Christophe Bonneuil

  • Du pouvoir de l'atome au consumérisme high-tech, de la guerre à la médecine et à l'agriculture, du pilotage de l'innovation et la gestion du social à la surveillance du climat, rares sont les fragments de notre réalité qui n'ont pas été transformés par les sciences, les techniques et les savoirs au cours du XXe siècle.

    Ce troisième tome nous fait entrer dans les coulisses des mondes universitaires, administratifs et économiques. Il explore la fabrique des savoirs, éclaire leur mise en économie, la manière dont les questions sanitaires et écologiques sont gérées, comme la diversité des connaissances produites par les amateurs, les associations et les think tanks.

    Un tome novateur donne toute la mesure des sciences et des savoirs dans notre monde contemporain - pour le meilleur... et pour le pire.

    Sous la direction de Dominique Pestre (EHESS) et Christophe Bonneuil (CNRS), cette somme magistrale en trois volumes de l'histoire des sciences et des savoirs, de leur fabrique et de leur diffusion transnationale, de la Renaissance à nos jours, réunie une équipe internationale composée des meilleurs spécialistes.

    Avec les contributions de M. Armatte, C. Bigg, C. Bonneuil, S. Boudia, C. Cao, A. Dahan, D. Edgerton, P.N. Edwards, S. Franklin, D. Gardey, J.-P. Gaudillière, N. Jas, C. Lécuyer, J.-M. Lévy-Leblond, V. Lipphardt, Y. Mahrane, T. Mitchell, L. Nash, D. Pestre, A. Rasmussen, J. Revel, S. Schweber, S. Shapin, T. Shenk, S. Visvanathan.

  • Les scientifiques nous l'annoncent, la Terre est entrée dans une nouvelle époque : l'Anthropocène. Plus qu'une crise environnementale, nous vivons un basculement géologique d'origine humaine. Comment en sommes-nous arrivés là ? Faisant dialoguer science et histoire, les auteurs revisitent l'histoire globale des derniers siècles au prisme de l'environnement : le manifeste d'une nouvelle génération d'historiens.

  • Ces dernières années, de nouvelles demandes environnementales, sanitaires et sociales sont venues questionner le modèle de modernisation agricole qui a dominé le XXe siècle. Des perspectives neuves ont également redynamisé l'histoire de l'agriculture et des mondes ruraux.

    Enrichi des apports de l'histoire environnementale, de l'analyse des formes territoriales de construction de la qualité ou de l'histoire des sciences et des techniques, cet ouvrage nous donne à comprendre les modernisations agricoles du XXe siècle non plus comme un triomphe nécessaire de la modernité mais comme un ensemble de choix sociotechniques, parmi des possibles multiples, portés par des groupes d'acteurs situés. Ce livre fait aussi une large place aux perspectives transnationales et comparatives, aux acteurs multiples des dynamiques de modernisation (agriculteurs, scientifiques, conseillers, fonctionnaires modernisateurs, mais aussi industriels, médecins, etc.), ainsi qu'aux controverses, marges d'adaptations et alternatives aux modèles dominants de modernisation agricole.

  • Trop souvent les historiens ont dépeint la période 1945-1968 comme une période de consensus sur la « modernisation » (une catégorie rarement interrogée), sur l'expansion économique orchestrée par l'État et sur les bienfaits des « progrès » scientifique et technique. Portée par la croissance, absorbée par « les choses » (Georges Perec), en marche vers une civilisation des loisirs et de la consommation, la population française aurait joyeusement embrassé, jusqu'au tournant de 1968, un modèle de société industrielle et technologique.
    N'est-il pas temps pour les historiens d'en finir avec les « Trente Glorieuses » ? Cette catégorie historique reprise à l'envie dans les discours médiatiques et les manuels d'histoire fonctionne comme un mythe aux multiples facettes.

  • Les sciences et les techniques sont au coeur de nos vies quotidiennes et constituent les piliers de notre modernité. Elles ont transformé les modes de vie, les relations de pouvoir, nos identités et nos imaginaires. Controverses sur les OGM, enjeux du changement climatique et de sa prévision, nouveaux imaginaires véhiculés par Internet ou les jeux vidéo... Comment analyser les liens inextricables qui les relient ?

  • Depuis quelques années, la contestation des organismes génétiquement modifiés (OGM) a jeté en pleine lumière des questions qui, jusque-là, n'avaient guère mobilisé l'opinion publique. D'où proviennent les variétés de légumes, de fruits et de céréales que nous consommons?? Est-il légitime qu'elles fassent l'objet de formes restrictives de propriété intellectuelle?? Le «?progrès?» passe-t-il nécessairement par l'homogénéisation génétique des plantes cultivées au détriment de la biodiversité?? L'agriculture industrielle ne rend-elle pas les paysans dépendants des grandes firmes semencières et agrochimiques?? Cet ouvrage révèle comment certains choix particuliers ont été faits dans le passé et présente les multiples voies alternatives qui s'ouvrent aujourd'hui en matière de sélection variétale : agricultures écologiques, semences paysannes... autant de moyens qui permettent d'«?innover autrement?».

  • Ce livre retrace l'histoire des transformations conjointes de la génétique et de la société depuis cent cinquante ans. Trois grands régimes de production des savoirs et des innovations émergent. Au régime de la semence domestique succède après la seconde guerre mondiale le régime du progrès génétique planifié ; chercheurs et fonctionnaires, en lien avec la profession, produisent et régulent l'innovation variétale pour moderniser la « ferme France ». Ces régulations cèdent ensuite la place au régime contemporain de profit génétique mondialisé, creuset des OGM.Cet ouvrage s'adresse à ceux que l'avenir des semences, de l'alimentation et de la biodiversité préoccupent.

  • L'agriculture se réduit-elle à une application, plus ou moins rapide et réussie, des préceptes de la science ? Comment les rapports entre recherche, pratiques agricoles et société se sont-ils transformés ? Analysant les modes de production, de circulation, de standardisation des connaissances scientifiques et des innovations techniques, l'ouvrage nous transporte des crises alimentaires de la fin du XIXe siècle à la fin du XXe siècle, de l'Institut des recherches agronomiques de 1921 à l'Inra, de Pasteur aux OGM.

  • La protection de l'environnement devient un marché particulièrement juteux. On connaît déjà le business du développement durable et de la croissance verte. Un pas supplémentaire est toutefois en passe d'être franchi : désormais, les terres, les forêts, les animaux et les végétaux sont transformés en produits bancaires et financiers. De fait, selon le vieil adage " tout ce qui est rare est cher ", les espèces vivantes en voie de disparition, les terres et les écosystèmes menacés prennent de la valeur. La nature devient alors un capital sur lequel il est possible de spéculer.

    Cette enquête raconte l'histoire de la mainmise économique et bancaire sur les ressources vivantes à l'échelle planétaire, une véritable entreprise de prédation. Elle révèle que des banques et des fonds d'investissement achètent aujourd'hui d'immenses zones naturelles riches en espèces animales et végétales en danger, partout dans le monde, pour les échanger sur des marchés. Elle dévoile également le rôle crucial des lobbies, qui s'activent auprès des institutions européennes et internationales pour favoriser le développement de cette branche financière du green business.

    Sandrine Feydel et Christophe Bonneuil nous conduisent en Ouganda, au Brésil, en Amazonie, aux États-Unis et en Malaisie, où des bio-banques " protègent " désormais des écosystèmes en danger. Ils décrivent les dangers auxquels se trouvent alors exposés les populations locales et leur environnement naturel. Ils montrent enfin que ce sont souvent les entreprises les plus destructrices de l'environnement, comme les industries minières et pétrolières, qui s'intéressent à ces marchés, et que les institutions financières responsables de la crise des subprimes en 2008 n'en ont décidément tiré aucune leçon et nous préparent un " krach vert "...

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