Christophe Duhamelle

  • Dans un temps de crispation des identités confessionnelles, les différences confessionnelles deviennent des points d'ancrage de distinctions locales et sociales, de revendications territoriales et politiques. Une histoire de l'identité à l'époque moderne.

    Au XVIIIe siècle, le Saint-Empire forme un espace politique et confessionnel morcelé où les frontières sont omniprésentes. Dans une enclave catholique entourée de protestants, les paysans, confrontés aux réformes des Lumières, soumis aux sarcasmes de leurs voisins, y développent des formes de résistance.
    Ces conflits locaux constituent un laboratoire riche pour saisir à la fois la spécificité du contexte allemand et l'importance de l'identité confessionnelle dans la lecture du monde social.
    Jeux d'échelles entre les différents pouvoirs, importance du droit dans le règlement des relations confessionnelles, construction de l'espace faite de proximité et de distinction, transgression/construction des frontières : l'histoire du confessionnel dans l'Empire apporte des renseignements non seulement sur l'histoire religieuse allemande, mais au-delà sur les liens qu'elle entretient avec l'histoire politique, juridique et sociale.


    Aperçu du sommaire Première partie : Tradition, Lumières et identité Chapitre premier - Aufklärung et dichotomie temporelle Chapitre 2 - Poids de la tradition ou processus d'appropriation ?
    Chapitre 3 - La possessio : droit, temps et Saint-Empire Deuxième partie :Communauté villageoise et identité confessionnelle Chapitre 4 - Pouvoirs et interactions Chapitre 5 - Le curé à la croisée des conflits Chapitre 6 - Cohésion communale et appartenance confessionnelle Troisième partie : Frontière et identité Chapitre 7 - Les Lumières catholiques face aux protestants, de la concurrence à l'imitation ?
    Chapitre 8 - La construction de la frontière Chapitre 9 - Identités spéculaires Quatrième partie : Identité et discontinuités Chapitre 10 - Porosités spatiales Chapitre 11 - Discontinuité des rythmes Chapitre 12 - L'Aufklärung et la chronologie de l'identité confessionnelle

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  • Avant 1803, un dixième des Allemands vivaient dans des principautés ecclésiastiques dirigées par des archevêques Électeurs, des princes-évêques ou des princes-abbés.
    Malmenés par la Réforme, puis méprisés par les Lumières, ces États d'Église ne manquaient pas de contempteurs. Ils ont néanmoins longtemps Perduré, grâce à la force d'inertie d'un Saint-Empire mué en conservatoire des différences, mais aussi parce qu'ils ont su acquérir une grande stabilité, à laquelle leur nature élective (les princes ecclésiastiques sont choisis par des chanoines) ne les prédisposait guère.
    Parmi les évêques ou les chanoines, les mêmes noms reviennent sans cesse.
    En Rhénanie surtout, une catégorie bien particulière de la noblesse allemande, la chevalerie immédiate, est en effet parvenue à établir sur les principautés d'Église un monopole solide et durable. Ces nobles y gagnent le règne, la puissance et la gloire, alors même que leur refus de se soumettre aux grandes dynasties de la région semblait les condamner.
    Ayant saisi le pouvoir, ils sont cependant aussi saisis par lui: ils doivent s'adapter aux conditions de son exercice, qui exige le célibat pour ceux qui le détiennent et interdit toute mésalliance à leurs familles.
    Comprendre la spécialisation ecclésiastique des chevaliers rhénans ne peut donc se faire qu'au travers de leurs comportements familiaux: les stratégies matrimoniales et la discipline des lignages garantissent à la fois la survie de la chevalerie et celle des États d'Église.
    Au confluent du confessionnel, de l'institutionnel et du familial, cet ouvrage démontre donc le processus complexe par lequel un groupe nobiliaire s'identifie à un mode de domination, c'est-à-dire devient son meilleur rempart, mais est également modifié par lui.
    À partir du cas rhénan, cette histoire sociale des institutions du Saint-Empire mène ainsi à une réflexion sur la vitalité des noblesses de l'Europe moderne.

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  • On ne parle pas toujours de la même chose lorsqu'on croit traiter des mêmes sujets. Ainsi de « l'histoire religieuse » pour les Français et les Allemands. Les vingt-six contributions rassemblées dans ce volume mettent en regard deux passés contrastés auxquels les approches historiennes du fait religieux demeurent, dans leur diversité, strictement indexées, tout en portant de part et d'autre du Rhin le regain d'intérêt pour la période dite de la « première modernité ». Il sera question ici de cadres institutionnels distincts et parfois concurrents (« histoire religieuse », histoire de l'Église, histoire et ethnographie régionales) ; de méthodes disjointes, mais rapprochables (sociologie religieuse, confessionnalisation) ; de terminologies intraduisibles qui disent l'écart de deux mondes (« paroisse » et Gemeinde, Geistlichkeit et « clergé ») ; d'événements générateurs de leurs temps et de leurs questions propres (Réforme protestante et « sécularisation », Révolution française et « déchristianisation ») ; de la différence enfin des histoires que l'on écrit selon qu'on se trouve en régime de laïcité ou de distinction confessionnelle. Au-delà d'un dialogue franco-allemand étendu à des objets qui avaient jusqu'alors été pensés séparément, on trouvera ici l'expérimentation d'une historiographie comparée visant à permettre aux uns et aux autres un retour sur soi et sur l'évidence présumée des disciplines, des vocabulaires et des questionnaires.

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