Dominique Combe

  • Depuis les années 1960, le débat autour des littératures francophones est régulièrement relancé par la critique et par les écrivains. Vu depuis l'étranger, ce débat peut apparaître comme étroitement franco-français. Il n'en pose pas moins des problèmes de langue, d'écriture, d'identité, d'imaginaire, essentiels pour la poétique. Maghreb, Afrique subsaharienne, Caraïbes, Océan indien et pacifique, Canada, Europe : si un grand nombre d'ouvrages sur les littératures dites " francophones " ont été publiés en France et ailleurs, les tentatives pour proposer une réflexion d'ensemble sur leur dimension littéraire restent rares.
    Est-il légitime et pertinent de parler d'un " fait littéraire francophone " ou d'une " francophonie littéraire " ? Quels rapports les littératures francophones entretiennent-elles avec la littérature " française de France " ? Avec les littératures " postcoloniales " d'autres langues ? Et, tout simplement, avec la littérature comme telle ? A l'heure des théories " postcoloniales ", des " écritures migrantes ", de la " littérature-monde ", le présent ouvrage voudrait introduire aux interrogations suscitées par les littératures francophones.

  • Le Cahier d'un pays natal, publié pour la première fois en 1939, a été célébré comme une charte de la « négritude » et de l'anticoloninialisme. Césaire est devenu un penseur de référence pour les études postcoloniales, aux côtés de Fanon, de Memmi et de Sartre, alors que des voix s'élevaient aux Antilles contre l'« idéologie de la négritude », au nom de la « créolité ».
    Mais le message politique, social, philosophique que Césaire apporte, certes ancré dans l'histoire coloniale, est consubstantiel au langage même de la poésie, qui excède les circonstances de la composition. Il faut donc d'abord lire la Cahier d'un retour au pays natal comme un poème. La pensée de la « négritude » n'est nullement une philosophie illustrée par le poème. L'« invention » toute rimbaldienne de « formes nouvelles » révèle le poète à lui-même et lui ouvre le « monde noir ». La « négritude » naît de l'acte poétique lui-même, qui revêt une signification politique.

  • « Il s'agit, dans le présent ouvrage, de faciliter la lecture des Planches courbes en situant le poète, en replaçant le recueil dans l'ensemble de l'oeuvre ; d'en suivre les mythes fondateurs, d'en décrire les formes et les genres. Mais le poète Bonnefoy est également penseur, non seulement dans ses essais, ses conférences et ses entretiens, mais dans ses poèmes eux-mêmes. Dans Les Planches courbes, la relative simplicité - transparence de la langue, évidence des images - est trompeuse. La deuxième section du recueil ne s'intitule-t-elle pas, précisément, "Dans le leurre des mots" ? Les Planches courbes pose en effet de redoutables questions d'interprétation, qui engagent l'oeuvre de Bonnefoy tout entière. Ces questions, souvent ardues, supposent un élargissement et un approfondissement de la réflexion. Après une lecture de l'imaginaire et de ses formes, l'essai s'efforcera dans une deuxième partie d'en dégager quelques enjeux poétiques et philosophiques. »
    Dominique Combe.

  • "Depuis les années 1960, on a publié en France et ailleurs un nombre
    impressionnant d'ouvrages sur les littératures dites tantôt « francophones »,
    tantôt « de langue française », « d'expression française », ou encore «
    postcoloniales », etc. Une abondante bibliographie en français, mais aussi en
    anglais, en témoigne. Ces manuels, introductions et anthologies présentent
    généralement les différentes « aires » géographiques et culturelles
    francophones en retraçant l'histoire de leurs littératures : Maghreb, Afrique
    subsaharienne, Caraïbe, Océan indien et pacifique, Canada, Europe. Ces
    différentes aires, et les pays qui leur appartiennent, font l'objet de travaux
    très approfondis sous la forme de présentations synthétiques, d'histoires
    littéraires, de dictionnaires, de bibliographies, de bases de données. Les
    approches comparées, transversales ou croisées, ou selon les genres sont moins
    répandues. Il existe de nombreux ouvrages généraux sur les francophonies sous
    leurs aspects linguistiques, historiques, politiques, sociologiques. Mais, à
    l'exception de volumes collectifs, les tentatives pour proposer une réflexion
    d'ensemble sur leur dimension littéraire restent rares. Est-il légitime et
    pertinent de parler d'un « fait littéraire francophone » ou d'une «
    francophonie littéraire » ? Quels rapports les littératures francophones
    entretiennent-elles avec la littérature « française de France » ? avec les
    littératures « postcoloniales » d'autres langues ? Et, tout simplement, avec la
    littérature comme telle ? Depuis les années 1960, le débat autour des
    littératures francophones est régulièrement relancé par la critique et par les
    écrivains. Certes, vu de l'étranger, ce débat qui tourne souvent à la polémique
    stérile, peut apparaître comme étroitement franco-français. Mais il n'en pose
    pas moins des problèmes essentiels pour la poétique. Ces problèmes de langue,
    d'écriture, d'identité, d'imaginaire concernent la littérature comme telle. Le
    présent ouvrage voudrait introduire aux interrogations suscitées par les
    littératures francophones à l'heure des théories « postcoloniales », des «
    écritures migrantes », de la « littérature-monde »." Dominique Combe,
    professeur à l'Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3, actuellement
    professeur invité à l'Université d'Oxford, est l'auteur de nombreux travaux de
    poétique et de théorie littéraire, consacrés en particulier à la poésie
    française (XIXe et XXe siècles) et aux poésies francophones (Antilles, Québec,
    monde arabe).

  • Poesie et recit

    Dominique Combe

    • Corti
    • 1 November 1989
  • «Le présent essai procède d'une réflexion plus générale sur l'histoire des formes et des genres poétiques au XIXe siècle, et de leur postérité dans la poésie contemporaine. Rimbaud y est donc lu dans les rapports étroits qu'il entretient, en amont, avec Hugo, Baudelaire, Mallarmé, Banville, etc., mais aussi en aval, avec les lecteurs du XXe siècle, et singulièrement les poètes, de Claudel à Breton, de Bonnefoy à Lionel Ray.
    C'est dire que l'angle privilégié, pour cette présentation générale, est celui d'une poétique et d'une stylistique, résolument inscrites dans l'histoire - d'une "poétique historique", comme aurait dit le théoricien russe Mikhaïl Bakhtine.»

    Indisponible
  • ASSIA DJEBAR, écrivain algérienne de langue française, membre de l'Académie française, porte-voix d'une mémoire culturelle fabulée de mères en filles, se désigne elle-même comme « diseuse », « scripteuse », « passeuse ».
    La tradition littéraire est le corps vivant de cette promesse de transmission que les violences de l'histoire d'Algérie rendent urgente et où se disent ensemble la césure des guerres coloniales, l'exil linguistique, la dépouille autobiographique ; mais aussi le partage, la sororité et le douloureux héritage de la déshérence des femmes en Islam.
    Dans le présent ouvrage, des universitaires et des écrivains explorent, en sa compagnie, l'oeuvre d'Assia Djebar.
    On y trouvera aussi de nombreux inédits dont l'intégrale du Discours d'entrée à l'Académie Française.

    Sur commande
empty