Sciences humaines & sociales

  • A la différence des enquêtes sur les rapports entre musique et littérature, la recherche sur le livret d'opéra est relativement récente.
    Trois facteurs ont contribué de manière décisive à l'affirmation de cet état de fait : tout d'abord l'intérêt porté à l'" objet matériel " qu'est le livret dont l'existence indépendante de la partition est attestée depuis les origines et subit des variations historiques aisément repérables, liées aux conditions techniques de production ; en second lieu, l'application de la catégorie de " texte " à des productions écrites ne se confondant pas avec les genres reconnus du champ littéraire et dont l'investigation devient par là même légitime ; enfin, la perspective sémiologique, qui conçoit le texte dramatique comme " en attente de représentation ", permet de traiter le livret, justiciable des mêmes critères d'analyse, comme étant de surcroît " en attente de musique ".
    Les études germaniques ont reconnu tardivement l'importance du domaine ainsi défini. Le séminaire dirigé en Sorbonne depuis le début des années 1990 par Jean-Marie Valentin, d'abord centré sur les questions de " genèse croisée " de la tragédie et de l'opéra, s'est rapidement élargi aux problèmes évoqués et abordés au cours du colloque qui s'est tenu à l'École normale supérieure (Ulm), en Sorbonne et à l'Institut universitaire de France en mars 2004.
    La confrontation avec des textes des XVIIIe-XXe siècles met les résultats obtenus par ces premiers travaux à l'épreuve de contextes marqués par l'apparition, avec Lorenzo Da Ponte, du librettiste au sens moderne du terme et examine les tensions entre livret traditionnel et " opéra littéraire ", les relations conflictuelles qui opposent, en dépit (en raison) de leur gémellité, théâtre et opéra, les rivalités entre auteur et compositeur en Allemagne et en Autriche.

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  • 1936 est restée dans les mémoires. En France, c'est l'année de la victoire du Front populaire. Dans le monde, particulièrement en Espagne, en Allemagne, en Italie et en Union Soviétique, la violence s'exacerbe. Année de fortes tensions politiques et idéologiques, 1936 a aussi vu naître des mouvements de solidarité internationale, et des espoirs finalement déçus : c'est « le tournant des rêves » (H. Béhar). Quelle fut dès lors l'incidence du politique sur des stratégies, individuelles autant que collectives, inscrites dans des évolutions plus longues, sur la production culturelle et, plus spécifiquement, sur la traduction d'?uvres étrangères ? En choisissant l'espace d'une seule année, les auteurs de ce livre ont voulu souligner l'intérêt qu'il y a à croiser des temporalités différentes et à observer l'articulation entre le temps long et des phénomènes plus circonscrits. Cet ouvrage aborde plusieurs aires linguistiques (y compris des aires extra-européennes). Par une suite d'analyses allant de la littérature aux sciences humaines, il expose aussi genres et formes textuelles, stratégies éditoriales et démarches traductives permettant de discerner des tendances et de mettre au jour des écarts entre les champs politique et traductif.

  • "Couronnée en 1991 du prestigieux prix Ingeborg-Bachmann, Emine Sevgi Özdamar compte parmi les écrivaines les plus remarquées et discutées de la littérature contemporaine. Née en Turquie, arrivée à Berlin à l'âge de 18 ans, elle est considérée comme la figure emblématique de ce qu'on désigne souvent par le terme de littérature germano-turque. En se concentrant plus particulièrement sur son premier recueil de proses Mutterzunge (1990) et le roman Die Brücke vom Goldenen Horn (1998), deuxième volet de sa trilogie autofictionnelle Sonne auf halbem Weg, les études réunies dans ce volume entendent contribuer à mieux faire connaître et reconnaître, notamment en France, cette autrice désormais consacrée. - - "

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