Casanova

  • Respecter une oeuvre longtemps malmenée, et par là renouveler l'image de Casanova ; faire en sorte que l'on considère l'écrivain et non plus seulement l'aventurier, et pour cela établir enfin une édition respectueuse du manuscrit avec lequel se confond l'Histoire de ma vie : tel est le projet de cette entreprise, aujourd'hui achevée. Le texte est scrupuleusement transcrit ; la langue propre à Casanova, respectée en tout point ; les repentirs de l'écrivain, lisibles au bas des pages, comme les notes qui fournissent la «traduction» des mots ou des passages susceptibles de faire difficulté. Au texte d'Histoire de ma vie s'ajoutent d'importants appendices, qui proposent pour l'essentiel des écrits de l'auteur, mais aussi le témoignage de quelques-uns de ses contemporains, qui l'ont connu, lu, aimé, ou qu'il a marqués, durablement.
    Le premier volume de cette édition retraçait la jeunesse vénitienne - le «bel âge» -, jusqu'à l'évasion de la prison des Plombs. Voici Casanova exilé. Il a trente-deux ans. On le retrouve à Paris, «en devoir de faire fortune». Les années 1757-1763 (t. II de notre édition) sont fastes. Naviguant dans les coulisses du pouvoir, opulent, éblouissant, Casanova roule carrosse. Mais une fabrique de toiles peintes le ruine. Son goût pour la magie, la cabale, l'alchimie lui vaut des succès qui tourneront à l'aigre. Affaires, plaisirs, fuites parfois : il voyage dans l'Europe de la guerre de Sept Ans, manque être enrôlé comme soldat, se jette dans un couvent, aspire un temps à une vie retirée, puis s'élance à la poursuite d'une belle amazone. Les longues fiançailles avec Manon Balletti restent sans suite. Le mariage est «le tombeau de l'amour». Casanova commence à se déclarer «libertin».
    En 1763 (t. III de notre édition), il est à Londres. Une syphilis le met en danger de mort. Vient le temps des longs voyages : Allemagne, Russie, Pologne, Espagne. La politique européenne le passionne. Il tente en vain de plaire aux souverains. Déceptions, errances, dettes. Quelques jolies passions encore, mais aussi de vilaines «galanteries». À mesure que le récit avance, le passage du temps se fait plus sensible. L'heure des bilans est venue. La maturité dépossède Casanova de sa véritable nature. Il a quarante-sept ans déjà, un «âge méprisé de la fortune». Il se rapproche de Venise.
    L'Histoire de ma vie s'interrompt à la date de 1774, à la veille de son retour. Inachèvement accidentel, ou volonté de ne pas raconter la fin? À Venise, désormais, Casanova est un indicateur aux services des inquisiteurs. Pouvait-il investir les années 1774-1798 (date de sa mort) d'un désir qui était lié à l'énergie et à la séduction? Il revient sur l'ensemble de son histoire, lui donne un nouveau titre, Histoire de ma vie jusqu'à l'an 1797, mais n'en prolonge pas le récit. Dans la préface qu'il écrit alors, c'est de ses «folies de jeunesse» que le lecteur est invité à se réjouir avec lui.

  • Ceux qui croient qu'une dupe ne puisse être qu'un sot sont dans l'erreur, car il ne s'agit que de sottise partielle : voilà pourquoi un homme d'esprit est plus sujet à devenir dupe d'un imposteur d'un grand sot.

  • Né à Venise et côtoyant les plus grandes personnalités de son temps, Casanova voyage tout au long de sa vie de Venise à Vienne, de Paris à Londres, Berlin, Moscou et Madrid. Homme politique habile, il se rend indispensable aux princes qu'il conseille, et parfois qu'il mystifie. Aimant les fêtes et l'argent, grand séducteur, il multiplie les intrigues, l'aventure et les jeux.
    Illustré d'aquarelles d'Auguste Leroux, de peintures et de photographies anciennes, L'Histoire de ma vie devient un extraordinaire voyage à travers les rues de la République de Venise, le Moscou de la Grande Catherine et les Salons parisiens, invitant le lecteur à découvrir les lieux où le plus grand séducteur et aventurier du siècle a vécu et aimé, captivant hommes et femmes de toutes les classes sociales grâce à son charisme inégalé.

    "Les Plombs (la prison de Venise) en quinze mois me donnèrent le temps de connaître toutes les maladies de mon esprit; mais il m'aurait été nécessaire d'y demeurer davantage pour me fixer à des maximes faites pour les guérir".

  • Lana Caprina

    Casanova/

    • Allia
    • 25 November 1998

    Si les femmes donnent en des extravagances, c'est parce que, leur nature étant plus faible que la nôtre, elles sont rendues plus faibles encore par l'éducation.
    Malgré cela, il serait facile de démontrer qu'elles font dans le monde plus de bien que n'en font les hommes, et moins de mal ; et que, quand leur utérus travaille, elle sont à ce moment agitées, irritées et dignes de pitié. mais que cela influe sur l'origine de leur faculté de penser, ce n'est pas plus croyable que l'influence du sperme sur la nature de l'âme.

  • Le duel

    Casanova/

    Si, au terme, bien que grossier, de poltron, il n'avait pas ajouté l'épithète de vénitien, peut-être celui-ci aurait-il supporté l'affront, mais il n'est pas, je crois, un homme au monde qui puisse souffrir un mot outrageant une nation tout entière.

    Giacomo casanova.

  • Mes folies sur l'île de Casopo

    Casanova

    • L'herne
    • 28 January 2012

    Ma cuisinière, qui m'avait trouvé des couturières pour me coudre des chemises, espérait que je deviendrais amoureux de quelqu'une et non de toutes ; mais mon zèle surpassa ses espérances, et toutes les jolies eurent leur tour ; toutes aussi furent contentes de moi, et ma cuisinière fut récompensée de ses bons offices.
    Je menais une vie délicieuse, car ma table était couverte de mets succulents, de mouton délicieux et de bécasses telles que je n'en ai plus trouvé de pareilles qu'à Petersbourg. Je ne buvais que du vin de Scopolo et les meilleurs muscats de l'Archipel.

  • La vie de Casanova est un roman vécu. Ses Mémoires relatent les aventures à travers l'Europe du célèbre aventurier, tour à tour abbé, militaire, historien, antiquaire, homme de lettres, poète, violoniste, chimiste, magicien, espion, et même industriel Mais que celui qui n'ose s'aventurer dans les Mémoires complètes de Casanova (quelques 4500 pages) se plonge dans cette édition qu'en fit Guillaume Apollinaire en 1921 dans sa collection « Les Maîtres de l'amour ». Ces Aventures d'amour à travers l'Europe sont un « digest » en somme, qui rend accessible, sans rien trahir, ce qui a immortalisé Casanova : son amour effréné des aventures, son goût du libertinage, ses légèretés de conduite, et sa hâblerie...
    De toute façon, soyons honnêtes : dans la collection « Lectures amoureuses », ce sont bien les Aventures d'amour qui seules valent la peine d'être lues, non ?
      « Je considère les Mémoires de Casanova comme la véritable Encyclopédie du XVIIIe siècle » (Blaise Cendrars)    

  • "Le bel âge" : quand le vieux Casanova songe à sa jeunesse, c'est en ces termes.
    L'expression est mélancolique, mais non le récit. L'Histoire de ma vie n'embaume pas les jeunes années :
    Elle en restitue la fraîcheur. Casanova évoque ses fredaines sans regret ni jugement. "Ce sont des folies de jeunesse. Vous verrez que j'en ris, et si vous êtes bon, vous en rirez avec moi." L'Histoire de ma vie a connu bien des mésaventures éditoriales. Le manuscrit autographe est désormais conservé à la Bibliothèque nationale de France, et la Pléiade en prépare une édition intégrale.
    De cette édition Le bel âge offre l'avant- goût. On y suit le chemin qui mène de Bettine à Henriette en passant par Lucie et Christine, sans compter celles dont le nom s'est perdu, et de Venise à Padoue, à la Calabre, à Constantinople, où "le vêtement oriental ne dérobe rien à la cupidité", et à Paris, qui est une fête. Au Palais-Royal, à l'Opéra, au bordel ou à la Cour, Giacomo est vénitien comme l'Usbek de Montesquieu était persan ; il s'étonne de tout, et sa candeur madrée (ou est-ce une hardiesse candide ?) fait merveille.
    Mme de Pompadour se retire "pour rire tout à son aise". Mais bientôt l'horizon s'obscurcit. Trop de libertinage impatiente Venise. Messer Grande, le chef de la police, met la main sur "l'infracteur" et l'emprisonne "sous les Plombs", où il passera quinze mois avant de réussir une évasion d'anthologie : étonnante aventure, récit haletant. Casanova a trente et un ans. Il s'exile. Le bel âge prend fin.
    Introductions :
    "Un écrivain", par Michel Delon ; "Un autographe", par Gérard Lahouati ; "Des éditeurs", par Marie-Françoise Luna. - Textes établis et annotés par Gérard Lahouati et Marie- Françoise Luna, avec la collaboration de Furio Luccichenti et Helmut Watzlawick.

  • Mes apprentissages à Paris

    Casanova

    • L'herne
    • 28 January 2012

    J'allais toujours prendre mes leçons de français chez mon bon vieux Crébillon ; malgré cela mon langage rempli d'italianismes me faisait souvent dire en compagnie l'opposé de ma pensée ; mais il résultait presque toujours de mes quiproquos des plaisanteries curieuses qui faisaient fortune, et ce qu'il y avait de bon, c'est que mon jargon ne me préjudiciait pas sous le rapport de l'esprit ; il me procurait au contraire de belles connaissances.
    Plusieurs dames comme il faut me prièrent d'aller leur enseigner l'italien, pour se procurer, disaient-elles, le plaisir de m'apprendre le français ; dans cet échange, je gagnais plus qu'elles.

  • J'ai toujours cru que lorsqu'un homme se met dans la tête de venir à bout d'un projet quelconque et qu'il ne s'occupe que de cela, il doit y parvenir malgré toutes les difficultés ; cet homme deviendra grand vizir, il deviendra pape, il culbutera une monarchie pourvu qu'il s'y prenne de bonne heure.

  • casanova (1725-1798) relate dans ces pages étonnantes sa plus extraordinaire aventure : sa fuite des prisons de venise, exploit que l'on tenait pour impossible.
    sur ordre des inquisiteurs qui le suspectent d'alchimie - n'est-il pas en possession de la cabale, de la clavicule de salomon et du picatrixoe -, casanova est arrêté à venise le 26 juillet 1755 ; il a 30 ans. il est alors enfermé dans la terrible prison dite des plombs, car située sous les toits en plomb du palais des doges. ignorant le motif exact et la durée de sa peine, il y séjourne quinze mois avant de parvenir à s'en évader, le 1er novembre 1756.
    cette évasion incroyable le rend célèbre dans l'europe entière. en un récit non dénué d'humour, casanova décrit les conditions éprouvantes de sa détention, le cortège de tourments physiques et moraux qui l'accompagnent, ainsi que les trésors de patience et d'ingéniosité dont il doit faire preuve pour survivre, d'abord, puis s'échapper enfin.


  • Contes de fee pour adultes

    Casanova

    • Amalthee
    • 1 December 2010

    Quand Ixi fait prisonnière Irina dans une tranchée au beau milieu du front de l'Est, par moins vingt degrés, la décision de déserter le Vaterland est vite prise?!
    Le jeune couple cherche alors un endroit où s'établir et prospérer en paix, et après plusieurs essais, finit par s'installer en Zygomanie, la terre où tout le monde sourit.
    Ce curieux pays répondra-t-il enfin à leurs attentes ?

  • Casanova Celle que j'ai tant aimée Roman Collection " Il était une fois... " " C'est moi, mon unique ami, qui ai dû te délaisser. Imaginons-nous que nous avons fait un agréable songe, et ne nous plaignons pas de notre destin, car jamais un songe si agréable ne fut si long. " - Henriette Après avoir quitté Venise au début de 1749, Casanova parcourt l'Italie du Nord. Un matin, il y rencontre par hasard une jeune femme déguisée en garçon. Sous le charme, il choisit de l'accompagner jusqu'à Parme. Il est libre mais l'inconnue se sait recherchée. Ainsi, leur rencontre est suspendue à une fin prévisible et brutale, qui ne dépend pas de leur volonté ; elle a le goût du bonheur.


    Fragment d'Histoire de ma vie, Celle que j'ai tant aimée offre un éclairage à contre-courant des clichés que véhicule Casanova.

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