Fata Morgana

  • Lettre morte

    Daniel Bourdon

    J'attends de recevoir une lettre. Du moins, je crois l'attendre. Depuis quand, je ne saurais le dire : Des années sans doute., J'attends de trouver un matin l'enveloppe où mon nom aura été écrit de cette écriture que je reconnaîtrais entre mille. Une écriture penchée, dont les trois lignes ramassées, quoique parfaitement lisibles, forment comme une dédicace (peut-être une épitaphe). Je voudrais recevoir le signe que je suis seul et libre, et que je puis conclure.

  • Ce nouveau recueil de courtes proses nous transporte dans des lieux imaginaires où les suicides ratés sont punis par la mort, où l'on vote pour un candidat en misant sur sa démission, où le champ des possibilités contraint à l'immobilité, où l'étranger demeure à jamais invisible et n'a d'autre perspective que de rebrousser chemin. Chaque fois que commence un récit, que s'élève une nouvelle voix, c'est un monde nouveau qui apparaît, avec ses lois propres, qui nous sont données peu à peu à comprendre - clés dont on ne sait jamais quel mécanisme elle vont déclencher, ni à quelle porte elles appartiennent, ouvrant sur quelle chambre - ou qui restent énigmatiques, pour le narrateur comme pour le lecteur.

  • L'intendant

    Daniel Bourdon

    Comprit que conter c'est tout dire en même temps que c'est dire le tout. Que c'est capturer le réel et, au marché, le vendre au mieux-disant afin que ce dernier, pièce après pièce, en fasse un vaste conte par quoi le monde prendra forme.
    Car le monde n'est rien d'autre qu'une somme d'histoires dont seul le Caché, le Sage, le Miséricordieux pourra, au jour choisi, dire la signification.

  • Abécédaire

    Daniel Bourdon

    Au lecteur qui, ouvrant ce livre, s'attend à rencontrer de la littérature, l'auteur avoue d'emblée son goût de la contrainte et de l'aléatoire. Imaginer n'est pas son fort. La contrainte est réduite à une lettre imposée en tête de chaque texte. L'aléatoire est ce qui s'évertue à s'écarter du chemin qu'elle envisageait de baliser pour lui bien au-delà de la lettrine. Toutes péripéties dont l'auteur n'est en fin de compte qu'un témoin oculaire, et dont il veut se faire ici le rapporteur fidèle.

  • Le cas alpha

    Daniel Bourdon

    Les jours passent, les amis changent, les amours meurent, mais l'écriture et les maladies nerveuses ne disparaissent jamais. Tel un scribe médiumnique au Mouseion d'Alexandrie, j'écris toujours, je ne cesse d'écrire. Nouvelles, récits, poèmes en prose, chapitres de romans accourent sous ma plume, se disputent les pages, envahissent mes carnets. Sans doute me faudrait-il d'emblée les congédier, mais il m'est impossible de résister au flux. J'ai dû l'accepter. Et que les oeuvres ne puissent être attribuées qu'à un seul géniteur, celui dont l'histoire littéraire, à tort ou à raison, a retenu le nom, j'ai fini par l'admettre aussi, même si je puis difficilement m'en satisfaire.
    Ces récits poétiques nous conduisent, au travers de portraits burlesques, à une méditation et à une exploration des dualités ; l'isthme énigmatique entre l'écrivain et son monde : Rien n'est plus difficile que de faire la différence entre une architecture décadente et une architecture héroïque.
    Écriture précise et efficace, elle n'est point ici pour mener vers des incarnations prodiguées par la langue. Simplement, elle propose une visite initiatique des chemins infinis, de l'interchangeable et du dédoublement.

  • L indistinct Nouv.

    L indistinct

    Daniel Bourdon

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