Bruce Bégout

  • Cet essai de philosophie, d'une grande originalité, porte sur une dimension fondamentale de l'existence, restée jusqu'à présent peu élaborée au plan conceptuel : le fait que nous vivons toujours au sein d'ambiances, « dôme invisible sous lequel se déroulent toutes nos expériences ».

    Bruce Bégout croise les perspectives et les disciplines avec virtuosité. En portant attention à l'immersion des hommes dans leur environnement, à leur coappartenance à un fond commun, il ouvre la voie à une « écophénoménologie » qui montre l'irréductibilité de l'ambiance à un objet que l'on pourrait façonner de toutes pièces par un « design atmosphérique ». La perte d'un sentiment d'harmonie cosmique, ressentie par l'homme moderne, s'est accompagnée de multiples phénomènes compensatoires, dont la recherche de pauses, de bulles, d'ambiances qui forment un abri contre les processus effrénés et contre la manipulation marchande des émotions.

  • George Orwell est connu pour avoir écrit 1984 ou La Ferme des animaux, il l'est moins pour la réflexion qu'il a menée sur la condition des gens ordinaires. Bruce Bégout rend ici hommage à l'humanisme d'Orwell. Il y a, dans sa pensée, la combinaison d'une lucidité pessimiste et d'une joie de vivre. En parcourant son oeuvre, il tente de définir la notion de «décence ordinaire», ce «sens moral inné» qui incite les gens simples à bien agir.
    Il dénonce, entre autres, l'indécence extraordinaire des intellectuels qui s'affilient au pouvoir et les dérives d'un socialisme coupé du quotidien. Révélant l'importance qu'occupe la question du monde de la vie quotidienne chez Orwell, Bruce Bégout nous propose une lecture nouvelle de son oeuvre et met en valeur la finesse de son jugement politique.

  • Le Park

    Bruce Bégout

    L'île éveille d'ordinaire tout l'imaginaire des fictions utopiques. Or, ici, elle devient le lieu idéal du ParK, condensé insolite de toutes les formes de parcs imaginés par les hommes. Le cerveau du projet, Litch, y vit dans une tour d'ivoire. Il est le théoricien de ce qu'il nomme la neuro-architecture, fondée sur les ressorts les plus subtils de la psychologie humaine. Le ParK est un laboratoire à ciel ouvert où s'expérimentent, à la vue de tous, les pratiques futures et coercitives du contrôle social. À la manière des hommes qui y vivent, prisonniers de leur cadre de vie, le lecteur explore à son corps défendant ce lieu étrange, se heurte à l'insolite et à l'effroyable. Il s'invite à l'une des tables de jeux de l'hôtel casino Todeskamp 1, le bruit des machines à sous se mêlant au couinement plaintif de sommiers. Il pénètre les Quartiers des solitaires ou se retrouve, dans le Conservatoire des Cris, à entendre les infinies nuances de la souffrance humaine... Bien qu'élu, l'âme de cet aventurier d'un genre nouveau est mise à mal malgré les plus beaux atours de l'enchantement. Une critique irrévocable des conditions de refoulement de l'angoisse. Un monde de divertissement poussé à son extrême, revers cynique des industries du spectacle actuelles. Une visite guidée effroyable, qui renouvelle le roman d'anticipation et tient en haleine son impétrant.

  • Cet essai atypique se présente sous la forme d'une suite de courts textes, comme autant de tableaux urbains arrachés de la fenêtre d'une voiture. Véritable non-ville, Zéropolis, Las Vegas annonce le futur de nos métropoles. Mais l'auteur sait également être sensible à la poésie des motels et la beauté des cimetières d'enseignes au néon ; sa «méthode», toute de finesse, part d'observations de détails précis pour en extraire la dimension sociologique, politique et philosophique.

  • Quelle ville contemporaine, parmi la myriade des cités qui ont connu une explosion démographique sans pareille ces cinquante dernières années, devrions-nous choisir pour accéder au sens de notre époque, afin d'espérer entrevoir le secret de notre présence au monde ? Los Angeles, ville indéfinie et précaire, «helldorado» urbain. Avec ce livre, Bruce Bégout achève son oeuvre critique sur les grandes métropoles qui font le contemporain.

  • Lieu Commun constitue le deuxième volet d'une trilogie entamée avec Zéropolis, vaste entreprise d'archéologie des significations du monde quotidien et urbain. L'essai de Bruce Bégout parvient à restituer la poésie de cet élément essentiel de l'imaginaire contemporain qu'est le motel, tout en en décortiquant le mythe. Loin de n'être qu'un échantillon de l'american way of life, le motel concrétise en effet de nouvelles formes de vie urbaine où la mobilité, l'errance et la pauvreté prennent une place prépondérante. À la croisée de l'économie, de l'architecture et de la fiction, ce qui se dévoile ici, c'est que cette forme particulière d'architecture a donné naissance à un homme du motel, dont les comportements annoncent de nouvelles formes de vie.

  • La découverte du quotidien

    Bruce Bégout

    • Pluriel
    • 5 September 2018

    La philosophie et le quotidien entretiennent depuis toujours des rapports difficiles. Le présent ouvrage tente de saisir les raisons de ce divorce historique mais, surtout, d'obliger la philosophie à la considération de cette dimension de notre existence paradoxalement aussi insignifiante que déterminante.
    Bruce Bégout propose ici une véritable compréhension philosophique du monde quotidien qui dépasse à la fois sa critique méprisante et son apologie naïve, au-delà des images éculées qu'il véhicule   grisaille, banalité, trivialité  , afin de retrouver l'énigme même de la condition humaine. L'ambition de ce livre est donc de dévoiler l'essence cachée de la quotidienneté, qui fait que toute vie humaine, qu'elle le veuille ou non, est toujours aussi une vie quotidienne.
      Philosophe spécialiste de Husserl, Bruce Bégout se consacre à l'exploration du monde urbain et à l'analyse du quotidien. Maître de conférences à l'université de Bordeaux-Montaigne, il est également l'auteur du Sauvetage (Fayard, 2018).
     

  • Dériville

    Bruce Bégout

    • Inculte
    • 11 October 2017

    Dans cet essai concis, historique et philosophique, Bruce Bégout passe en revue le rapport complexe des situationnistes à la question urbaine. Les relations des situationnistes et de la ville forment, selon la belle image qu'emploie Debord, une sorte de « Pompéi inversée », les « reliefs d'une cité qui n'a pas été édifiée ». Comme un archéologue peu soucieux de son temps, qui baguenaude, inspecte et collecte ici et là, ce texte examine les magnifiques ruines de cette utopie avortée qui prit naissance au début des années cinquante et stupéfia, pour une grande part, l'esprit d'une époque.

  • C'est à l'Institut médico-légal, surnommé L'Hôtel, que se croisent les personnages interlopes de ce roman noir. Le narrateur, directeur de ce lieu déroutant, décrit la lente dépravation de son institution.
    Suite à sa rencontre avec Valère, producteur de films pornographiques, il accepte une étrange proposition :
    Que l'Institut abrite un club clandestin... Dehors, un mal jaune se propage.
    «Cloaque nauséabond», l'Institut devient l'antre d'une véritable fête des morts. La succession de chapitres courts et nerveux dit l'ascension irrémédiable du récit vers une apothéose de la folie. Aussi affutée que le scalpel du narrateur qui dissèque les cadavres, la plume de Bruce Bégout nous entraîne aux confins d'une extase ultime, d'une décomposition totale : celle des corps, des êtres et du récit.

  • Voici le récit d'un voyage paradoxal. Le philosophe Bruce Bégout a relevé le défi de passer une semaine en immersion dans des aéroports internationaux, de Roissy à Bangkok, en passant par Istanbul, Amman et Amsterdam, avec une seule contrainte : ne jamais sortir de l'aéroport. Il nous livre le portrait de cet espace emblématique de la modernité, centrifugeuse d'émotions et de raisons, mégastructure monumentale, lieu de passage, de consommation et de socialisation, y cherchant des indices du monde en devenir.

  • Révéler ce que l'extraordinaire a d'ordinaire : voici ce qui relierait les nouvelles de ce recueil. Chacune s'attache à des personnages singuliers, souvent seuls et désarmés, aux prises avec l'époque dans ce qu'elle a de plus excessif et de violent. Portraits de maniaques, de désaxés, d'originaux qui luttent contre "le dispositif", ainsi qu'ils nomment la combinaison d'airain de la marchandise, de la technologie et du spectacle. Bruce Bégout procède à l'inverse du film d'horreur : il désigne ce que l'insane lui-même a d'ordinaire. D'où les situations paradoxales ici mises en scène. Dans Signes particuliers : néant, un architecte conçoit, à la solde de l'État, un édifice destiné à aider les gens à se suicider. Dans Le Compteur des féminicides, suite à une injonction ministérielle, un homme dénombre les femmes tuées dans les séries, films ou vidéos. Certaines nouvelles nous plongent dans le malaise quand d'autres flirtent avec le fantastique.
    Bégout invente ici un ton, qu'il qualifie de "post-gothique". Dans ces récits, l'effroi, le mal, la terreur n'expriment pas seulement la fragilité psychologique des personnages face aux forces des ténèbres, mais aussi le potentiel de nuisance de l'époque. Ses vampires prennent la forme d'appareils, de produits, d'architectures mais aussi de représentations sociales, d'injonctions et de tics de langage. Bruce Bégout traque les démons non pas dans les châteaux hantés, les ruines, les églises, les forêts et les cimetières mais dans les parkings, les centres commerciaux, les banlieues pavillonnaires, la suburbia mondiale. Mais qu'en est-il de la résistance, volontaire ou non, de ces personnages dans le contexte morbide qui les broie ? Bégout manie l'humour noir, qui peut parfois triompher du réel. La raison reprendra-t-elle néanmoins ses droits ? Parviendra-t-elle à expliquer la part de fiction et de non-sens qui régit le quotidien ?

  • Le sauvetage

    Bruce Bégout

    • Fayard
    • 22 August 2018

    Lorsqu'il arrive, en août 1938, à Fribourg-en-Brisgau, Leo Van Breda, jeune père franciscain et étudiant en philosophie à l'Université de Louvain, est loin de se douter de ce qui l'attend. S'il se rend dans l'Allemagne nazie, c'est qu'il veut consulter pour son travail de thèse des inédits de Husserl, philosophe d'origine juive, mort quelques mois plus tôt. Mais la situation est difficile. La veuve de Husserl vit à l'écart, isolée par les mesures antisémites du régime, nous sommes à la veille de la crise de Munich, tout est imprégné par un climat de paranoïa et de terreur.
    Lorsqu'il parvient enfin à rencontrer Malvina Husserl, il se rend compte de la masse énorme des écrits que son mari a laissée. Plus de quarante mille pages de manuscrits. Alors, sous le coup d'une impulsion soudaine, il décide de les sauver de la destruction probable et, abandonnant son travail de recherche, se lance dans le tourbillon de l'Histoire. Il ne sait pas que la Gestapo est déjà sur ses traces.

      Romancier, Bruce Bégout est notamment l'auteur de On ne dormira jamais (Allia, 2017). Egalement philosophe, et spécialiste de la phénoménologie de Husserl, il s'empare dans Le sauvetage d'un de ces fascinants détails de l'histoire, dont ce sont parfois des héros méconnus qui détournent le cours.

  • La clarté totale aveugle.
    Dans un afflux direct de lumière, on ne voit plus rien. un phénomène pur, à savoir un phénomène saturé d'intuition, provoque un effet contraire : l'obscurcissement. l'excès du visible reconduit à l'invisible, à la nuit noire où tout disparaît sans laisser de traces. sans l'ombre qui le constitue, le phénomène lui-même n'est donc plus visible. l'avenir de la phénoménologie ne réside pas dans cette expérience aussi vaine que creuse d'un absolu de la manifestation.
    Elle consiste plutôt dans l'exploration du clair-obscur, du monde contrasté des phénomènes et de leurs ombres à chaque fois relatives et particulières.
    Le premier tome des présentes recherches, qui portent sur la phénoménologie husserlienne, a paru en novembre 2007 sous le titre l'enfance du monde.

  • Les Enfants du Monde (expression de Husserl) est un ensemble d'études sur le concept de vie. Sa première partie porte thématiquement sur Husserl, la seconde sur les philosophes contemporains (Paul Ricoeur, Jan Patocka, Michel Henry, Renaud Barbaras). Le livre ne s'adresse pas seulement aux étudiants puisqu'il est à la fois historique et philosophique, et qu'il développe une authentique réflexion sur le statut de la méthode phénoménologique lorsqu'elle est confrontée au plus élémentaire : la vie.

    Bruce Bégout est maître de conférences à l'université de Bordeaux. Il dirige la collection « Matière étranngère » aux éditions Vrin.

  • Exposition présentée à la Villette d'avril à août 2010.
    Catalogue de l'exposition du Parc de la Villette, le présent ouvrage rassemble les dernières oeuvres du sculpteur Duane Hanson, considéré de nos jours comme une fi gure majeure de l'hyperréalisme américain. Il a ainsi représenté «le rêve américain» à travers quinze personnages grandeur nature, qui donnent l'illusion de présences humaines, à la fois attirantes et inquiétantes : femmes de ménage, ouvrier, étudiants.... Figées dans leurs pensées, le regard absent, ces incarnations semblent résignées au vide de leur existence et de leur isolement. Bruce Bégout off re sont point de vue original sur le travail de l'artiste.

  • " quelle qu'elle soit, l'expérience d'une nuit passée dans un motel oscille sans cesse entre la sécurité et l'insécurité, entre la volonté de se recroqueviller et celle de s'exposer, de rester dans son lit et d'écouter aux portes, voire de les ouvrir pour faire l'expérience de l'intimité interdite.
    On s'y sent à la fois protégé par les cloisons blanches qui nous entourent et vaguement inquiété par l'environnement souvent désolé que l'on devine au-delà. on voudrait se soustraire au monde et l'on sent pourtant qu'il pourrait, un moment ou à un autre, frapper à la porte. " bruce bégout

  • Il serait difficile de nier que les ruines occupent une place de plus en plus grande dans l'imaginaire de notre temps. Nous ne parlons pas ici des ruines antiques et gothiques, mais de l'espace délabré des villes contemporaines, comprenant les usines désaffectées, les gares abandonnées, tous les lieux oubliés de la modernité. L'aura noire d'une ville comme Detroit, Pompéi actuelle de la désindustrialisation, nimbe chaque bâtiment délaissé du monde. Elle est devenue en quelque temps la Mecque de l'exploration urbaine, dont le Detroit's Michigan Theater transformé en parking représente le cube de la Kaaba autour duquel tournoient les nouveaux pèlerins du Hajj de la dévastation urbaine. La ruine industrielle appartient encore pour une grande part au culte classique du monument effondré. Elle en rejoue la grandeur passée, l'évocation nostalgique de la civilisation fragile et mortelle. Dans les colonnes d'un temple ruiné ou dans les usines en friche, ce sont encore les beaux restes d'un Empire que l'on loue. Nous sommes entrés dans le troisième âge de la ruine. Après le temps des ruines antiques, puis celui ces ruines modernes, voici l'ère de la ruine instantanée, de la ruine du présent lui-même qui, née de l'urgence et vaincue par elle, ne dure plus, mais s'efface au moment même de son édification.

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  • Sphex - fantaisies malsaines Nouv.

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  • Suburbia

    Bruce Bégout

    Nous sommes dans la suburbia lorsque nous prenons la voiture pour aller acheter notre pain. Nous sommes dans la suburbia là où les livreurs de pizzas errent le soir sans fin dans des rues mal éclairées. Nous sommes dans la suburbia quand tous les bâtiments commencent à ressembler à des stations-services. Nous sommes dans la suburbia lorsque les galeries marchandes constituent le lieu favori de promenade dominicale.

    Bruce Bégout signe un essai inédit sur la suburbia, ces banlieues infinies où sont massés les habitants des sociétés contemporaines. Philosophe et écrivain français, il est maître de conférences à l'université de Bordeaux. Il a publié plusieurs ouvrages philosophiques, quatre essais aux éditions Allia (Zéropolis : L'expérience de Las Vegas, 2002 ; Lieu commun : Le motel américain, 2003 ; La Découverte du quotidien : Éléments pour une phénoménologie du monde de la vie, 2005 ; De la décence ordinaire, 2008), mais aussi un "documentaire fiction" à la manière de certains cinéastes tiré de son roman L'Éblouissement des bords de route (Éditions Verticales, 2004).

  • Maine de Biran (1766-1824) naquit à Bergerac et consacra une partie de son temps aux charges publiques : conseiller général de Dordogne en 1802, sous-préfet en 1806, membre du Corps législatif en 1812, mais dénonçant en 1813 la politique guerrière de Napoléon, il traverse avec bonheur tous les régimes.
    C'est que l'essentiel, pour lui, est dans les travaux philosophiques auxquels il consacre le plus clair de son temps. Novateur, c'est un philosophe du " sentiment de l'existence ", à la différence de ses prédécesseurs qui réduisent le moi au sujet connaissant. Il introduit dans la pensée une dimension " existentielle " dont on retrouvera les échos plus d'un siècle après, et qui lui permet de construire une philosophie du sujet qui s'appuie sur la subjectivité : le moi est fluctuant, changeant, douloureux...
    Notre existence commence par le sentiment, qui permet l'émergence du concept de " vie intérieure ". Une théorie originale du moi se construit, avant Bergson, avant Freud, avant l'existentialisme. Cette anthologie, centrée sur le thème de la " vie intérieure ", permet de rendre compte au mieux de la complexité de sa pensée. Six chapitres réunissent des textes de quelques pages qui présentent chacun un thème, un aspect de sa réflexion, et donnent la possibilité de se familiariser avec son univers.

    Indisponible
  • Nord

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    Depuis près de 10 ans, les photographies de Jérémie Lenoir construisent une anthropologie des paysages contemporains.
    En observant leurs évolutions, il nous livre un regard distancié et objectif sur nos territoires et un minutieux travail de composition tendant vers l'abstraction. Entre 2014 et 2015, le plasticien se focalise sur un espace géographique entre Nord-Pas-de-Calais et Flandres, le long d'un axe Arras-Anvers. Pendant ces deux années, Jérémie Lenoir s'est tout autant intéressé au bassin minier qu'à la métropole transfrontalière, aux enjeux de l'extension urbaine et à ceux de la reconversion du patrimoine industriel.
    Le projet NORD est profondément ancré dans le réel. Jérémie Lenoir sélectionne les lieux ici représentés pour ce qu'ils racontent sur les transformations de notre société. Aussi insiste-t-il sur le fait que rien dans ses photographies n'est truqué, retouché, effacé ou ajouté.
    Son protocole de prise de vues vient renforcer ce désir de neutralité dans le traitement des paysages : les lieux sont choisis au préalable et sont survolés plusieurs fois pour en saisir l'évolution, et ses vues aériennes sont toujours réalisées à la même heure, à la même altitude et avec la même focale.
    Pourtant, le photographe prend le parti de nous faire voyager dans un monde abstrait qu'il nous impose de décrypter. La conjugaison du point de vue aérien et des influences picturales qu'il puise dans la peinture (Soulages, Rothko, Noland, Malevitch...) remettent aussi bien en cause la capacité du médium photographique à reproduire le réel que celle de nos paysages à s'inscrire à un principe d'identité. NORD est ainsi une relecture des territoires contemporains dans laquelle dialoguent le réel et l'imaginaire, la présence et l'absence, le retrait et l'attrait, le recul et l'abandon. Pour Jérémie Lenoir, c'est de cette ambivalence que l'oeuvre acquiert son autonomie, et de cette autonomie que peut naître une nouvelle possibilité du paysage.

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