Claire Andrieu

  • Tombés du ciel ; le sort des pilotes abattus, 1939-1945 Nouv.

    100 000 aviateurs alliés ou allemands sont tombés sur le sol de l'Europe entre 1940 et 1945. Dans une approche comparée l'auteure montre comment les Anglais font prisonniers les aviateurs de la Luftwaffe avec civilité, les Français occupés cachent les Alliés et les aident à s'évader, tandis que des Allemands lynchent les pilotes À travers ce sujet, l'auteure montre que les sociétés mènent chacune une guerre qui leur est propre. Il réhabilite l'engagement des civils dans la guerre et leurs élans insurrectionnels, ou au contraire fraternels, face aux hommes « tombés du ciel ». Il évoque par exemple le comportement des français, résolument hostile, envers les pilotes allemands à la suite de l'invasion nazie, tandis qu'ils se montrent solidaires avec les aviateurs alliés. Les Anglais, quant à eux, développent un patriotisme propre et une attitude guerrière emprunte de l'humour britannique. En Allemagne le tournant 1943 correspond à une escalade de la violence au sein de la population allemande, évoluant en parallèle de l'enracinement des discours antisémites et racistes. Assimilés aux Juifs ou aux Noirs, les aviateurs Alliés sont racialisés et victimes de lynchages publics en série.

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  • Ce livre est un récit : celui des relations que nourent en France la profession bancaire et l'État par la loi du 13 juin 1941. L'alliance alors conclue n'a pas été rompue mais réaffirmée en 1945, avant d'tre consacrée par la loi de 1984. Englobant le Front populaire et la Libération, l'ouvrage apporte des nuances au tableau de l'Occupation. travers les vicissitudes du temps, comment évaluer la part de collaboration volontaire et la dose de compromis obligé dans les relations qu'entretinrent les banquiers avec la puissance occupante ? Le premier d'entre eux, président du comité d'organisation et président directeur général de la Société générale, fut-il un collaborateur ou un négociateur contraint, un défenseur des seules grandes banques ou un protecteur de l'ensemble de la profession ? Ce sont ces questions qui constituent la trame de l'ouvrage. En montrant l'évolution, sous la Troisime République, des mentalités de droite et de gauche au regard de la réglementation, en démlant les fils embrouillés de la politique et du droit économique, en dissociant les boucliers confondus de la défense nationale et de la réaction corporative, et en signalant les points de rencontre entre la Résistance et la Collaboration, mais aussi leur opposition radicale, cette étude pas pas donne de l'Occupation l'image complexe d'un enchevtrement de noir et de blanc. C'est ce réseau de relations hétérognes et pourtant communes qui rendit particulirement ardue la tâche d'une épuration dont l'ambition reposait sur l'hypothse d'un passé simple.

  • Voyage au pays des élites du début de la Ve République, ce livre fait revivre un monde disparu. En 1958, le retour de De Gaulle, la guerre d'Algérie et les dysfonctionnements de la IVe République projettent dans l'engagement militant des Parisiens très diplômés. Haut fonctionnaire passé à la clandestinité, Jean Moulin est leur modèle et le compagnon de Résistance de certains d'entre eux.
    Ces bourgeois libéraux accomplissent une série d'actes hors du commun, et leur histoire éclaire la vie politique d'un jour nouveau. Jean-Moulin est l'emblème d'une génération de clubs civiques qui s'est épanouie entre 1958 et 1966. Par sa vitalité, ce mouvement met en question l'image tocquevillienne du déficit associatif français. Jean-Moulin illustre aussi la résurgence de l'héritage de 1789 et de la Résistance dans la lutte contre la guerre d'Algérie. Socialement dominants, les clubistes subissent la politique algérienne du pouvoir comme une oppression. L'Etat, qu'un tiers d'entre eux sert, porte atteinte à leur image de la République. Leur riposte participe de l'intervention des intellectuels de gauche. Mais, sans publicité, ils mènent une action plus originale à l'intérieur de l'Etat, en suivant certaines des lignes de fracture qui le cisaillent. L'image de l'exécutif fort, appliquée à la République gaullienne, s'en trouve ici révisée. Le Club est également porteur d'une utopie démocratique qu'il appelle le " civisme républicain ". Uidéal d'une démocratie pacifiée fonde son style mesuré. Transcendant les clivages partisans, il veut constituer le " parti du mouvement " en rapprochant les socialistes et les démocrates-chrétiens. Il mise sur l'élection du président de la République au suffrage universel, mais se brise finalement dans le choc des cultures civique et partisane.
    Après 1965, la IVe République étant enterrée, la guerre finie, et le parti de la gauche non communiste en voie de reconstitution, l'espace ouvert à la fin des années 1950 se referme. Le Club disparaît en 1970, mais son entreprise a mis au jour la vivacité latente de la citoyenneté républicaine dans la société civile. Elle a aussi préfiguré l'émergence de la social-démocratie à la française, qui se manifestera à la fin du xxe siècle.Claire Andrieu est maître de conférences d'histoire contemporaine à l'université de Paris-I et professeur à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle a été membre de la Mission du bicentenaire de la Révolution française et de la Mission d'étude sur la spoliation des Juifs de France.

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  • Le trafic et la consommation de drogue ont explosé en France depuis dix ans. Une enquête exclusive au coeur du système et des secrets de la lutte anti-drogue. Le livre révèle l'ampleur inédite du trafic de drogue en France et décrit les coulisses de la guerre contre les organisations criminelles. Il s'appuie sur des rapports officiels mais surtout sur des témoignages exceptionnels de policiers, douaniers, magistrats, informateurs, trafiquants et consommateurs.
    L'auteure remonte toute la chaîne du trafic, depuis la production au Maroc et en Colombie jusqu'à l'acheminement et la revente en France. Elle décrit aussi les opérations "très spéciales" et les saisies record par les forces de l'ordre. Son enquête, remarquable par son exhaustivité et la qualité de ses informations, démontre que la drogue demeure le plus grand fléau français.

  • Le général de Gaulle fait partie de la très petite cohorte des " grands hommes " dont la vie et l'oeuvre justifient un ouvrage à vocation encyclopédique... Voici donc " Tout De Gaulle ", de 1890 à 1970, à travers son action mais aussi l'analyse qu'il en a lui-même faite.
    Sont présentés et analysés dans ce dictionnaire le milieu dans lequel le jeune Charles de Gaulle a grandi, ses influences littéraires et philosophiques, sa carrière professionnelle, ses propos et son action avant la Seconde Guerre mondiale. Puis de l'appel du 18 Juin à la démission de janvier 1946, l'ouvrage traite l'oeuvre du chef de la France libre, du président du Comité français de la Libération nationale (CFLN) et du chef du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) en relation avec l'histoire de la Résistance, du régime de Vichy, et dans le cadre de la guerre mondiale. Ensuite, le Dictionnaire aborde l'action politique et littéraire du général de Gaulle sous la IVe République, les conditions et modalités de son retour au pouvoir au printemps 1958, l'oeuvre intérieure et extérieure du fondateur de la Ve République jusqu'au référendum du printemps 1969. Enfin, il prolonge la réflexion jusqu'à aujourd'hui à travers l'héritage politique que de Gaulle a laissé et sa place dans la mémoire de nos contemporains.
    De par l'ampleur, la variété et l'originalité des thèmes abordés, sans tabou aucun, ce Dictionnaire de Gaulle est une entreprise ambitieuse et inédite.
    D'abord par le nombre et la qualité des spécialistes réunis ici pour la première fois. Plus de trois cents auteurs, universitaires et chercheurs relevant de disciplines aussi différentes que l'histoire, la sociologie, la psychologie, la science politique et le droit constitutionnel apportent à cet ouvrage les meilleurs éclairages sur toutes les facettes de la vie de Charles de Gaulle. Ensuite, par la richesse des angles de vue retenus. De nombreuses entrées s'attachent à mettre en relief l'action politique du Général, mais d'autres dimensions sont également étudiées : son milieu familial, sa vie quotidienne, sa pensée, son oeuvre littéraire, sa personnalité.Mille entrées présentées dans l'ordre alphabétique, un volume de mille six cents pages sur un seul homme : un outil incontournable pour les chercheurs comme pour le grand public.
    Car tous ceux qui portent de l'intérêt au Général trouveront là une synthèse claire autant qu'une réflexion inédite. Le classement alphabétique, la liste des entrées et l'index permettent un accès facile à cette base de données. Outre les articles thématiques - qu'ils se concentrent sur un épisode précis de la geste gaullienne ou qu'ils couvrent l'ensemble de son existence -, trois cent cinquante entrées biographiques étudient les relations que le général de Gaulle a entretenues avec certains de ses contemporains, chefs d'État étrangers, pairs et/ou rivaux militaires et politiques, compagnons, collaborateurs, journalistes, artistes et écrivains.

  • Quand la haine et la peur gagnent un pays, que la guerre et le massacre se propagent, il est toujours quelques hommes et quelques femmes qui ne se laissent pas entraîner. Sans mot dire, ils se tiennent de côté. Dans le secret et le risque, ils veulent aider plus que dénoncer, protéger plus que détruire. Parfois, ceux-là même qui participent au carnage tentent aussi de sauver. Dans ces situations d'extrême violence, une résistance civile, improvisée, tend à se développer, faite d'une multitude de petits actes individuels et de l'action de quelques organisations clandestines. À partir de trois cas - les génocides des arméniens, des juifs et des tutsis -, cet ouvrage représente la première tentative à la fois internationale, comparative et pluridisciplinaire pour constituer l'acte de sauvetage en objet de recherche, en se dégageant de la catégorie mémorielle du " Juste". Le résultat est d'une richesse exceptionnelle et dérangeante. Impossible de dresser un portrait type du sauveteur, cependant les actes de sauvetage témoignent d'un fait historique : l'existence discrète d'une société informelle de sauvetage - si fragile soit-elle - dès que commence le génocide.

  • Après la seconde guerre mondiale, les spoliations antisémites et les restitutions ont constitué de véritables processus politiques et sociaux révélateurs de leur temps et étroitement liés. Sans la mémoire de ces politiques passées, on ne saurait comprendre les accords internationaux de restitution et les réparations des années 1990. Le caractère international du processus de confiscation initié par l'Allemagne nazie et suivi par ses États satellites n'a pas empêché que les conditions et le degré d'application ont varié d'un pays à l'autre. Après 1945, la politique de restitution a brisé ce système mais elle s'est trouvée confrontée aux difficultés matérielles de l'après-guerre et au caractère parfois conflictuel du retour au droit. En Europe de l'Est, il a fallu attendre l'effondrement du communisme pour que le concept même de restauration des droits de propriété soit admis. Ainsi concentré sur les aspects matériels, ce chapitre de l'histoire de la Shoah renouvelle la réflexion sur la pratique des droits de l'homme, sur les moyens de leur abolition et de leur rétablissement, et sur les conceptions qui inspirent ces politiques. Pour la première fois, un ouvrage décrypte les mécanismes du programme de vol légal et de pillage des biens des juifs au coeur du continent européen. À travers les cas d'une quinzaine de pays - des Pays-Bas à la Roumanie, de la France aux pays baltes en passant par la Suisse, l'Allemagne et la Pologne - ce livre évalue aussi l'efficacité des politiques de restitution de l'après-guerre tout en abordant les réparations de la fin du XXe siècle. Il offre ainsi une perspective comparative inédite sur une période allant des années 1930 à la fin du XXe siècle.

  • Pierre Sudreau appartient à la génération des grands experts-commis modernisateurs des Trente Glorieuses. Son parcours se distingue par des expériences professionnelles très diverses : haut fonctionnaire, ministre, élu, président de nombreux groupements d'intérêt, comités et associations. Il incarne la fraction des élites placée à la frontière entre société civile et société politique, dont le rôle de passerelle active entre plusieurs milieux mérite attention.

    Avec le soutien de la Fondation de la Résistance.

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