Puf

  • La modernité occidentale a construit l'homme sensible et a lentement façonné les sens et les sentiments. Elle a placé au coeur de la condition humaine, en particulier depuis les traités de civilité de la Renaissance, des exigences de retenue du corps, de distance à autrui, délimitant ainsi un intérieur et un extérieur en chacun. Elle a voulu inscrire l'individu dans un sentiment de continuité, privilégier la perception d'une stabilité de l'existence sur quoi se fonde la propriété de soi. Celle-ci est aujourd'hui menacée par la fluidité d'un monde devenu immatériel, dépourvu de limites. Ce livre entreprend d'élucider les métamorphoses de la condition sensible dans les sociétés contemporaines. Les flux sensoriels et informationnels continus incitent l'individu à des formes de propriété illimitée de soi en même temps qu'ils induisent un rétrécissement de l'espace intérieur. Processus paradoxaux, ils transforment en profondeur nos manières de sentir, de percevoir, d'être et de penser. Cet état de fluidité entraîne des formes d'indistinction, d'indifférenciation entre le réel et le virtuel, entre les individus, reposant alors de façon aiguë la question du sens et des sens : sommes-nous entrés dans une ère nouvelle de la condition sensible ?

  • La collection est dirigée par Lucien Sfez, professeur à l'Université de Paris I. Les ouvrages sont des analyses du pouvoir et de la politique.

    Sur commande
empty