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  • Les poétiques médiévales ne s'inscrivent pas nécessairement dans le choix d'une unité de ton ou de registre, ni même au coeur de ce que nous appelons, par commodité, les genres littéraires. Un certain nombre de textes choisissent au contraire de jouer avec les horizons d'attente et de brouiller les pistes, en cultivant des stratégies d'entre-deux : entre-deux génériques, registraux ou thématiques, destinés à déstabiliser leur public. Ces jeux de croisements ont longtemps dérouté la critique et nui à l'image de la littérature médiévale, trop souvent jugée à l'aune des poétiques classiques. Ce sont ces croisements délibérés, avec les effets d'ambiguïté qu'ils produisent (effets esthétiques, brouillages du sens, mais aussi effets du point de vue de la réception par le lecteur) que l'on s'efforce de mettre au jour et d'étudier dans ce volume, en distinguant, au sein de cette pratique, des poétiques ludiques et des poétiques provocatrices destinées à faire penser. L'enquête porte sur des textes de toute nature, de la chanson de geste au Roman de la Rose et au Testament de Villon, en passant par l'historiographie et les parodies de thèmes pieux, de la fin du XIe jusqu'au XVe siècle.

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  • La littérature du Moyen Age est réputée pour son orientation didactique. Cette orientation a produit certains de ses chefs-d'oeuvre, comme le Roman de la Rose, dont la partie attribuée à Jean de Meun s'autorise de la fiction allégorique et romanesque de Guillaume de Lorris pour diffuser un grand nombre de connaissances encyclopédiques passées au crible d'une pensée. Les prologues des oeuvres narratives répètent à l'envi que celui qui possède un savoir ne doit pas le garder pour lui, mais le divulguer largement.
    Trois voies s'ouvrent pour cette divulgation : la voie didactique pure (celle des traités, traduits ou non du latin), la fiction scientifique (conçue ad hoc, généralement en recourant à la technique de l'allégorie), et l'insertion de savoirs dans des oeuvres de fiction. Des savoirs nouveaux peuvent venir irriguer des fictions romanesques, comme on le voit dans des proses de la fin du Moyen Age qui entraînent leur héros vers des terres mises à la mode par les récits de voyages et donc par les savoirs géographiques nouveaux.
    Ce sont ces problématiques croisées que ce volume veut approfondir sur une longue durée couvrant le Moyen Age et la Renaissance, dans l'esprit d'une continuité et non d'une rupture, en montrant que la sensibilité aux découvertes constitue un mouvement de fond qui produit des efflorescences dès l'émergence de notre littérature en langue vulgaire et qui entretient des rapports complexes avec la fiction, qui ne sont pas des rapports d'opposition, et qui demandent à être décrits et mis en lumière.

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