Noir Sur Blanc

  • « Toujours est-il que nous sommes immobiles chacun dans son trou. En un million d'années la mouche non plus n'a pas appris à échapper à l'araignée.» Dans Discours à la nation, Ascanio Celestini évoque une nouvelle fois la relation entre la classe dominante et la classe dominée, mais renverse ici son point de vue': cette fois, ce sont les puissants qui parlent. Des discours d'un cynisme suffoquant débarrassés de leur vernis de respectabilité, se parent d'un grotesque aussi comique qu'effrayant. La docilité du peuple, la démission des syndicats, le marché globalisé, sont aussi mis en situation dans le livre. Celestini met aussi le doigt sur les aberrations de nos sociétés modernes.
    Les pages de ce livre tintinnabulent comme un trousseau de clefs ; Au coeur de chaque histoire, il y a une image, le ton noir de la fable, une vertigineuse parabole anarchique (ou anarchiste) : des mots qui ouvrent en grand des portes dans la tête du lecteur.

  • Avec Ascanio Celestini, l'écriture est une féerie de la création. Son roman Lutte des classes en est un magistral exemple. Quatre personnes qui vivent dans le même immeuble, où se mêlent loufoquerie et désastre, nous racontent leurs histoires entremêlées.

    Ascanio Celestini est né en 1972 et vit à Rome. Cinéaste, dramaturge, écrivain, il est l´un des acteurs les plus connus du théâtre narratif en Italie. Son film La pecora nera, adaptation cinématographique de La brebis galeuse (éditions du Sonneur, 2010), a été remarqué à la Mostra de Venise en 2011 et a reçu le prix spécial du festival du film italien d´Annecy. Il a écrit cinq livres, tous publiés en Italie par les éditions Einaudi.

  • « La loi est la même pour tout le monde et les juges ne perdent pas leur temps à compter les poires ou les pommes. Devant le tribunal, il y a la statue de la justice. Elle a une balance à la main, mais les deux plateaux sont vides. Ce n'est pas une balance pour peser les fruits et légumes. » Dans une prison, un détenu décide de préparer un discours. On ne sait pas au juste ni quand ni com- ment il pense pouvoir le prononcer, ni à qui il entend l'adresser. Peut-être au Pouvoir, à l'État, à son juge, à ses Concitoyens ou à la Loi qui l'a fait échouer en prison, à cause d'un délit non précisé, vraisemblable- ment mineur, mais dont on comprend bientôt qu'il a pris, durant sa détention, une signification politique.
    C'est notamment la prison, l'institution carcérale - en tant que miroir grossissant d'une société, de ses injustices, de son inhumanité -, qui fait l'objet des questionnements et des attaques du détenu. Au fil de ses réflexions, il convoque grands personnages et événements de l'histoire, interpelle directement Mazzini, converse avec son gardien de prison ou avec son juge, rapporte les (més)aventures affreuses et édifiantes de l'un de ses co-détenus, le Nègre Dingo Africain, et d'autres infortunés prisonniers des temps révolus ou récents...

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