Claude Duparfait

  • Ainsi, je peux dire que j'ai appris de Maurice non seulement la beauté absolue de sa musique, mais aussi je peux dire qu'il m'a également enseigné à écouter le plus attentivement du monde, et avec le plus grand soin, toute musique. Il m'a enjoint dès la sortie de mon soupirail à lire des auteurs que je ne soupçonnais pas. Il me les a tendus comme on tend la main à un enfant pour qu'il ne tombe pas dans un puits profond, il m'a enseigné dans la chambre de mon enfance et dans la maison de mon enfance à réapprendre à écrire, donc à redécouvrir le verbe, mais aussi le chant, et toutes ces choses qui touchent à l'esprit. Il a donc été cette relation idéale que je cherchais intensément dans mon enfance. Et cette étrangeté qui m'unit à lui m'est devenue familière. Elle fait partie de ma maison, de ma vie, de mon corps, et je n'ai de cesse de la partager.

    Création au CDN Besançon Franche-Comté dans la mise en scène de Claude Duparfait et Célie Plauthe du 16 au 23 septembre 2016.

  • Karl. -Et il m'est arrivé les pires mésaventures, en chemin ! J'ai perdu tous ces petits souvenirs qu'on emporte avec soi. Une photographie d'Europe, par exemple, qu'on aimait à montrer. Et de quoi écrire son nom avec soi, de peur de l'oublier aussi un jour. A Butterford, j'ai pensé disparaître aussi! Et ce matin encore, j'étais là, immobile devant votre affiche, pareil à tous ces visages fermés qui m'entouraient. Mais j'ai pourtant décidé de desserrer les poings, et les yeux grands ouverts, de rester accroché à mon rêve ! (...)

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