Astrid Von Busekist

  • Arbitrer les différends, caractérisés par la difficile conjugaison des contraires - morale et politique, - égalité et différence, vérité et relativité - oblige à considérer le conflit des valeurs et la pluralité des opinions.
    Apprécier ce qu'il est juste de tolérer ou d'exiger selon les contextes requiert un dialogue entre la compréhension formelle des phénomènes politiques et la manière dont ils sont interprétés, mis en oeuvre, traduits, contestés par les citoyens. Admettre qu'il n'y a pas de vérité en politique, et pas davantage de consensus sur la manière de la comprendre, demande une attention soutenue aux exigences d'égalité, de liberté et de justice.
    L'auteur propose de guider la délibération sur un certain nombre d'enjeux publics contemporains, par la maîtrise des outils ou des approches théoriques, et de se repérer dans un univers qui repose, aussi, sur la tradition cachée. Nombre d'idées nous paraissant innovantes ou même révolutionnaires ont été élaborées par les penseurs de jadis, avec d'autres mots, sous une autre forme. Mais comment ? Que retenons-nous des Anciens, des penseurs chrétiens ? Que devons-nous aux premiers sociologues des institutions politiques, aux philosophes de l'État ? Comment passe-t-on de l'État-nation à un ensemble cosmopolitique, de la guerre à la paix ? Quelle conception de la justice permet de penser de justes inégalités, une redistribution équitable, la reconnaissance des individus ? Comment enfin juger de l'avenir de la démocratie ? Le projet d'égalité équitable esquissé dans ce livre s'inscrit dans les grands débats politiques actuels, accompagné par les philosophes qui s'engagent volontiers en politique.

  • Les frontières séparent, dit-on, les territoires, les espaces, les individus et les communautés. Elles sont tantôt solides comme un mur, tantôt légères comme un fil. Matérielles ou symboliques, durables ou éphémères, profanes ou sacrées, les frontières partagent. Mais, comme la porte, la frontière est aussi ce que deux entités ont en partage ; comme le seuil, la frontière entrelace les espaces.
    L'eruv est cette frontière discrète, ce mur symbolique fait de portes, cette séparation presque immatérielle qui privatise une portion de la voie publique pour permettre aux Juifs rabbiniques de respecter les interdits du shabbat à l'extérieur du domicile.
    Réfléchir à l'eruv - ce mur fait de fils tendus sur la ville -, c'est interroger notre lecture d'un espace commun aux significations multiples, c'est questionner notre conception de la bonne distance entre la religion et le politique, c'est évaluer la tolérance des sociétés démocratiques à la différence. Sans que les frontières ne deviennent des clôtures et sans que les portes ne se transforment en murs.

  • Singulière Belgique

    Astrid Von Busekist

    • Fayard
    • 26 September 2012

    Patrie de l'Europe et du surréalisme, la Belgique ne cesse d'étonner. Cette monarchie démocratique et multilingue est souvent mal comprise, même de ceux qui lui sont le plus proches. Singulière, la Belgique est riche d'une architecture constitutionnelle équilibrée, de politiques sociales et d'immigration souples et efficaces, d'un engagement européen fort et d'une politique étrangère résolument multilatérale.
    L'art du compromis qu'elle cultive depuis ses origines a permis de conjurer la crise récente : 540 jours sans gouvernement ne l'ont pas fait disparaître, et les Cassandre qui voulaient hâter sa fin ont dû s'incliner devant l'ingéniosité du roi et des acteurs politiques des différentes communautés. Certes, le plat pays demeure divisé, politiquement, culturellement, linguistiquement. Mais les spécialistes réunis dans cet ouvrage de synthèse refusent de céder au pessimisme quant à son avenir.
    Décryptant la fédération autour de quatre grands axes - politique, institutionnel, social et culturel -, ils brossent un tableau complet et nuancé de ses communautés, de ses régions et de sa capitale, Bruxelles.

  • Devant la résurgence des nationalismes en cette fin de siècle, comment ne pas s'interroger sur l'histoire et les explications possibles de ce phénomène oeCet ouvrage :· présente la genèse des nations ; · étudie les différentes approches dans la recherche contemporaine ; · propose des pistes de réflexion sociologiques.Astrid Von Busekist est maître de conférences en science politique à l'Institut d'études politiques de Lille. Elle a publié La Belgique. Politiques des langues et construction de l'État, 1780 à nos jours, De Boeck-Duculot, 1997.
    Nations et nationalismes dans la recherche contemporaine : Les modernistes. Les pérennialistes. Les fonctionnalistes ou difusionnistes. Les racines : Le pro patria mori des Anciens. Monarchies et langues nationales. L'Allemagne et la Réforme. La carte conceptuelle de Stein Rokkan. La modernité : Du siècle des Lumières à la Révolution. Le Volksgeist et ses insignes. La rupture hégélienne. Max Weber et la nation. Les institutions nationales. L'ère des nationalismes : Histoire et géographie nationales au XIXe siècle. Vers la grande guerre. Des Tsars aux Bolcheviks. Une Europe du XXe siècle balkanisée. Nationalismes atypiques.

  • Penseur engagé dans la vie politique américaine depuis le combat pour les droits civiques, Michael Walzer est une figure marquante de la gauche intellectuelle aux États-Unis. Convaincu que le débat philosophique n'est utile que s'il est adossé aux pratiques concrètes et à la moralité des sociétés, il développe une critique sociale aux antipodes de la philosophie désincarnée, qui ne répond ni aux préoccupations quotidiennes des gens ordinaires ni au sentiment d'injustice des perdants de la globalisation. Il est inutile, selon lui, de vouloir écrire une théorie de la justice : c'est à « penser la justice » en fonction du contexte donné (politique, économique, religieux, etc.) qu'il faut s'employer.
    Grâce à la science d'Astrid von Busekist, nous entrons dans une oeuvre édifiante qui défend une morale politique « commune », enracinée dans des traditions culturelles particulières, mais capable de dialoguer par-delà les frontières. Face à l'urgence de l'engagement et de l'extrême attention à porter aux inégalités et aux injustices, elle définit le rôle que peut - et que doit - jouer le critique social ou le philosophe dans la cité moderne.

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