Arno Calleja

  • Benoit - Benoit, prénom dérivé du verbe latin benedicere : louer dieu - est un jeune homme mystique. Depuis le lycée il a un rapport privilégié avec dieu. Il vit dans un appartement de la rue d'Endoume à Marseille au 6e étage. Il sort très peu. Il passe le plus clair de son temps à écrire sur ses cahiers ce que disent les voix qu'il entend. En ce début d'été une fuite dans son appartement inonde peu à peu les étages en dessous. On a beau couper l'arrivée d'eau, les taches s'agrandissent. Rien ne peut les arrêter. Le plombier convoqué n'y comprend rien. Il se passe quelque chose. Et Benoit pour en découvrir le mystère écoute les voix avec encore plus d'attention. Arno Calleja a composé là un roman tout à la fois de la solitude et de l'amitié. On entre dans la parole des gens, elle est, jusque dans ses maladresses, la seule clé qui nous donne accès à eux. Arno Calleja ne décrit pas, ne raconte pas, il fait exister des êtres vrais, complexes et fragiles, lacunaires aussi.

  • Un titre simple

    Arno Calleja

    • Vanloo
    • 1 August 2019

    Journal sans date ni repère, Un titre simple laisse l'impression d'un parcours tragique et essentiel. Des textes explorent des lieux : des rêves, des souvenirs, des espoirs, des anecdotes ; ce sont des lieux par lesquels passe l'écriture ; des lieux de corps, d'esprit, de nature, de résistance. Et l'homme revient sans cesse, pris dans la tragédie de faire naître et mourir aussitôt par le seul et unique acte d'écrire.
    Les textes sont tissés d'actions impensables et de discours aberrants le trivial s'engage sur les chemins du fantastique, par déraillements successifs de la pensée au cours de véritables fabliaux ultramodernes où philosophie burlesque et prédictions funestes trafiquent de concert l'aiguillage entier du cerveau même.

  • Le premier chapitre c'est un couple. Le chapitre deux : c'est une fille.
    Le chapitre trois. Une famille. Chapitre 4, c'est un jour de pluie.
    C'est le chapitre 5, page 41. Le chapitre six c'est une fille, une folle.

    En 6 chapitres, aisément permutables et interchangeables, frôlant souvent le fantastique et les racines de l'inconscient, Tu ouvres les yeux, tu vois le titre est un hommage aux racines de l'imainaire, rappelant les chansons de geste ou les fabliaux, les récits de rêve et d'initiatio, les minutes de procès ou les vies de saints.

  • Une soeur et un frère revisitent les motifs récurrents de la scène familiale.
    Tabous, deuil, inceste, souvenirs écran : tour à tour violentes, sarcastiques, pathétiques, irritées, outrancières, névrosées, complaisantes, ces deux voix vont vider, de fond en comble, leur sac verbal.
    Emporté par une phrase flux et ponctuée, qui avance par embardées, ce texte à deux voix tourne dans une forêt, passe au travers des gouttes, plonge dans une rivière. Un fantôme apparaît, on se tue sous un pont, on vit un 11 septembre, on couche avec qui passe. Une performance obscène et sidérante.

  • Criture

    Arno Calleja

    Le sexe est une pureté. je vais à la pureté. la pureté est simple. au plus je me simplifie au plus pur je suis. la pureté c'est le sexe. je fais le sexe. Le sexe est un mélange. le mélange est pur. je parle touseul. je me mélange. la parole est une chose sexuelle. en parlant touseul je vais au sexe. parler c'est appeler le sexe. c'est pourquoi parler c'est chercher la nudité. et on ne la trouve jamais. parce que parler c'est compliqué. seul le sexe est une simplicité. en parlant je cherche la simplicité du sexe. et il n'y a pas encore assez de sexe dans ma pensée. alors je recommence. alors je cherche. alors je parle. je parle sans savoir. je vais au sexe. je vais à l'intensité de la sexualité. je vais au simple. je vais parler. je parle de l'intensité du simple. je veux me simplifier par le travail du sexe. je parle touseul. je fais de la criture.

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