Catherine Pozzi

  • " Mercredi 2 mars 1898 : en écrivant ces pages, je ne voudrais pour rien au monde qu'elles fussent profanées par un regard indifférent, mais je voudrais qu'elles restent.
    Qu'elles restent, non pas comme un exemple de style - oh loin de moi cette idée ! je ne travaille pas ces lignes ; j'écris sans chercher ce qui me vient du coeur - mais comme un intéressant document psychologique sur ce que pouvait être l'état d'âme d'une petite fille, qui écrirait sincèrement, par cela même qu'elle écrirait pour elle, et qui dirait simplement tout ce qu'elle ressent, tout ce qu'elle souffre ou tout ce qu'elle pense.
    Je voudrais que ces livres restent, parce que je veux qu'on connaisse mieux les enfants - on ne les connaît pas : la plupart voient en eux de petits êtres frivoles incapables de penser - je veux dire aux indifférents combien un enfant peut souffrir, combien une jeune fille peut être seule. " CATHERINE POZZI, 15 ans

  • Agnès

    Catherine Pozzi

    Publiée pour la première fois en 1927, sans nom d'auteur, dans la NRF, Agnès est une nouvelle autobiographique.
    Comme l'a écrit Patrick Kéchichian dans Le Monde : " Ce " jeu de l'âme et du hasard " dans lequel l'héroïne " engage le vrai de l'être avec la hardiesse de l'amour " est écrit dans un style nerveux merveilleusement efficace. L'intuition psychologique éclaire la passion de connaissance et donne au texte tout à la fois sa pertinence et son impertinence. ".

  • Journal, 1913-1914

    Catherine Pozzi

    • Libretto
    • 4 February 2005

    L'oeuvre de Catherine Pozzi (1882-1934) est brève : une nouvelle autobiographique (Agnès, 1927) longtemps attribuée à Paul Valéry ; six Poèmes qui sont parmi les plus hautes réussites de ce genre dans la langue
    française du XXe siècle et qui la firent comparer à Louise Labé ; et ce Journal (1913-1934) dont la lucidité blessée ne se peut comparer qu'à celle des Confessions de Rousseau ou d'Augustin.

    Indisponible
  • Au sujet de Catherine Pozzi (1882-1934), Jean Paulhan écrivait au jeune Dominique de Roux, vers 1963 : « Karin Pozzi était une grande jeune femme, gracieuse et laide, qui fut la femme de É[douard] Bourdet, la mère de Claude B[ourdet] et la maîtresse de Valéry (à qui s'adresse le poème « la grande amour.») Elle n'a pas écrit d'autres poèmes que ceux-là, mais une sorte d'essai métaphysique : Peau d'âme (chez Buchet) et deux ou trois notes qui ont paru dans la nrf (une sur Julien Lanoë). Ah, et un admirable récit, Agnès (nrf). » Presque quarante ans plus tôt, Jean Paulhan, nommé depuis peu rédacteur en chef de La Nouvelle Revue Française, avait fait la connaissance de cette femme fragile et tuberculeuse, énigmatique et hautaine - alors la maîtresse de Paul Valéry - qui venait de refuser de signer de son nom son premier texte publié, Agnès. Du cryptage compliqué des premiers temps (1926-1927) aux dérobades de l'écrivain avéré (1930-1932), jusqu'aux tensions et malentendus (1932-1934) autour d'une oeuvre inachevée de Catherine Pozzi, Peau d'Âme, cette correspondance croisée entre un auteur hypersensible et son éditeur pressant et intrigué donne à comprendre la difficulté croissante d'une relation que son Journal 1913-1934 laissait déjà transparaître : chaque nouvel écrit de Catherine Pozzi, envoyé « à l'ami, non au grand Directeur », est l'occasion d'une nouvelle crise d'incompréhension mutuelle. « Il y a tant de raisons d'écrire, outre celle de publier, expliquait Catherine Pozzi à Jean Paulhan, dans sa lettre du 10 juin 1931. Par exemple exalter la conscience, l'attention ; tracer un chemin ; son chemin ; détruire ; croître. Et tout se ramène à une certaine forme de vie, qui est l'oeuvre par excellence, et dont, peut-être, la chose écrite se détacherait plus naturellement et moins perceptiblement s'il était admis qu'en effet la vie soit l'oeuvre. Cette opinion est d'ailleurs démodée, tout athénienne qu'elle soit. »

  • Détruite ? perdue ? séquestrée dans les profondeurs des bibliothèques publiques ? pendant trois quarts de siècle, toutes les rumeurs, chacune traînant sa part de vérité, ont couru sur le destin de cette correspondance, réputée sulfureuse.
    On en parlait peu dans le monde, encore moins, forcément, dans la presse. dans les publications où il était impossible d'esquiver le sujet, on s'ingéniait le plus souvent à occulter le nom des correspondants. mais les temps ont changé, les moeurs aussi, et la voici enfin, exhibée au grand jour, cette étonnante correspondance, ou du moins ce qu'il en reste : un grand pan d'une histoire d'épanouissement amoureux et de crise affective et intellectuelle - sans doute l'essentiel.
    Sur fond de salons parisiens et d'opulentes villégiatures que peuplent le beau monde et les têtes pensantes des années vingt (croquées d'un trait volontiers acerbe) se déroule une relation houleuse, où, de part et d'autre et de façon répétée, un désespoir insondable succède à une indicible plénitude. disons-le : ces lettres forment, dans leur genre, une manière de chef-d'oeuvre.

  • Connaissez-vous un confident qui ne dit rien mais retient tout, qui jamais ne se déplace mais toujours vous attend ? Jules Renard, André Gide et Catherine Pozzi, trois fortes personnalités du début du vingtièle siècle, l'ont trouvé et aujourd'hui vous pouvez le rencontrer... En ouvrant leur journal, plongez dans l'intimité de ces trois êtres tour à tour drôles et tourmentés, attachants et désespérés. Vous découvrirez aussi de manière originale une période du passé bien agitée, une autre façon de se plonger dans l'histoire !

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