Claude Serfati

  • Des éléments de réflexion sur les fondements du militarisme français et sur son amplification au cours des dernières années. L'ouvrage examine la place du militaire dans l'appareil d'Etat depuis la fin du XIXe siècle, les relations entre l'Etat et l'industrie de l'armement sous la Ve République, les nucléaires militaire et civil, ainsi que le dispositif sécuritaire déployé depuis 2015.

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  • Mauvaise nouvelle : " les dividendes de la paix" qui étaient cens résulter de l'effondrement de l'URSS s'avèrent aujourd'hui au mieux un espoir suranné.
    Claude Serfati démontre comment nous nous acheminons vers le renforcement des systèmes militaro-industriels, et non vers leur dissolution lente. Et combien leur vitalité se nourrit de la mondialisation. La production d'armes se révèle un terrain d'investissement plus que jamais attractif pour le capital financier. Pour preuve, le budget militaire actuel des Etats-Unis frôle les niveaux atteints pendant la guerre froide.
    Les investisseurs institutionnels siègent désormais aux conseils d'administration des grands groupes producteurs d'armes des deux côtés de l'Atlantique, y compris en France. Leur logique marchande ne peut que nourrir la militarisation de la planète et les inégalités entre les pays. Derrière " la main invisible du marché " apparaît la poigne de fer du militarisme.

  • L'industrie française de défense est peu connue. Or, elle occupe une place importante dans le système productif et les grands groupes industriels de défense sont très présents dans la politique technologique conduite depuis la fin des années 1950. Elle demeure un des fleurons de la France sur les marchés internationaux, alors que la dégradation inquiétante de son industrie manufacturière devient un thème de débat dans les politiques publiques.
    Cet ouvrage analyse les mécanismes de l'industrie française de défense, il souligne les singularités de son mode d'organisation, de fonctionnement et son importance qui résultent de son caractère régalien. Dans le contexte géoéconomique prévalant depuis le début des années 2000, les enjeux de sécurité nationale ouvrent des perspectives importantes aux groupes de l'armement qui peuvent y trouver un « relais de croissance ».
    Les perspectives et les limites de la coopération internationale, ainsi que le volume des exportations d'armes et les conditions particulières de leur mise en oeuvre sont également analysées.
    Ce livre entend ainsi contribuer aux réflexions nécessaires sur la place de l'industrie de défense dans l'économie française.

  • L'état d'urgence suite aux attentats du 13 novembre 2015 a consolidé les modalités de la gestion sécuritaire des populations propre aux sociétés libérales. Cet ouvrage se propose de s'extraire de la temporalité de l'urgence et de la stricte réaction à telle ou telle opération sécuritaire en interrogeant en profondeur le rôle de la sécurité dans la production et perpétuation de la normalité capitaliste. C'est ainsi que les auteurs soumettent à la critique la catégorie de « sécurité », en faisant ressortir les rapports de pouvoir et les formes de domination qu'elle naturalise et légitime. Marc Neocleous cerne l'imbrication des différents moments et sphères de la sécurité - paix/guerre, armée/police, intérieur/extérieur etc. - dans la construction de nos sociétés à travers la notion de « pacification ». Christos Boukalas analyse l'émergence des appareils anti-terroristes anglo-saxons en rapport avec la double restructuration de l'État et des économies capitalistes, en montant comme l'anti-terrorisme relève d'une forme d'étatisme autoritaire qui se déploie au sein même de l'État libéral. Claude Serfati revient enfin sur l'évolution des paradigmes de la défense dans le monde postguerre froide et l'évolution des architectures sécuritaires au sein de la globalisation néolibérale. De ces contributions ressort l'idée que la sécurité ne peut être étudiée de manière fractionnée mais doit au contraire être appréhendée du point de vue de l'unité des appareils et processus sécuritaires dans leur contribution à la (re)production des capitalistes.

  • Pour répondre à cette question, les auteurs de ce livre étudient les imbrications du commerce des armes, des conflits armés et des intérêts économiques, politiques et financiers. Les analysées présentées convergent dans leur dénonciation du Pouvoir qui, lorsqu'il est mal encadré, conduit à la guerre.

  • L'impérialisme : le retour ? En ce début de siècle, le mot impérialisme connaît un regain d'Intérêt de la part de ses défenseurs.
    Ils attendent de sa mise en oeuvre la réalisation des objectifs de la démocratie, de la paix et de l'économie de marché. Le terme est également utilisé (moins qu'empire néanmoins) par ses critiques pour qualifier l'attitude actuelle des Etats-Unis. L'hypothèse développée dans l'ouvrage est que l'Impérialisme constitue un cadre d'analyse pertinent pour comprendre non seulement l'attitude des Etats-Unis, mais l'économie politique de la mondialisation contemporaine.
    Depuis vingt ans, le capital financier a conquis de nouveaux domaines de valorisation (éducation, santé, activité intellectuelle). La logique rentière s'est installée, avec l'appui des politiques néolibérales et des institutions internationales, au coeur des processus du vivant. Les classes sociales qui en bénéficient sont en majorité situées en Europe et aux Etats-Unis. Toutefois, dans d'autres régions accueillantes de la planète, elles en tirent aussi profit.
    L'accumulation financière et rentière attaque de front les exigences de la reproduction de long terme (c'est-à-dire " soutenable) des écosystèmes, elle menace l'existence même des producteurs et de leurs familles. Un régime social de domination qui met la rente au centre de sa reproduction et qui dispose de la planète comme horizon dépend directement de sa puissance de coercition. Dans les pays développés, la sécurité - la protection - des droits de propriété du capital bénéficie d'une attention encore plus soutenue depuis le 11 septembre 2001.
    Elle justifie des remises en cause de droits individuels et collectifs au nom de la " sécurité nationale " et de l'affaiblissement de la démarcation entre menaces externes et internes. De nombreux pays du " sud " demeurent enfermés dans des rapports de dépendance construits à l'ère de l'impérialisme classique. La pompe à paiement de la dette n'a pas cessé de fonctionner. L'exploitation des ressources naturelles, largement destinées à l'exportation, s'exerce dans le cadre des " nouvelles guerres ".

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