Daniel Abadie

  • Si ses pneus en gros plan ont fait le tour du monde, le suisse Peter Stämpfli (né en 1937) a su construire en un demi-siècle une oeuvre qui déborde cette icône du Pop art. Formé par un élève d'André Lhote, il croise l'abstraction américaine à la fin des années 1950 et s'en détache très vite. La peinture figurative recule, il s'y cramponne et la renouvelle. Vers 1965, son style, marqué par le graphisme de la publicité et le dessin industriel, comme celui de Lichtenstein, commence à l'imposer. Par la suite, le réalisme très poussé des premiers tableaux s'efface devant la trace des objets quotidiens et la poésie de l'absence, chargées d'une même énergie contagieuse.
    « Toute la peinture passée et actuelle avant le suprématisme, écrivait Malévitch en 1915, a été asservie par la forme de la nature et attend sa libération pour parler dans sa propre langue et ne pas dépendre de la raison, du sens, de la logique, de la philosophie, de la psychologie, des différentes lois de causalité et des changements techniques de la vie. » Près d'un demi-siècle plus tard, Stämpfli, en abandonnant la représentation du monde, en réduisant progressivement à un artefact - l'automobile -, puis à un détail de celui-ci - la roue - avant de décider de s'en tenir au seul pneu a, pour lui-même, à son tour, découvert au terme de l'ascèse la plus exigeante « cette propre langue » qui ne dépend de rien que d'elle-même.

  • Pionnier, dès 1915, de l'art abstrait, Alberto Magnelli revient, à partir de 1920, après le tourbillon coloré des Explosions lyriques de 1918-1919 qui marque la fin de la Première Guerre mondiale, à une autre approche de la peinture qui, si elle peut sembler plus classique avec ses personnages ou ses paysages, n'en est pas moins - comme le dira lui-même Magnelli - une peinture inventée. Ces dix années, les dernières qu'il va vivre en Italie avant de fuir la montée du fascisme, seront celles où il va rechercher comment inventer une peinture moderne qui retrouve la force et la sobriété des oeuvres anciennes qui, de Giotto à Piero Della Francesca, feront de lui, à son tour, l'un de ces rigoureux constructeurs de la forme et de l'espace géométrique.

  • G. Chaissac et J. Dubuffet se sont rencontrés durant les années 1940 par l'intermédiaire de J. Paulhan. Leur relation commence sous le signe de l'écriture avec 448 lettres échangées jusqu'à la mort de G. Chaissac. Présentation de 80 oeuvres (tableaux, sculptures, objets), documents et lettres témoignant de la complicité artistique et littéraire de ces deux peintres et épistoliers.

  • « Des spectres d'arbres se dressent en négatif sur fond d'encre. Des fantômes. Je pense aux incendies dans les Alpilles. S'émouvoir, pinceau en main, de la mort des arbres devant une feuille de papier ne va pas sans contradiction. Le papier, la table, une bolée d'encre (du charbon de bois), la gomme arabique (la sève qui parle dans le blanc des lignes), procèdent de la forêt saignée, abattue, débitée, broyée, brûlée. Nous devons beaucoup aux arbres. C'est du reste en les observant que j'ai appris à dessiner. » Alechinsky.

    Cet ouvrage est publié à l'occasion de l'exposition « Pierrre Alechinsky. Les ateliers du Midi » présentée au musée Granet d'Aix-en-Provence, du 5 juin au 3 octobre 2010.
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  • De 1934 à sa mort en 1971, Alberto Magnelli (né en 1888 à Florence, venu vivre à Paris en 1931 ) a réalisé près d'une centaine d'estampes qui donnèrent lieu en 1980 à une rétrospective à la Bibliothèque nationale de France. Le catalogue sommaire publié à l'époque était toutefois loin de rendre compte de la variété des moyens mis en oeuvre (eau-forte, lithographie, sérigraphie, utilisation de gaufrage...) et surtout de témoigner du travail de recherche nécessité par chacune de ces impressions. Ce premier catalogue raisonné reproduit évidemment en couleurs toutes les estampes de Magnelli, mais il présente aussi toutes les variantes connues (également reproduites en couleurs) de chaque planche.
    Chacune de celles-ci est accompagnée d'un descriptif technique, d'un historique de sa réalisation et de la liste des collections publiques qui la possède. Cet ouvrage est aussi l'occasion de découvrir les remarquables collaborations de Magnelli tant avec des éditeurs d'exception comme Iliazd (pour Poésie des mots inconnus ou Rogelio Lacourière pêcheur de cuivres) ou Max Bill (10 Origin publié en 1942) qu'avec des artistes comme Arp, Sonia Delaunay ou Sophie Taeuber avec lesquels il réalisa, réfugié dans le Midi de la France pendant les années de guerre, une série d'oeuvres communes quatre mains " devenues après- guerre un exceptionnel album de lithographies. Ce livre est ainsi à la fois la référence, compte-tenu de sa précision scientifique, pour les musées, les galeries et les collectionneurs, mais il est aussi, pour les amateurs, une source de découvertes et de plaisir.

  • En fondant une galerie à Vence en 1947, Alphonse Chave donnait un point d'ancrage aux inventeurs et protagonistes de l'art brut, du surréalisme, de Dada et de l'art singulier, ainsi qu'à de nombreux artistes indépendants. Il se constitua ainsi une collection que cette exposition présente.

  • Alechinsky

    Daniel Abadie

    "La solution radicale trouvée par Alechinsky fut, un jour de 2006, à la fin de la série des Terrils, de contredire la forme quadrangulaire de l'image centrale, telle que toute la série l'avait jusqu'alors développée, par une large bordure circulaire transformant en rondo le carré qui l'avait générée. La ligne souple qui, dans le noir de l'image initiale, suscitait cette image de tumulus, trouvait en s'aventurant dans cette bordure d'un genre différent, tour à tour plus étroite ou plus large selon qu'elle s'approchait ou s'éloignait des angles de l'encre centrale, des opportunités imprévues de se nouer, de se lacer ou de se dévider, de se lover sur elle-même qui redonnait, quarante années après l'intuition des remarques marginales de Central Park, la même marge d'invention. "(Extrait du texte de Daniel Abadie)

  • A l'occasion du centenaire de la naissance de Roger Bissière et de la grande rétrospective organisée à cette occasion par le Musée de la Ville de Paris, Les Editions Ides et Calendes publient la première monographie consacrée à l'artiste.
    L'étude de Daniel Abadie, qui forme la première partie de cet ouvrage, met l'accent sur les vingt dernières années de la vie de l'artiste où celui-ci, à la sortie de la guerre, s'impose comme l'une des figures majeures de l'avant-garde française concevant la peinture comme un message, voire une confidence, comme la trace sensible d'un homme face à l'expérience des choses, à la qualité de la lumière, à l'émotion des saisons, Bissière a saisi en un véritable Journal en Images, parfois tenu au jour sur de petits panneaux datés, cette forme d'effusion qui fait la valeur de son oeuvre.
    Toutefois, si autour de lui, attirés par son intransigeance de peintre et son attitude morale, ne tarde pas à se rassembler une grande partie des jeunes peintres qui formeront l'Ecole de Paris des années cinquante, ce sont aujourd'hui ses qualités de coloriste toujours inventif et sa science innée à faire vibrer la touche colorée qui en font l'équivalent européen des grands abstraits américains. Pour en arriver à ce point, Bissière a dû effectuer une véritable retraite physique et morale, renonçant au statut de peintre renommé et de critique estimé qui était le sien avant-guerre.
    Son oeuvre pendant cette première période fut celle d'un artiste marqué par l'influence cubiste et l'amitié de Braque, profondément sensible au climat de son époque, mais dont l'expression reste empruntée. Conscient de cette impasse, Bissière a su se dégager progressivement de toutes les influences acquises, de toute les leçons apprises, pour retrouver une authenticité et une invention originelle. Une biographie très développée retrace l'itinéraire de Bissière, de sa naissance en 1886 à sa mort en 1964, rappelant l'étrange cheminement de ce peintre qui, reconnu à ses débuts par l'orientaliste Rochegrosse, se lia ensuite d'amitié avec les peintres cubistes, écrivit le premier livre sur Braque, publia dans la Revue L'Esprit Nouveau dirigée par Le Corbusier et Ozenfant de nombreux articles théoriques avant de se retirer pendant près de dix ans dans sa propriété familiale du Lot où il réinventa, loin du milieu artistique parisien, une forme de peinture dont l'influence fut déterminante dans l'art européen l'après-guerre.

  • À mi-chemin entre la peinture et la photographie, l'oeuvre récente de Tadzio, brillamment mise en perspective par un texte de Daniel Abadie, interpelle par son étonnante ambiguïté. Capturant autant qu'il les esquisse - notamment à travers un travail sur le noir, et le choix d'angles souvent inattendus - les arêtes et crénelures qui composent les lignes d'architectures, Tadzio nous invite à poser sur ces dernières un regard inédit. Ainsi défaits de leurs « effets de texture » et de leurs « couleurs originelles », les « fragments de réel » qui composent ces clichés se présentent aux yeux de celui qui les regarde comme des tableaux abstraits, qui ne sont pas sans rappeler des artistes tels Ad Reinhardt, François Morellet ou Antoine de Margerie.
    Sombre reflet de notre époque ? La question mérite d'être posée. Ce regard, comme une plongée au coeur de l'obscurité, nous amène à repenser le rôle de l'artiste, qu'il soit peintre ou photographe. « Donner à voir », nous dit Paul Eluard. Certes, mais « donner à voir » autrement.

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  • Magnelli Nouv.

    Magnelli

    Daniel Abadie

    • Hazan
    • 29 September 2021

    Né à Florence en 1888, Magnelli, bien qu'il n'ait jamais suivi l'enseignement d'une école d'art, expose pour la première fois à 21 ans, à la 8e Biennale de Venise. Quatre ans plus tard, il découvre les peintres futuristes (Severini, Balla, Carrà, Boccioni, Soffici...), à l'occasion de leur première exposition à Florence, et se lie d'amitié avec eux. Ce sont eux qui l'incitent à les accompagner à Paris en 1914 pour visiter le Salon  des artistes indépendants. Il y  découvre une modernité de la création artistique qui n'est pas encore apparue à Florence et qui va décider de toute son oeuvre future... Il devient ami avec Apollinaire (avec lequel il entretient, revenu en Italie, une longue correspondance), Max Jacob mais aussi Picasso et Léger.
    De retour à Florence, il réalise en 1915 (5 ans après les premières abstractions de Kandinsky et Kupka) des peintures abstraites qui le situent dans le petit groupe des premiers artistes abstraits.
    Avec la fin de la guerre, où l'Italie s'est engagée à côté de la France en 1915, apparaissent les Explosions lyriques, qui deviendront, grâce à la force de  leurs gammes colorées et leurs figures éclatées, l'une de ses séries les plus célèbres.
    Mais c'est après la seconde guerre mondiale que Magnelli (qui s'est installé en France en 1931) devient, lors de sa rétrospective en 1947 à la galerie René Drouin, une figure majeure de l'abstraction. De Nicolas de Staël à Vasarely, une nouvelle génération d'artistes français le considère comme la figure de proue de l'abstraction et une sorte de modèle. Il en est de même en Italie où, la période fasciste terminée, les jeunes artistes comme Dorazio, Perilli ou Accardi viennent lui rendre visite et le considère d'une certaine manière comme le père spirituel de leur génération.
    À partir de ce moment, de nombreuses expositions mettront son oeuvre en valeur  : au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (1954), au Musée d'Eindhoven (1955), au Musée d'Antibes (1955), au Kunsthaus de Zurich (1963), au Palazzo Strozzi à Florence (1963), au Folkwang Museum d'Essen (1963), au Musée national d'art moderne à Paris (1968), au musée Cantini à Marseille (1970), au musée des Beaux-arts de Nantes (1971).
    Magnelli décède en 1971 à Meudon. Ses oeuvres se trouvent aujourd'hui dans de nombreux musées en Europe et en Amérique du Nord.
      Parce qu'elle semble scindée en périodes différentes et par là-même complexe l'oeuvre d'Alberto Magnelli a souvent fait l'objet de lectures partielles, voire contradictoires. Ainsi, la génération de jeunes artistes qui, après-guerre, s'enthousiasmèrent pour sa peinture en la découvrant, entre celle de Dubuffet, de Fautrier ou de Wols,  dans la grande exposition de la galerie René Drouin, a vu en Magnelli un aîné qui préfigurait à leurs yeux ce vers quoi tendaient leurs recherches.
    Aucun d'eux, parisiens comme Vasarely, Dewasne ou Jacobsen, italiens comme Dorazio ou Perilli, tous fidèles visiteurs de son atelier parisien, ne pensait alors à lui comme à un artiste.
    La raison de cette  disjonction pourrait sembler à la fois simple et dérisoire  : Florentin, Magnelli avait laissé en Italie la presque totalité de ce qu'il avait peint jusqu'à son départ pour la France en 1930, et n'en reprit possession qu'une vingtaine d'années plus tard, lors de la vente de la maison  familiale. On pourrait sourire de cette apparente  indifférence si la raison n'en avait été, à l'inverse d'autres artistes italiens, l'opposition à Mussolini et au fascisme.
    En rassemblant l'ensemble des peintures (dont nombre d'inédits) réalisées par Magnelli, les deux volumes de ce catalogue raisonné ne se contentent pas de juxtaposer des tableaux mais cherchent, en particulier par l'étude des couleurs (plus de 700 tableaux sont reproduits en quadrichromie), à reconstruire le cheminement de l'artiste et à révéler la réflexion constante qui fait de ce millier d'oeuvres une seule et même histoire.
      Musées conservant des oeuvres de Magnelli Europe  :
    Allemagne  : Essen  : Folkwang Museum /  Ludwigshafen  : Wilhem Hack Museum / Mannheim  : Kunsthalle / Remagen  : Stiftung Hans Arp und Sophie Taueber-Arp /  Swäbisch Hall, Musée Wurth  ;
    Belgique  : Bruxelles  : Musée Royaux des Beaux-Arts de Belgique /  Liège  : La Boverie / Verviers  : Musée des Beaux-Arts.
    Danemark  : Aarhus  :  Aarhus  Kunstmuseum ARoS  /  Alborg  : Nordjyllands Kunstmuseum  ;
    Finlande  : Helsinski  : Ateneum, Nordjyllands Kunstmuseum /  Tempere  : Sara Hilden Museum  ;
    France  : Antibes  : Musée Picasso /  Colmar  : Musée d'Unterlinden /  Grenoble  : Musée de Grenoble / La Rochelle  : Musée des Beaux-Arts / Les Sables-d'Olonne  : Musée de l'Abbaye Sainte-Croix / Nantes  :  Musée des Beaux-arts /  Paris  :  Centre Georges Pompidou /  Paris  :  Fond national d'art contemporain /  Paris  : Musée d'art moderne de la Ville de Paris /  Rennes  : Musée des Beaux-arts /  Saint-Etienne Métropole  : Musée d'art moderne / Strasbourg  :  Musée d'art moderne et contemporain /  Toulouse  : Les Abattoirs /  Vallauris  : Musée Magnelli / Vitry-sur-Seine  : Musée d'art contemporain du Val-de-Marne MAC/VAL ;
    Hongrie  : Budapest  : Musée des Beaux-Arts  ;
    Italie  : Bergame  ; Gallleria d'arte moderna e contemporanea  GAMeC /  Florence  : Museo novecento / Macerata  : PalazzoRicci / Milan  : Civico Museo d'Arte Contemporanea CIMAC / Pieve di Cento  : Museo delle Eccellenze artistiche e storiche /  Rome  : Galleria nazionale d'arte moderna /  Trento e Rovetero, Museo di arte moderna e contemporanea MART / Turin  : Galleria civica d'arte moderna e contemporanea  ;
    Monaco  : Nouveau Musée national de Monaco  ;
    Norvège  : Hovikodden  : Henie-Onstadt Kunstsenter  ;
    Suisse  : Bâle  :  Kunstmuseum /  Genève  : Fondation Gandur pour l'art / Locarno  :  Pinacoteca civica Casa Rusca  / Locarno  : Fondazione Marguerite Arp  / Zurich  :  Kunstmuseum /  Zurich  :  Kunsthaus /  Saint-Gall  :  Kunstmuseum / Winterthur  :  Kunstmuseum.
      Amériques du Nord et du Sud  :
    Brésil  : Juiz de Fora  : Museu de arte moderna Murilo Mendes /  Rio de Janeiro  : Museu de Arte moderne /  Sao Paulo  :  Musée d'art contemporain, Université de  Sao Paulo, MAC/USP  ;
    Canada  :  Québec  :  Musée national  des Beaux-Arts  ;
    Etats-Unis  : Buffalo, Albright-Knox Museum / New York  :  The Solomon R. Guggenheim Museum / North Carolina  : Bechtler Museum of Modern Art  ;
    Venezuela  : Caracas  : Museo de arte contemporaneo.
     

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  • Antonio Seguí

    Daniel Abadie

    • Hazan
    • 3 November 2010

    « Le thème de ma peinture est toujours l'homme, a déclaré Seguí. J'assume pleinement une attitude critique, et même peut-être morale. Naturellement, j'aime fouiller à l'intérieur de l'individu, comprendre ses conflits, mettre à jour ses joies. » La présente monographie de Daniel Abadie décrit en détail la genèse et le développement de cette profession de foi. Lorsqu'il tourne le dos au formalisme abstrait, surtout à partir de son installation à Paris en 1963, l'Argentin Antonio Seguí entame un cheminement personnel soucieux de capter le quotidien, de restituer le banal mais par un mode d'élection original : un réalisme magique traversé d'humour noir. En marge du pop'art et de la Nouvelle Figuration qui se dressent alors contre les abstractions, il va traduire les péripéties anonymes d'une multitude de personnages dans l'espace indéterminé des villes. Ses multiples expérimentations, à partir de la photographie, de la bande dessinée, des découpages de silhouettes en bois, d'incrustations graphiques dans la pâte se font l'écho d'une distance critique vis-à-vis de l'image comme si le sentiment de l'exil, pour Abadie, entretenait chez l'artiste une impossibilité d'adhérer au monde.

  • Dubuffet architecte

    Daniel Abadie

    • Hazan
    • 20 April 2011

    « Dubuffet architecte ». Une telle formule peut paraître surprenante, voire provocante. Si chacun s'accorde à reconnaître en Dubuffet l'un des peintres majeurs de la seconde moitié du XXº siècle, seuls quelques-uns connaissent aussi ses «expériences musicales» ou cette dimension architecturale qui se développa pendant la période de L'Hourloupe (1962-1974) et valut à Dubuffet en 1982 la médaille de The American Institute of Architects. De la commande en 1965 par André Malraux, alors Ministre des Affaires culturelles, de deux peintures monumentales pour la Faculté de Nanterre jusqu'à la construction de la Villa Falbala ce livre retrace le cheminement de l'artiste, de la peinture au relief, puis à la sculpture et à cette architecture unique qui, avec ses creux et ses reliefs, ses grands tracés noirs qui contredisent la lecture des surfaces, enseigne que toute réalité - matérielle comme la Villa Falbala ou virtuelle comme la peinture - est illusion et que le déchiffreur y est comme « un poisson qui entreprendrait de secréter lui-même l'eau dans laquelle il nage, et dont il s'alimente, qui ferait de sa propre sécrétion son habitat et sa nourriture.»

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