Arts et spectacles

  • De Brel, on sait tout. Maisons de disques et héritiers ont tout raclé, fonds de tiroirs pourris et photos jaunies, ça radote comme chez Les vieux, de la fenêtre au lit, du lit au lit, d'un disque à l'autre. Ca ronronne au salon, ça pue la mort. Brel mérite mieux. Il mérite d'être bousculé comme lui-même défonçait la scène ; sinon, à quoi bon une nouvelle pièce à son Olympia ?

    Pour David Dufresne, Brel est tout à la fois « un père de substitution, une insupportable icône, le mec qui braille et qui transpire, le chanteur catho, comédien de seconde zone, et toujours là, quand il le faut, l'âme-soeur qui aide à lever ses cent kilos, quand la vie se joue de drame en drame ». Ses mots sont devenus devise pour la vie : « On fait ce qu'on peut mais il y a la manière »On ne vit qu'une heure est un livre avec Brel, plus que sur Brel, une invitation au voyage : « le plus dur ce n'est pas de prendre le train, dit-il dans un entretien, le plus dur c'est aller à la gare ». David Dufresne nous embarque sur le quai, celui de Vesoul et de sa fameuse chanson, comme un périple dans la France des toiles cirées, des petits salons de coiffure, des centre-ville qui se recroquevillent dès 6 heures du soir.

    Que reste-il du Grand Jacques ? De ses obsessions (la fraternité, l'amour, la soif de vivre et la mort) ? Fonctionnaires, sans le sous, bourgeois, maire de la ville, commerçants, David Dufresne brosse le portrait d'une France provinciale. Drôle et brisée. A la Brel.

    Une virée avec Brel lézardée de multiples citations du chanteur, extraits d'entretiens d'un philosophe intuitif, comme un prolongement du travail de collage de l'auteur déjà mis à l'oeuvre dans ses précédents ouvrages.

  • Avec ce livre, Philippe Brault, photographe, et David Dufresne, journaliste, nous plongent au coeur de l'industrie carcérale à Canon City - une ville-prison qui détient le record du monde d'établissements pénitentiaires par habitant.
    Prison Valley raconte ce business de la punition, cette vallée du Colorado, " loin des yeux, loin du coeur " qui concentre en quelques miles carrés toutes les contradictions de la société américaine. D'une prison à l'autre, c'est un sous-monde Sue nous découvrons. Prison. Secteur privé. Rentabilité. Solitude. Main-d'oeuvre. Détenus. Pauvreté. Criminalité. Toujours, et encore. Prison Valley est un road movie photographique dans une ville western, où l'on surprend les personnages dans leur quotidien, dans leur travail, leur ennui, leur plaisir, comme des tableaux vivants d'une ville un peu morte.
    Les familles, les prisonniers, le personnel pénitentiaire, le shérif se livrent avec pudeur et dévoilent les dessous de cet univers ; préfiguration de l'évolution de notre propre société.

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