Chloé Poizat

  • L'étymologie n'est jamais une folle du logis. De son origine (phantazo) phantasma a conservé l'idée de rendre visible, d'exposer à la vue, de montrer, d'où ces notions d'apparition, de spectre ou de fantôme. On trouve également dans le Nouveau Testament une occurence de phantazo traduit cette fois par le mot spectacle. Et si terrifiant était ce spectacle que Moïse dit :
    Je suis épouvanté et tremblant (Épitre aux Hébreux, 12.24). À cet égard toutes les apparitions qui prennent ici corps, en adoptant contours, figures, couleurs, composent un spectacle tout aussi captivant que déroutant, au point que le spectacle en arrive à devenir une histoire, comme s'il pouvait exister des narrations à dessiner, des narrations de l'apparition même, dont les compositions de Chloé Poizat écriraient quelques lignes. Une histoire des formes, des modes et des matières de l'apparaître, non pas comme de simples surfaces qui ne seraient qu'apparences ou reflets, mais comme des images d'êtres débouchant de leurs plus anciennes origines, de leurs plus lointaines profondeurs.

  • Un recueil de dessins figuratifs ou non, souvent sombres, empreints de mystère et d'étrangeté.

  • Bal de têtes

    Chloé Poizat

    Cheminées ; corps décapités, têtes coupées, troncs mutilés, tout témoigne de quelque catastrophe inouïe, comme effacée de notre mémoire. Enveloppés par une horreur muette, nous nous aventurons dans le monde des cauchemars, à la rencontre de fantômes ambigus.
    Chien à tête de chou ou homme à tête d'escargot, fillette en feu, ces apparitions, flottent à la frontière du rêve et de la réalité, du conscient et de l'inconscient, condamnées à une errance éternelle. Bal de tête est le produit d'une contrainte que l'auteur s'est imposée à elle-même : réaliser dans des carnets de petit format un dessin par jour pendant un an. De cette volonté d'ouvrir la porte à l'inconnu, de ce désir de formes surgissant de manière presque automatique est né un cabinet de curiosités hanté par des créatures mi-bestiales, mi-humaines, issues de croisements improbables ; une parade de monstres de foire qui attendaient tapis dans l'inconscient de l'auteur qu'elle leur ouvre la porte et que leur heure advienne enfin.
    Dans ces carnets, Chloé Poizat a donné forme aux peurs ancestrales, aux créatures nocturnes, que nous aurions voulu oublier. On s'attend à croiser, au hasard de son univers absurde, Odilon Redon, Gourmelin, ou Virgil Finlay. Et l'ombre de Lautréamont n'est pas loin.

  • Rimbaud

    Chloé Poizat

    • Mango
    • 30 July 1999
  • Machines

    Chloé Poizat

    Sur commande
  • Gianpaolo Pagni et Chloé Poizat sont tous les deux artistes plasticiens et illustrateurs.
    Ils vivent ensemble depuis vingt ans et partagent le même atelier depuis huit ans.
    En août 2011, ils décident d'entreprendre un travail commun sur une même feuille de papier, avec pour règle de commencer le dessin à tour de rôle. Chloé travaille au stylo-encre et Gianpaolo aux tampons.
    Nos pièces montées, c'est jouer avec le dessin de l'autre, le métamorphoser, se l'approprier, se défier, accepter de ne pas terminer son dessin, qu'il change de direction, qu'il soit sauvage.
    Une fois encore, après Bal de tête, Chloé Poizat explore son territoire peuplé de monstres et de créatures errantes. Dans ce livre, Gianpaolo Pagni les met en scène, les anime par le mouvement de la couleur et la répétition des motifs, pour en donner un sens nouveau.

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