Christine Peltre

  • L'ouvrage s'inscrit dans les recherches contemporaines sur l'histoire du voyage dont la croisière, à voile ou à vapeur, est l'une des formes modernes. Du XIXe au XXIe siècles, la « mythologie de la navigation », selon la formule de Roland Barthes, est approchée dans une conception pluridisciplinaire, avec des spécialistes en histoire, en littérature, en histoire de l'art, en arts visuels.

  • Catalogue officiel de l'exposition L'Orient des peintres, du rêve à la lumière du 7 mars au 21 juillet 2019. Riche d'une soixantaine de chefs-d'oeuvre provenant des plus importantes collections publiques et privées d'Europe et des États-Unis (musée du Louvre, musée d'Orsay, musée des Augustins de Toulouse, la Städtische Galerie im Lenbachhaus de Munich, la collection Thyssen-Bornemisza de Madrid, le Rijksmuseum d'Amsterdam, le Sterling and Francine Clark Art Institute de Williamstown), cette manifestation entend révéler à travers ce voyage un nouveau regard sur cette peinture. Portés par le souffle de la conquête napoléonienne, les peintres européens ont fantasmé l'Orient avant de vérifier leur rêve dans le voyage. Pourtant, ce dernier ne fait pas disparaître un fantasme indissociable de la figure féminine, celle de l'odalisque, ou femme de harem, et continue de nourrir les peintres, d'Ingres et Delacroix aux premières heures de l'art moderne. « L'atelier du voyage » apporte cependant une connaissance de l'architecture et des arts décoratifs qui infléchissent progressivement une pratique classique vers une géométrisation et conduit à la recherche d'une harmonie entre corps humain et ornement abstrait, de Gérôme et Landelle à Vallotton, Migonney, Bernard ou même Matisse. D'autre part, l'expérience du paysage, des scènes de la vie quotidienne en plein air, nourrit de nouvelles pratiques et précipite l'émancipation de la couleur. Dans l'éblouissement de la lumière d'Orient et face à des spectacles inconnus, le peintre invente de nouvelles manières de peindre. Des paysages de Fromentin ou de Lazerges aux prémices de l'art moderne, des Impressionnistes et Néo-Impressionnistes aux Fauves, à Kandinsky et à Klee, la couleur se libère peu à peu de l'exactitude photographique. La naissance de l'abstraction ainsi passe par l'Orient : l'exposition sera alors l'occasion de découvrir certains aspects moins connus de l'art moderne à sa naissance.

  • « Un charme dont je ne me déprendrai jamais m'a été jeté par l'Islam », avouait Pierre Loti en 1892. Bien d'autres avant lui avaient été « victimes » de ce sortilège. Dès le début du XIXe siècle, peintres et écrivains voyageurs découvrent l'importance des arts de l'Islam. Ils sont les premiers « passeurs » de l'Orient, rapportant dessins, objets et descriptions et s'interrogeant sur ces pays. Les architectes y contribuent avec les travaux de Pascal Coste ou de Jules Bourgoin, qui recherchent la « clé géométrique » de l'art arabe et révèlent une « autre poétique ». Esthètes et érudits tels Delort de Gléon, Goupil-Fesquet, Adalbert de Beaumont, Davillier ou Prisse d'Avennes rassemblent des collections, publient planches et documentations. Les Expositions universelles stimulent la renaissance des arts industriels et la vogue orientaliste. Au fil des premières expositions d'« art musulman », collectionneurs et conservateurs écrivent les chapitres d'un art resté longtemps sans histoire et qu'illustre désormais le huitième département du Louvre.
    Christine Peltre retrace ici l'itinéraire d'une redécouverte, au long d'un siècle qui apprend à « voir avec d'autres yeux ».

  • Les orientalistes

    Christine Peltre

    • Hazan
    • 28 March 2018

    Nouvelle édition revue et augmentée de l'ouvrage de référence sur les Orientalistes. En 1997, dans une synthèse qui fit date, Christine Peltre retraçait les grandes étapes d'un mouvement pictural inspiré par la passion de l'Orient, rêvé ou approché. La production artistique fait écho à la «  question d'Orient  » qui agite l'Europe du xixe siècle. Né avec la campagne d'Égypte de 1798, l'intérêt des artistes pour le sujet est attisé entre autres par l'insurrection grecque en 1821 ou par la prise d'Alger en 1830. Aux inspirations romantiques où rayonne l'oeuvre marocaine de Delacroix succèdent les approches «  ethnographiques  » de voyageurs en quête d'altérité, avant les bouleversements esthétiques formulés par Matisse ou Kandinsky autour de l'exposition d'art musulman de Munich en 1910.
    Depuis 1997, monographies, expositions et actualités sont venues étoffer les connaissances sur le mouvement orientaliste et développer notre intérêt pour le sujet. Vingt ans après la première édition et après plusieurs réimpressions, ces nouveaux Orientalistes déploient une vision augmentée d'une question qui interroge le regard porté sur l'autre. On peut en effet parler d'«  orientalisme des Orientaux  » en étudiant les sujets traités à la fin du xixe siècle ou au début du xxe par des peintres de Turquie ou d'Afrique du Nord, souvent formés par des ateliers européens. Dans le même temps, le regard des artistes occidentaux est fécondé par une connaissance approfondie des arts de l'Islam, souvent présents dans leurs propres collections. Il faut «  voir avec d'autres yeux  », remettre en cause les clichés et les «  mélopeintres  », voire chercher un autre langage plastique qui s'inspirerait d'une tradition proprement orientale.
    Le regard justement, qui fait de l'autre un oriental ou qui questionne le rôle de la femme, s'affirme aujourd'hui dans les oeuvres d'artistes issues de ces cultures, les «  Nouvelles Shéhérazades  ». Une autre géographie de l'Orient occidental est-elle en train de se dessiner  ? Christine Peltre tente d'apporter une réponse à ces histoires croisées, entre plusieurs cultures, entre art et histoire, entre politique et société, dans un livre abondamment illustré. Filtres de leur temps, chaque oeuvre, chaque artiste, retiennent l'éclat d'un Orient qu'il est urgent de redéfinir.

     

  • L'appel de l'orient chez les littérateurs et poètes, les musiciens, les architectes et les peintres. commentaires d'oeuvres, anthologie de textes, notices biographiques forment ici un outil indispensable à la connaissance de cette constante culturelle de l'occident

  • « Il n'est de départ que vers le soleil », écrit Colette, tandis qu'un Guide de l'Algérie invite à « la course au soleil ».
    Pour appréhender le voyage en Algérie, Tunisie, Maroc de 1850 à 1930, Christine Peltre fait oeuvre pionnière :
    Mettant en regard les images colportées par les guides et la réclame avec celles créées par Stendhal, Gide et les autres, elle révèle un tourisme où les imageries le disputent aux mirages.
    C'est en creux, pour recomposer des mythes, qu'affleurent les réalités coloniales. À travers les « lunettes bleues » dont il est invité à se munir, le voyageur en partance ne se voit proposer que visions orientalistes et « villes d'or », puis les charmes du désert, parfois les arts de l'Islam, jamais « d'aller boire de l'anisette sous les voûtes du port » comme dira Camus...

  • Abordant avec une précocité étonnante les genres du portrait ou de la peinture d'histoire, la gravure, les grands décors pour des édifices civils et religieux, Théodore Chassériau (1819-1856) a laissé une oeuvre dense où triomphent un style, une inspiration immédiatement identifiables, par la nervosité du trait ou les audaces de la couleur.
    Chassériau, pourtant, reste aujourd'hui un artiste méconnu. Son oeuvre se réduit le plus souvent, dans les histoires de l'art, aux mêmes reproductions, celles de La Toilette d Esther ou du Tepidarium. Quant à limage du peintre, elle est encore dessinée par le jugement du XIXe siècle : élève prodige dans l'atelier d'Ingres - qui pressentait en lui le " Napoléon de la peinture " -, Chassériau aurait rejoint Delacroix que, selon Baudelaire et d'autres après lui, il " cherche à détrousser " dès 1845.
    L'ouvrage de Christine Peltre tente de redéployer dans une abondante iconographie la richesse de Chassériau et, à la lumière des recherches récentes, s'attache à renouveler son approche - la dernière étude complète consacrée à l'artiste date de 1974. Personnalité du " Paris moderne ", celui de Tocqueville ou de la comtesse d'Agoult, le peintre souhaite " rajeunir " l'histoire du monde, et l'on peut dans certaines scènes retrouver les accents des conférences de Lacordaire, dont il a fait le portrait en 1840.
    Amant de l'actrice Alice Ozy, ami de la tragédienne Rachel, Chassériau s'exprime dans sa peinture en homme de théâtre et il donne de Shakespeare une vision personnelle et inspirée. Dans l'exotisme enfin, avant comme après le voyage d'Algérie en 1846, il trouve des possibilités d'expression nouvelle en mêlant Orient et Occident : de certains panneaux du décor de la Cour des comptes ou des scènes de baptême de l'église Saint-Roch, on peut dire, avec Théophile Gautier, qu'ils sont d' " un Indien qui a fait ses études en Grèce ".
    Les dessins, riches de nombreuses annotations, retracent le cheminement des oeuvres et la complexité d'une inspiration avide de liberté qui, loin d'être bridée par l'encombrant parrainage de deux maîtres, a sans cesse recherché des voies nouvelles, comme en témoigne symboliquement, peu avant la mort de l'artiste, la jeunesse ardente de La Défense des Gaules (1855).

  • « Et les femmes ? » s'interroge Théophile Gautier dans son Constantinople en 1853.
    Assurément, il n'a pas tout dit. C'était, il est vrai, avant l'âge d'or de la carte postale où s'inscrit une autre vision de l'Orient féminin. Certes, les Odalisques chères aux peintres du XIXe siècle n'y sont pas absentes. Et les Albanaises, Arméniennes, Bosniaques ou Macédoniennes qui voyagent sur cartes postales, ainsi que les « Dames turques » chères à Loti et les silhouettes modernes de l'époque kémaliste, satisfont un certain goût de l'exotisme. Mais, sous le jour plus réaliste de la photographie, ces représentations ont aussi une visée ethnographique et témoignent, avec les textes contemporains qui les éclairent, d'une évolution de l'imaginaire européen, explique l'historienne Christine Peltre.

  • Orientalisme

    Christine Peltre

    • Terrail
    • 22 September 2010

    L'orientalisme, dont le voyage est l'atelier, se définit d'abord par l'exploration de territoires inscrits, pour l'essentiel, dans les limites de l'Empire ottoman.
    De Delacroix à Paul Klee, en privilégiant l'expression française, cet ouvrage retrace les étapes d'un mouvement artistique multiforme dont on reconnaît de plus en plus l'importance. "Le monde est moins réel que ce qui active notre vie intérieure", écrit dans La voie cruelle Ella Maillart, l'une des grandes voyageuses du XXe siècle. Cette rencontre entre l'intime et l'étrange, entre l'autre et le même, définit la pratique itinérante et s'applique aussi à l'orientalisme.
    Loin d'être seulement le fruit d'une lecture de cartes ou des fluctuations de tendances, ces oeuvres sont au croisement de territoires objectifs et d'imaginaires sculptés par un milieu. Les confrontations entre l'ici et l'ailleurs suscitent, au travers de filtres culturels, des regards propres aux artistes d'Occident, qui sollicitent aujourd'hui nos interprétations.

  • Le mouvement d'artistes que l'on salua dès le XIXe siècle du nom d' « École de Metz » apparut au cours des années 1830 sur la scène locale comme aux Salons de Paris. Issus des écoles municipales, puis élèves des ateliers de la capitale, Charles-Laurent Maréchal, Auguste Migette, Aimé de Lemud, Théodore Devilly, Auguste Rolland et les amis ont animé à Metz une vie artistique où dialoguent peinture, littérature et musique.
    L'admiration pour Delacroix, l'ouverture sur l'Allemagne, le goût pour le Moyen Âge, entretenu par le passé de la ville, nourrissent une création qui associe art et industrie.

    Sur commande
  • La notion d'"école", ancienne et d'utilisation internationale, est un outil d'investigation familier des historiens de l'art: les musées et les bibliothèques en font un usage constant. Cette notion n'a pourtant pas fait l'objet d'une étude monographique, et le présent ouvrage en ouvre le chantier.
    Des chercheurs français et étrangers s'interrogent ici sur l'évolution de cette notion de l'Antiquité à nos jours - à propos de l'architecture, de la sculpture ou de la peinture - et jusque dans ses implications stylistiques, historiographiques et territoriales.
    Ces travaux rejoignent les recherches actuelles ; ils manifestent l'association étroite qui s'est progressivement créée entre l'histoire de l'art et la géographie - relation qui tend à se déconstruire au XXe siècle, suite aux dérives nationalistes.

    Sur commande
  • Un voyage sur plus de deux siècles au travers d'oeuvres inédites de la collection.
    Ce catalogue d'exposition reprendra 200 oeuvres exposées, issues du fonds de peinture du musée du quai Branly - Jacques Chirac, datant de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du xxe siècle.
    Ponctué par une dizaine d'essais des plus grands chercheurs et conservateurs français, l'ouvrage explorera les différentes facettes de cette peinture des "lointains", de la fascination romantique pour les îles exotiques, en vogue vers la fin du xviiie siècle avec des ouvrages tels que Paul et Virginie, à l'attrait de l'orientalisme. Ces essais cherchent à refléter l'histoire artistique et politique de cette période.
    Cet ouvrage résulte d'une étroite collaboration avec le musée du quai Branly - Jacques Chirac et tente, tout comme l'exposition, de faire découvrir un aspect largement méconnu de la collection du musée.

    Auteurs: LIGNER, SARAH ; GOETZ, ADRIEN ; JARASSE, DOMINIQUE ; HOUSSIAS, LAURENT ; FAYAUD, VIVIANE ; PELTRE, CHRISTINE ; BOELL, DENIS-MICHEL ; FRIOUS SALGAS, SARAH

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