Dominique Maurizi

  • Après avoir créé le plus petit cirque du monde et dessiné des figures en fil de fer dans l'espace, Alexander Calder est l'inventeur des mobiles : sculptures en mouvement, planètes, faune et flore qui dansent dans les airs. Un portrait magnifique signé Dominique Maurizi qui a également réalisé les illustrations.

  • Le livre de la nuit

    Dominique Maurizi

    Je dis, tu dis, il dit, je veux, tu veux, elle veut me le dire, écoute ça.

    L'essentiel est invisible pour les yeux, comment en douter ? Il y a tant de choses à voir derrière tout ce qu'on ne voit pas. Des continents, me dis-je, et même plus. Mais il faut le dire tout bas. Tu vois ça ? Oui, moi qui l'ai reconnu tout de suite sans l'avoir jamais vu ni connu, je le pense vraiment. Mais il faut l'écrire très bas. Je vois ça comme ça. Sous l'obscurité. Du visible je n'ai vu que catastrophe et cruauté. Les hommes frappent à tort et à travers. Le plus souvent, non ?

    Mais l'essentiel, te dis-je, est invisible pour les yeux. Je le crois. De mon oeil gauche et de mon oeil droit, l'un et l'autre pour y songer, le découvrir à chaque fois. À qui donc, me disais-je assise au crépuscule au bord d'un champ, est l'air que je respire quand je peux tout, tout inventer ? Il est à moi. À moi bien sûr, l'air, l'herbe et les nuages. Les nuages ? Oui oui, l'air libre et les nuages où se dessinent toutes les têtes, les êtres et tous les paysages. L'air vif où vibrent toutes mes consolations. Car. Si je ne le connais pas, je ne cesse pas de le voir, pensais-je la tête et le coeur dans les nuages. Je ne cesse pas de le voir, dans mes rêves, dans l'air ivre de mes jeunes dix ans. Et comme une bête têtue mon rêve ne bouge pas. Oui, il s'entête. Tandis que le temps passe depuis que je suis née. Voilà donc que je saute à la corde ou l'élastique comme dix filles. D'un seul homme ? Oui d'un seul homme. Comme dix filles. Mais moi, je suis la seule, la sienne. Écarlate. Secrète et clandestine.

  • Langue du chien

    Dominique Maurizi

    IL reste encore trois pas.
    Ombre d'ombre, c'est ce Qu'on croit, car devant La distance à parcourir Nul ne peut plus enlacer Autour de son cou les Bras qui -.
    Moi, exactement en rêve, J'ai vu ombre d'ombre et Puis l'éclipse, et puis des Bras autour de mon cou, Un arbre, un arbre je crois, Ses bras et son ombre avant Midi autour de mes pas, et Pas seulement trois mais Beaucoup d'autres.

    Il reste encore quatre pas.
    Grande, la tête lourdement Coiffée de mon arbre adoré, Folle, la joie qui vibre et cille Dans les paumes de mes mains, Et ce n'est pas ce qu'on croit, Car devant la distance à Parcourir on peut ne plus Saisir le vrai ou -.
    Moi, exactement en rêve, J'ai vu le loup dans l'arbre, Sublime, torse bombé.

    Il reste encore cinq pas dans Mon cahier, et je cours vers le Loup au corps qui brille, je cours Sous l'ombre d'une main à la Fourrure d'or, et je le lèche dans Sa langue, feu étrange, et blanc Et or, car devant la distance à Parcourir mon rêve me ravit.

    Il reste encore dix pas. Dix.
    Et si j'ouvrais la tête De l'arbre et celle du loup ?, Dis-je, exactement en rêve.
    Dans mon cahier je cours, Je cours en nage, sans âge avant Midi, je ferme et j'ouvre les yeux, Rampant, léchant la langue de L'arbre et du loup.

    Il reste encore vingt pas. Et beaucoup D'autres. Et pas de ceux qui brillent en Pleine lumière, non, la mort peut surgir Adorable et renversante, c'est ce qu'on Croit, car devant la Distance à parcourir on peut ne Pas -. La mort ?
    Qu'elle parte !, dis-je.

  • Ah j'ai aimé ! - superbes nos collines, le chêne, les bois où mon frère la nuit sortait comme loup affamé, et toi, mon coeur, avec la voix, avec les bras pour élancer encore un jour, un autre encore sur nos collines !
    Ah j'ai aimé !, l'orée, la braise, l'aiguille.
    Et tout ça je te le dois, avec ma langue libre, là - au-dessus de nous.
    Ah j'ai aimé ! Et toi, mon coeur, avec les bras, avec la voix -.
    J'honorerai le cri, la main, le souffle.

  • Le combat d'une immense chanteuse dans l'Amérique de la première moitié du 20e siècle ou malgré l'abolition de l'esclavage, le statut des noirs n'est pas meilleur. Jazz, ragtime, big-band, swing... All that jazz ! Billie Holiday chante tout ça. Slow, vraiment slow. Il y a du miel, des bouts de verre cassés dans sa voix...

    Bill / Billie : Le 7 avril 1915, lorsqu'elle naît à Philadelphie, Billie Holiday a une très jeune mère, seule et sans le sou. Si l'esclavage est aboli, le statut des noirs n'est pas meilleur. Billie se débrouille, elle grandit, délaissée par sa mère et par son père. Heureusement elle est coriace, et si elle fait très vite dans sa vie de mauvaises expériences, quelque chose de fantastique va lui arriver : elle entend, bouleversée, les disques de Louis Armstrong et de Bessie Smith, reine du blues, sur un phonographe.

    Le monde de la nuit : Elle chante les airs en vogue, qu'elle va très vite interpréter dans des clubs. Elle aime vraiment chanter. En 1929, Billie Holiday quitte Baltimore pour retrouver sa mère à Harlem à New York. Puis Billie rejoint sa mère à Brooklyn mais refuse d'être, comme elle, une domestique pour les blancs. Elle a quinze ans, cette fois c'est décidé, elle s'appelle Billie Holiday. Dans son style très particulier elle interprète les succès d'Armstrong (Giorgia on my mind, All of my).

    Lady Day : Elle rencontre le jeune saxophoniste Lester Young. Son style musical lui correspond. Très vite leur amitié leur fait tout partager. Il est élégant, porte un chapeau noir et un costume bien taillé. Lester Young surnomme son saxo Lady Violet, écho à la voix de Billie, qu'il appelle Lady Day. Elle devient une des vedettes du jazz newyorkais Strange Fruit : En 1939, Abel Meeropol, jeune professeur de lettres dans un lycée du Bronx, est l'auteur d'un poème qui attaque la haine raciale. Un soir, sous un mince projecteur braqué sur son visage triste, la belle Billie interprète Strange Fruit. Strange Fruit remporte un immense succès tout en déchaînant la controverse car elle devient très vite la chanson phare du combat contre le racisme.

    Billie's blues : Les années suivantes Billie Holiday voit se multiplier les engagements et les succès. C'est la première artiste noire à se produire au Metropolitan Opera, haut lieu de la musique classique.
    Et puis, Lady Day va réaliser un de ses rêves : elle part pour la première fois en tournée en Europe.

    Une voix : En 1956 paraît son autobiographie, Lady Sings the Blues, écrite par un journaliste, à qui elle raconte sa vie : " La nuit de mon grand concert à Londres fut le moment le plus sensationnel de ma vie. On aurait entendu tomber une épingle dans cette énorme salle. Quand j'ai eu fini, on m'a fait une ovation comme je n'en avais jamais entendue. "

  • Découvrir Nu à la baignoire de Bonnard à travers le regard et l'oeuvre de Dominique Maurizi, artiste contemporaine. Faire le lien entre l'art d'hier et celui d'aujourd'hui. Apprendre à regarder une oeuvre. Comprendre l'art moderne. Une approche ludique, concrète et pédagogique.

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    Dominique Maurizi

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