Claire Zalc

  • « La France aux Français » : ce fut l'une des premières mesures mises en oeuvre par le gouvernement de Vichy avec la loi du 22 juillet 1940, qui prévoyait de réviser la naturalisation de tous les Français naturalisés depuis 1927. Plusieurs centaines de milliers de personnes,1 million peut-être, étaient visées et, même s'ils n'étaient pas cités dans le texte de la loi, les Juifs en premier lieu.

    À partir d'une étude d'une ampleur inédite dans les archives, Claire Zalc livre une puissante analyse des effets de cette loi, depuis son application par les magistrats de la commission de révision des naturalisations, les préfets, et les maires jusqu'à ses conséquences pour ceux qui l'ont subie et se sont vus retirer la nationalité française. Au ras de la pratique administrative, elle établit comment se dessinent les visages des « mauvais Français », et comment ceux-ci ont tenté de protester contre l'arbitraire. Elle apporte une nouvelle pièce aux débats historiographiques sur l'antisémitisme de Vichy et son autonomie vis-à-vis des pressions allemandes, mais aussi sur la continuité des pratiques et personnels entre la IIIe République, Vichy et la IVe République.

    Une analyse implacable des mécanismes, de la violence d'Etat et du fonctionnement d'une administration en régime autoritaire.

  • Les immigrants venus chercher refuge ou fortune dans le petit commerce et l'artisanat ne ressemblent guère aux portraits habituellement dressés des " travailleurs immigrés ". Depuis le début du XIXe siècle, la liberté de commerce, héritée de la Révolution, rend le monde de l'entreprise ouvert à tous, sans condition de nationalité. L'absence de réglementation constitue l'un des attraits majeurs du monde de l'atelier et de la boutique pour les étrangers alors qu'ils font l'objet, en France, de contrôles de plus en plus stricts et contraignants. Mais les entreprises des " étrangers ", précaires ou florissantes, isolées ou inscrites dans des réseaux de sociabilité, vont susciter méfiance et hostilité. Ce livre raconte les étapes qui mènent les pouvoirs publics, sous la pression de classes moyennes particulièrement virulentes contre la " concurrence déloyale des étrangers ", à limiter l'accès de ces derniers au commerce. Mais il dresse aussi les portraits d'immigrants réunis par un même désir d'indépendance et de liberté, qui font de leurs boutiques des lieux d'approvisionnement, de rencontre et de sociabilité. Claire Zalc, en décrivant les multiples métiers où s'affairent des individus et des groupes originaires d'une quarantaine de nationalités, efface le stéréotype du tailleur juif, du maçon italien et de l'épicier kabyle. Son voyage dans l'univers contrasté des commerçants venus d'ailleurs en dit long sur l'histoire économique et sociale de la France et sur son rapport avec " l'étranger ". "Chargée de recherches à l'Institut d'histoire moderne et contemporaine (CNRS-ENS), Claire Zalc s'est spécialisée dans l'histoire de l'immigration au XXe siècle, en particulier celle des entrepreneurs étrangers."

  • Z ou souvenirs d'historienne Nouv.

  • L'histoire de la Shoah en France envisagée dans une nouvelle perspective. S'appuyant sur un formidable travail d'archives et décrivant l'éventail des parcours des victimes, entre la vie et la mort, voici l'histoire des 991 Juifs de Lens entre 1940 et 1945, au jour le jour, famille par famille. Chaque temps de la discrimination antisémite en France est scruté du côté des persécutés : l'identification, l'aryanisation, l'arrestation, la déportation. Au total, que fallait-il faire ? Se déclarer comme juif ou se taire ? Fuir ou se cacher ?

  • L'observation de la destruction des Juifs d'Europe à la loupe permet de penser le processus de mise à mort autrement, d'éclairer différemment les relations entre victimes et bourreaux, de replacer les comportements individuels dans leurs environnements sociaux pour conférer à ceux-ci une valeur explicative propre, de renouveler l'histoire de la Shoah.Ce volume aborde l'histoire des persécutions antisémites et de la Shoah à partir d'un angle local. Cette démarche micro-historienne parcourt l'ensemble de cette livraison du Genre humain. Ainsi, il ne s'agit pas uniquement d'identifier et de compter parmi les victimes combien ont été spoliés, cachés, arrêtés ou déportés, mais encore de savoir qui ils étaient et en quoi ils se distinguaient (ou non) de ceux qui ne l'ont pas été. Procédant ainsi, on se donne les moyens de comparer des trajectoires individuelles ou familiales sinon laissées à leur singularité, mais également de dépasser les jugements psychologiques quant aux comportements et actions des personnes observées. Les choix effectués ne sont plus pensés comme des décisions morales censément effectuées en toute connaissance de cause, ni évalués au prisme des catégories de jugement des historien(ne)s ou de ses lecteur(rice)s, mais rapportés au contexte familial, social, économique ou répressif dans lequel ils prennent place. Le changement d'échelle mené de la sorte permet ainsi de rompre avec la seule logique individuelle et nominale, avantage considérable lorsqu'on traite de questions controversées et enjeux de mémoireIl éclaire d'un jour nouveau la place du " moi " dans sa relation avec l'écriture historienne.

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