Pu De Strasbourg

  • Le malentendu est sans doute au coeur de toute rencontre. On ne connaît d'abord de l'autre, même le plus proche, que la surface qu'il connaît ou qu'il donne à lire de lui-même. L'autre se construit alors à travers les significations et les valeurs projetées sur lui. Le malentendu ne soulève pas toujours le conflit, il est parfois à la source de moments heureux même si les acteurs, tout en croyant parfaitement se comprendre, ne se rencontrent pas sur le même terrain de sens.

    Le malentendu génère des émotions fortes et éventuellement contradictoires. Le plus souvent il prend la forme d'une tension pénible entre des acteurs ou des groupes. Si la rencontre de l'altérité est inévitable, et particulièrement dans le monde contemporain marqué par la mondialisation et un afflux considérables de migrants dans les pays du Nord, quelles sont alors les conditions qui favorisent la rencontre la plus propice, supposant d'entrer dans la logique de l'autre tout en maintenant les fondements du sentiment de soi ?

    Sur commande
  • Les demandes de malades incurables de pouvoir bénéficier d'un suicide assisté ont donné en 2008 toute son actualité à ce numéro consacré à la médicalisation de la société. La question de la décision d'interrompre la vie y occupe une place centrale, à propos de l'euthanasie et des soins palliatifs, mais aussi autour de l'interruption médicale de grossesse, ou des prélèvements d'organes qui supposent une définition de la mort souvent contre-intuitive.
    L'interrogation éthique autour de ce problème est une affaire de société, car toute société a besoin de définir ce qu'est la vie et ce qu'est la mort, et ce qu'est un être humain: à partir de quand cette partie du corps de la mère passe-t-elle du statut de chose à celle de personne, et à partir de quand ce corps cesse-t-il d'abriter un être humain? Faute de consensus, le geste du soignant heurte un interdit fondamental, celui du meurtre, qui fonde par la morale la cohésion de la société.
    Ce numéro aborde bien d'autres aspects de la médicalisation de notre vie quotidienne, engagés par exemple par les biotechnologies, les manipulations génétiques, la stérilisation volontaire ou la circoncision. L'éthique elle-même s'en trouve interrogée: ne sert-elle pas à produire de la norme dans un contexte devenu moralement incertain? Serait-elle donc le comble de la médicalisation: une obligation individuellement assumée, « évidente », de rechercher son bien-être et celui d'autrui?

    Sur commande
  • La douleur apparaît comme une donnée incontournable de la condition humaine. Pourtant dans nos sociétés médicalisées sa persistance est considérée comme une anomalie et rares sont les tentatives d'analyser ses déterminants sociaux et politiques. Médecins, psychanalystes, sociologues, philosophes et anthropologues se sont attachés ici à explorer la dimension historique et sociale de la souffrance dans toute sa complexité (de la douleur imposée par les circonstances - torture, maladies, douleurs chroniques - à la douleur choisie - sport, body art, modifications corporelles, pratiques SM etc.). La perspective est résolument ouverte et novatrice.

    Sur commande
empty