Langue française

  • Oblique

    Christine Jeanney

    « Comme le désir sexuel, la mémoire ne s'arrête jamais », écrit Annie Ernaux dans Les années. « Elle apparie les morts aux vivants, les êtres réels aux imaginaires, le rêve à l'histoire. » L'oblique est un regard que l'on jette derrière soi, à un moment donné, pour pouvoir repartir. La mémoire est notre béquille. S'asseoir à côté de quelqu'un qui raconte en un souffle les trajectoires familiales, et c'est tout un flux d'images et de paroles qui se déploie, non pas à la vitesse de la lumière mais à la vitesse de la mémoire. Cette voix en nous-mêmes prête à conter la légende familiale et les drames du passé, l'écho des souvenirs, le staccato du flux photographique, nous la portons car « il reste des séquelles des autres corps » en nous.

    Oblique est l'un de ces livres qui savent à la fois fragmenter la mémoire comme les petits morceaux aimantés de Ligeti et lui donner l'élan du souffle unique, la tension tenue d'une injonction mythologique : ne te retourne pas.


    « Je n'ai pas raconté d'histoires. La vie est un fouillis qui tourne en tenant sur son coeur un morceau de la valse de Sibelius, parfaitement triste et parfaitement inimitable. »

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  • Yoko Ono réinventée. Elle est à la fois le message et le medium de ce roman kaléidoscopique qui la prend pour objet. De ses créations d'art contemporain à sa musique en passant par son histoire intime avec John Lennon, la mythologie qui a pu en naître, mais aussi son enfance, ses zones d'ombres et sa postérité, c'est un portrait fractal qui se dessine. Un portrait zen composé d'une infinité de petits tessons de porcelaine brisée, dont chaque fragment contiendrait une clé possible de son oeuvre. Une maison ouverte à chacun, un atelier de travail dont l'écriture, limpide, nous entraine dans une danse (et une transe) créatrice. En cela, c'est aussi une enquête minutieuse : les morceaux sont bien faits pour être recollés. Ou recomposés encore dans le travail d'invention plastique effectué par Christine Jeanney et qui accompagne la lecture de ce livre.

    Le monde est rempli d'eaux mouvantes ; d'eaux submergeantes ; d'eaux porteuses. Assise sur les genoux, immobile et lointaine, elle les regarde pendant qu'ils viennent la dévorer ; Nous sommes l'eau, dit-elle.

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  • « Statistiques : une femme sur sept. » C'est tout ce qu'on saura sur ce qui justifie l'hospitalisation de la narratrice. Texte sans pathos : on examine le temps, les objets, les couloirs, les lumières. La reproduction de Dufy au mur, la translation qu'on fait de son corps jusqu'aux toilettes. Un bruit d'école dans le lointain. On interroge la relation sociale, même dans le détail et le grossissement des conversations qui vous rejoignent là, infirmières notamment : les places, croirait-on, sont interchangeables.

     

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