Benjamin Sourice

  • Liens ou confl its d'intérêts, subtilité et indétermination caractérisent ce que le politologue français Pierre Lascoumes appelle « la zone grise » du pouvoir. Un marécage juridique dans lequel évolue, et parfois s'embourbe, le monde politique en l'absence de règles de déontologie et de transparence défi nies dans le marbre de la loi. Que ce soient de petites entorses aux règlements ou des manquements graves, isolés ou systématiques, ces incivilités fi nissent invariablement par jeter l'opprobre sur l'action publique et ses représentants dans leur ensemble.
    Une rupture de confi ance qui sape la représentativité populaire des élus et nourrit in fi ne les populismes « aux mains propres ».
    Benjamin Sourice étudie dans cet ouvrage les mécanismes conduisant à la capture de la prise de décision publique par des intérêts privés. Il s'appuie pour cela sur l'étude de divers scandales, Amiante, médiator, OGM, et l'illustration des confl its d'intérêts à l'oeuvre, qui servent de phare pour éclairer les.
    Rouages opaques de ce système évoluant à la marge du lobbying et de la corruption S'appuyant sur une typologie des scandales sanitaires, l'auteur propose un schéma précis des manquements juridiques du système français, point de départ d'une réfl exion sur les solutions à proposer. Afi n d'encourager la création d'une large alliance pour la transparence et le renouvellement déontologique de la vie publique, l'auteur dresse, enfi n, une liste de recommandations à destination des élus, mais aussi de la société civile.

  • Né en 2010 de l'appel de Stéphane Hessel, désireux de faire revivre la flamme du Conseil National de la Résistance, une vague d'indignation a soulevé les coeurs des citoyens du monde entier.
    Les mouvements « indignés » et assembléistes restaurent alors un idéal de « démocratie vraie », la plus directe et horizontale possible. De la Grèce à l'Espagne, cet idéal a soulevé une vague d'espoir et entraîné la repolitisation des citoyens, dénonçant au passage l'accaparement du pouvoir par l'« oligarchie des 1 % » et la corruption des dirigeants. Leur critique radicale du système politico-financier annonce une rupture avec les discours traditionnels des gauches européennes. Au coeur des places occupées, c'est une nouvelle vision du pouvoir et de la citoyenneté qui se forge, où l'individu se veut désormais acteur politique, se rêve en contre-pouvoir et vigie, déterminé à devenir son propre représentant.
    Mais on a parfois le sentiment que cette indignation se réaliserait hors de tout contexte historique vis-à-vis des luttes passées et présentes, plaçant de fait le mouvement dans l'utopie d'une réalité parallèle.
    Dans cette utopie citoyenne et démocratique, comment sont pensés les modes d'action et la relation collective, ou individuelle, au pouvoir ? Suffit-il de décréter l'horizontalité des relations politiques pour que ce nouvel égalitarisme démocratique advienne ? Quelles ont été les relations de ces « nouveaux acteurs politiques » avec les structures traditionnelles des partis, syndicats ou associations ?
    Benjamin Sourice s'interroge dans cet ouvrage sur la vitalité de ces mouvements, cherche à montrer les lignes de tension entre l'utopisme démocratique et le pragmatisme radical, et tente de relever le plus grand défi de l'idéal démocratique :
    Réconcilier les opposés.

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