Catherine Verna

  • Cet ouvrage, fondé sur une enquête au plus près des sources et qui emprunte ses méthodes à la microhistoire, restitue une autre réalité et propose un autre modèle économique des campagnes médiévales. Le lieu en est la vallée du Vallespir qui borde le massif du Canigou (Pyrénées-Orientales) et, en particulier, le bourg d'Arles-sur-Tech. Le temps est celui de la fin du Moyen Âge, les XIVe et XVe siècles, quand la Couronne d'Aragon s'étend au-delà des Pyrénées vers la plaine du Roussillon, le Vallespir et le Conflent.
    Des milliers d'actes notariés témoignent encore aujourd'hui de la passion de l'écrit qui traverse cette société de montagne et se concrétise dans les études notariées des bourgs et des villages. Les affaires s'y nouent, les contrats sont établis, les réussites et les échecs enregistrés. La vallée du Vallespir est un district industriel, traversé et unifié par des circulations de produits, de capitaux et de savoirs, portées par des entrepreneurs ruraux dont les biographies ont été patiemment reconstituées. Elles permettent d'explorer de façon neuve l'économie des campagnes. Entreprises muletières, teintureries et ateliers de corroyage, mines, forges et fonderies, scieries sont des lieux de travail où se croisent main-d'oeuvre locales et étrangères, souvent qualifiées et aux horizons lointains. Si les financements de l'industrie peuvent provenir de la ville proche, des membres de la notabilité des bourgs pourvoient activement aux investissements dans des entreprises qui sont souvent détenues par leurs voisins et leurs proches. Ces espaces de travail et d'échanges sont aussi des territoires techniques où se déploient des innovations comme autant d'expériences partagées et simultanées à l'échelle du continent européen et dont témoigne aussi l'industrie au village.

  • L'intersection entre science et technique est-elle, pour le Moyen Âge, scientifiquement pertinente ? La question mérite d'être posée. En effet, quels rapports établir entre pensée technique et pensée scientifique, qui sont souvent étudiées indépendamment l'une de l'autre ou, au mieux, selon un modèle historiographique hérité du XIXe siècle faisant de la technique une simple application de la science ? Ce volume, réunissant les recherches d'historiens des techniques et des historiens des sciences, propose un examen attentif des modalités de ce croisement, au travers du contexte et des démarches spécifiques de chaque cas considéré. Ensemble, les études réunies ici jettent un éclairage nouveau sur des liens beaucoup plus profonds qu'il n'a souvent été imaginé.

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  • Ce volume rassemble les actes d'un colloque tenu au Conservatoire national des arts et métiers et à la Cité des sciences et de l'industrie en 2001.
    Les discontinuités techniques examinées à la lumière de la notion de " révolution industrielle " en constituent le sujet central Les auteurs, convaincus de la diversité des expériences en Europe et dans les mondes extra-européens, proposent de faire un nouvel usage de la notion de " révolution industrielle " Loin de réduire le changement technique au front étroit des secteurs pionniers et de la grande industrie, ils mettent l'accent sur la pluralité des modes de production, sur les relations dialectiques nouées entre les générations techniques et sur la multiplicité des formes de l'innovation.
    L'artisanat, longtemps relégué dans la routine et le passéisme, apparaît riche de ressources Ces études offrent une vision différenciée et non finaliste des processus d'intensification technique. L'échelle chronologique est celle des longues durées, du Moyen Âge à l'époque contemporaine. Dans leurs approches spatiales, les auteurs ont privilégié les changements d'échelle et les comparaisons. Par leur relecture du concept de " révolution industrielle ", les historiens des techniques apportent ainsi une contribution majeure à la discipline historique dans son ensemble.

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