Delphine Kolesnik-Antoine

  • Le titre même de ce volume, sous forme d'interrogation, est à comprendre comme un postulat : il s'agit de s'interroger sur la pensée philosophique d'Élisabeth tout autant que sur celle de Descartes. La réflexion d'Élisabeth semble en effet posséder une dimension philosophique à deux titres au moins : d'abord parce que la princesse entretient un dialogue philosophique de haute tenue avec un autre philosophe ; ensuite parce qu'elle développe peut-être elle-même des thèses qui lui sont personnelles, qui seraient des thèses au sens fort et pleinement philosophique du terme, et dont l'étude pourrait être affinée par la prise en considération de ses très nombreux autres correspondants. Reste un scrupule : celui de trahir le souhait même d'Élisabeth de cantonner ses échanges intellectuels au plan privé. C'est à ce prix en effet, que nous pourrons redéfinir le rôle de cette dernière dans le cartésianisme, déterminer s'il existe une pensée propre d'Élisabeth et enfin, si elle existe, savoir en quoi elle consiste.

  • Pour la première fois en 1649, Descartes consacre une attention méticuleuse à la description de " toute la nature de l'homme ".
    Les passions ne lui fournissent pas une simple occasion parmi d'autres d'en traiter. Elles l'obligent surtout (et son lecteur avec lui) à se placer du point de vue du composé psychosomatique lui-même, soit à décrire, dans toutes ses manifestations et implications (éthiques notamment), cette " troisième notion primitive " que ni la philosophie première seule, ni la physique seule, ne permettaient de cerner.

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