Dina Rubina

  • Un soleil de miel s'infiltre dans Tachkent : rues en dédale, où le linge sèche aux fenêtres, terrains vagues où pâturent des moutons - pays natal aux odeurs du temps qui passe... Ce matin, en sortant de prison, Katia en redécouvre chaque couleur, mais les voit-elle vraiment ?
    Le souvenir des famines et du siège de Leningrad ont fait d'elle ce qu'elle est : une mère incapable d'aimer, contrainte malgré tout de cohabiter avec sa fille, Véra, grande perche au regard sombre et artiste peintre de talent. Au soleil noir de la haine, le pardon succèdera-t-il un jour ?

  • Le personnage principal, Petia, dont le diminutif est Petrouchka en russe, est un artiste marionnettiste au talent unique, qui donne des spectacles un peu partout en Europe de l'Est, lorsqu'il n'est pas chez lui, à Prague. Son nom est celui du guignol russe - Petrouchka, une marionnette populaire, qui se moque de tout et de tout le monde, au dessus des lois.
    Petia est accompagné d'une actrice, Liza, une jeune femme magnifique à la chevelure flamboyante, fine et fragile comme une statuette, elle est l'amour de sa vie, rencontrée dans l'enfance.
    Leur numéro phare est l'animation de la marionnette : Liza imite une poupée inanimée et c'est seulement à la fin de la représentation que l'on découvre qu'elle est une femme réelle et vivante.
    Mais un jour, Liza ne peut plus participer aux spectacles, alors Petia décide de fabriquer une poupée, Ellis, une imitation parfaite de Liza, et monte un numéro avec elle. Le voilà, tel un Pygmalion, devant sa créature idéale, une poupée qu'il peut maitriser d'une manière totale, en tirant les ficelles invisibles.
    La souffrance de Liza, la femme réelle, face à son double inanimé est le moteur caché de la narration. Le leitmotiv de la création artistique, du créateur et de la créature, et du caractère singulier de l'être humain, traverse tout le roman, qui se termine d'une manière à laquelle bien sûr on ne s'attend pas.
    Car un autre Petrouchka est présent dans le roman : une malédiction génétique, une appellation donnée au « syndrome de la poupée qui rit », un gêne qui se transmet dans la lignée de Liza et atteint tous les garçons nouveaux-nés.
    C'est le deuxième roman de Dina Rubina chez Macha, qui entraîne le lecteur dans un monde complètement différent du livre précédent - marque d'une grande écrivaine, capable de proposer des intrigues uniques, et dont le style est inimitable et immédiatement reconnaissable : fluide, dyna- mique, jamais ennuyeux, qui anime le récit par des métaphores et comparaisons poétiques et hors du commun. L'univers de l'écrivaine s'anime, plein de couleurs, de bruits, d'odeurs.
    Cette fois, nous voilà plongés au coeur du métier du marionnettiste. Voici l'histoire qui se construit peut à peu devant le lecteur, dans ce roman d'une composition astucieuse, qui ne se révèle qu'au fur et à mesure des pages.
    Yves Gauthier, qui a préfacé le roman, écrit : « Là où d'autres parsèmeraient leurs pages de morts pour en intensifier la dramaturgie romanesque, Dina Rubina souffle sur les braises de la vie. »

  • Zoom avant

    Dina Rubina

    • Phebus
    • 6 April 2006

    Comme la vie de Dina Rubina aujourd'hui, il nous promène, au fil de cinq nouvelles, entre la Russie et Israël - deux territoires où la folie humaine a dès longtemps installé ses tréteaux -, avec quelques détours par cette contrée (la nôtre) qu'on a longtemps appelé l'Europe libre.
    " Zoom avant " : Désopilante évocation d'un tournage de film à la mode soviétique. Soit l'histoire d'une romancière qui a la " chance " de voir l'un de ses récits portés à l'écran et qui n'a pas fini d'avaler des couleuvres. Occasion pour Rubina de serrer au plus près ce qui fait sans doute l'essence de son art : son goût pour les détails insignifiants qu'elle a le talent de focaliser, et qui finissent par nous en dire infiniment plus que les vastes gloses tournées en panoramique. Chez elles, ce sont toujours les détails qui tuent.
    " L'empereur aux gros yeux, famille des carassins de mer " : Sous la forme d'un monologue, genre où a toujours excellé Rubina, le quotidien d'un Russe qui a choisi Israël et qui se sent mieux que jamais en exil. Il aimait la peinture, et le voilà qui gagne sa vie - plutôt mal - en s'occupant des vieux. Au cours d'une ballade au bord de la mer Rouge, sa petite tribu d'échappés du mouroir contemple la faune marine, admire cette vie qui s'offre là dans toute sa couleur, et s'en retourne vers la grisaille du foyer. " Non, je ne me plains pas. S'occuper des vieux est un travail comme un autre Le plus dur, c'est qu'on n'est pas plutôt habitué à quelqu'un couic ! le voilà parti. Bah, rien de grave Comme chez Tchekhov, tu te souviens : " Nous nous reposerons, nous nous reposerons "
    " Eh bien, continuons ! " : Là-bas (en Russie) elle était ingénieur. Ici (en Israël), elle semble inscrite pour la vie au chômage - et se trouve réduite, pour faire bouillir sa marmite, à poser comme modèle. Elle est juive, paraît-il, mais n'arrive pas à se sentir chez elle dans ce pays où les étrangers - entendez les juifs russes - passent pour des incapables quand ce n'est pas pour des voleurs.
    " Une enseigne " : Un drôle de pays, cela dit, où la violence aveugle vous donne à la vie ce goût inimitable (le seul qui ne trompe pas) : celui du provisoire. On est vivant le matin, on va finir la journée haché par une bombe à l'arrêt du bus, et puis, changement de programme : on s'attarde chez la marchande de tomates, et on comprend que la mort, pour cette fois, n'a pas voulu de vous.
    " La marée haute des Vénitiens " : Elle apprend qu'elle a un cancer, plaque tout et s'en va passer trois jours à Venise. Une ville qui lui ressemble, et qu'on nous décrit comme nous ne l'avons jamais vue : au ras du quotidien, menacée de noyade - et s'accrochant contre toute raison à la vie.
    Pas gai, direz-vous. Eh bien non. Car Rubina a ce talent, si russe lui aussi, de nous faire rire de tout, même du pire - surtout du pire. Et quand elle n'y arrive plus (on n'a pas tous les jours l'âme héroïque), elle révèle un autre talent, fort utile à tous ceux qui font métier de vivre : l'art de s'étonner. Et de nous étonner. " En vérité il y a longtemps que je ne me sens plus capable de cette joyeuse tension de l'âme qu'on appelle humour et qui fait penser aux efforts d'un rameur à contre-courant. Ces dernières années, je m'abandonne de plus en plus aux courants de la vie, les rames à l'air sec, et je me contente de regarder autour de moi. Il y a tant de curiosités à découvrir, ici ou là, des deux côtés de la rivière. "

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  • Le syndrome de petrouchka Nouv.

    Le syndrome de petrouchka

    Dina Rubina

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    • 17 February 2022
    awaiting publication
  • " " Guéorgui ? disait une voix de femme saccadée et précipitée.
    Vous savez que ce n'est pas de vous que votre femme a accouché ? " C'était comme un prolongement de mon cauchemar.
    J'ai répondu : " Vous avez fait une erreur.
    - Mais non ! Mais non ! " Elle criait sur un ton hystérique et me semble-t-il, en pleurant. Seigneur ! Mais à quoi pensez-vous donc ? Vous ne savez pas compter ou quoi ? La femme accouche après des vacances, à huit mois, d'un bébé de quatre kilos, et le mari, comme un aveugle, comme un imbécile, il fait les cent pas et il jubile ! " ".

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