Généralités sur l'art

  • Alors que la politique des musées tend plutôt à aplanir les tensions des sociétés d'aujourd'hui, la session 2007 des Entretiens de Peyresq avait ouvert une réflexion pionnière sur la dimension conflictuelle du patrimoine, générant des débats de fond qui imposaient d'approfondir la thématique.
    Sous forme d'une journée d'études "sur le terrain" (Marseille, 3 avril 2008), les deux conservateurs du patrimoine à l'initiative de ce séminaire, Christine Breton (programme européen du patrimoine intégré de la Ville de Marseille) et Mireille Jacotin (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Marseille) ont donc proposé un chapitre 2 visant à mettre plus particulièrement au jour la valeur (économique et symbolique) conflictuelle du patrimoine.
    Sur le site choisi pour cette application concrète - le "vallon des Carmes" aux Aygalades -, les conflits culturels, mémoriels et patrimoniaux furent inventoriés au cours d'une marche avec les habitants avant de faire l'objet de débats plus complexes conduits par Altan Gokalp (anthropologue, directeur de recherche au CNRS) et Gabi Dolff-Bonekämper (historienne de l'art, professeur à l'Institut de planification urbaine et régionale de l'université technique de Berlin et experte auprès du Conseil de l'Europe).
    Autour des notions d'altérité et de mémoire partagée, de ville interculturelle, de durabilité et de valeur conflictuelle du patrimoine, le 3 avril 2008 expérimentait ainsi un processus qui devrait poser un jalon dans le nouveau musée démocratique européen dont il reste à inventer les formes.

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