Arnaud Mercier

  • Dans la relation entre médias et opinion publique, on peut souligner une forme de paradoxe ou de tension en fonction des situations. Les médias peuvent être amenés à jouer un rôle démocratique important en aidant à la constitution et la cristallisation d'une opinion publique. Ils ont alors un rôle de contestation de l'ordre établi. C'est le cas dans les situations de transition démocratique, où les médias internes et extérieurs peuvent être utilisés pour appuyer des revendications contestataires, voire révolutionnaires, comme nous le verrons pour les cas de la RDA, l'URSS à la fin des années 1980 ou la Chine et le monde arabe récemment.

    A l'opposé, dans les situations démocratiques instituées, les médias et les mises en scène politico-médiatiques peuvent servir à contrôler les opinions, à influencer l'opinion publique, à fabriquer du consentement, par le recours à des formes de langue de bois ou par la mise en oeuvre de procédés participatifs qui n'en sont pas moins des instruments aux mains des politiques. Il faut toutefois insister sur le fait que l'opinion est loin d'être aussi manipulable que la doxa ordinaire veut souvent le laisser croire et que les effets des médias sur l'opinion reste une question discutée.

    C'est donc autour des usages et des effets contrastés des médias par et sur l'opinion publique et la société que ce volume est bâti. Il vise à donner aux lecteurs un aperçu mélangeant approche historique et contemporaine, sur des situations démocratiques ou autoritaires, en pointant les possibles effets libérateurs ou parfois manipulateurs, afin d'offrir un panorama complet des cas possibles.

    Indisponible
  • Fake news Nouv.

    Les fake news, ces formes de manipulation qui prospèrent dans l'écosystème d'information contemporain, connaissent un succès grandissant.Par une mise en perspective historique, Arnaud Mercier montre comment elles ont des racines communes avec les rumeurs et la post-vérité. Il défend la nécessité d'adopter une définition précise et circonstanciée des fake news afin de rompre avec les amalgames hâtifs qui font le jeu d'un Trump, d'un Bolsonaro ou d'une Marine Le Pen. Les fake news ne sont pas les rumeurs, ni des erreurs, pas plus qu'elles ne sont des approximations dans des discours politiques, ni des parodies intentionnelles et revendiquées, etc. Elles reposent sur quatre piliers: la numérisation, les algorithmes, une écriture journalistisée et la duperie.L'auteur de ce brillant essai très accessible décrypte la fabrique des fake news. Il porte la lumière sur ses nombreux acteurs: des puissances étatiques, des groupes politiques extrémistes, certains particuliers enragés et même des lobbys pour qui tous les coups sont permis.Au fil d'un récit truffé d'exemples restés célèbres, l'auteur démontre comment cette inflation des infox est le symptôme d'un grave délitement politique et d'une crise de confiance de nombreux gouvernés vis-à-vis de ceux qu'ils perçoivent comme des élites. Il propose de réarmer les citoyens contre ces manipulations.« L'industrie du doute prospère depuis un bon moment afin de protéger des intérêts industriels et financiers, et elle instille son poison en brouillant les frontières entre le doute cartésien raisonnable et salutaire et un doute corrosif qui n'a d'autre ambition que d'éroder le socle de certitudes de l'opinion publique pour paralyser la prise de décision politique. »Arnaud Mercier nous livre son expertise sur un phénomène devenu viral.

  • Le journal télévisé est devenu, pour beaucoup, le moyen d'information privilégié, sans qu'on ait toujours les outils pour le critiquer. Pourtant, les images télévisées nous donnent souvent une impression d'insatisfaction, car la recherche d'audience, la concurrence entre les chaînes ou la volonté de s'approcher de plus en plus du direct absolu ont produit de nombreux dérapages et atteintes à la déontologie. L'auteur livre ici des clés d'analyse pour comprendre les raisons de ces dysfonctionnements et aussi pour échapper à la fascination de l'image télévisuelle, de cette image défilante qui capte l'attention. Il scrute les motivations des journalistes de télévision dans la fabrication de leur journal, notamment leur volonté de séduire, observe les relations conflictuelles mais ambiguës qu'ils entretiennent avec le pouvoir politique ; enfin, par une étude attentive des reportages, soigneusement décryptés, il repère la logique des représentations sociales et politiques délivrées. Le fil conducteur de cette analyse est le rôle de gestionnaires de l'accès à l'espace public que les journalistes de télévision s'auto-attribuent. Cela les oblige à entrer dans une étroite interaction avec les élites politiques, tout en veillant à ne pas se couper de leurs publics. Pareil grand écart les conduit à adopter des dénominateurs communs minimaux dans leur présentation des faits. Ils puisent alors dans les catégories de jugement du sens commun et dans les ressources du genre narratif : valorisation de l'émotion, mise en récit des reportages, recours à une psychologie expéditive, traitement de l'information particulièrement réducteur... Bien évidemment, l'image donnée de la politique s'en ressent lourdement, et les conclusions de cet ouvrage doivent être prises en compte dans la façon de concevoir notre démocratie, de plus en plus médiatique.

  • Le journalisme

    Arnaud Mercier

    • Cnrs
    • 29 January 2009

    Le journalisme est une profession en régulière mutation. L'introduction permanente de nouvelles technologies - pour gagner du temps dans la transmission et le traitement de l'information ou pour accroître les possibilités de diffusion - bouleverse constamment son équilibre. Par ailleurs, cette profession est souvent décriée dans sa façon de traiter les faits ou pour ses collusions supposées avec les détenteurs du pouvoir politique ou économique. L'ouvrage fait le point sur les critiques subies et sur les tentatives de réponse que les journalistes ont su apporter pour regagner en légitimité et en crédibilité.
    La revue Hermès a suivi ces évolutions. Les textes rassemblés ici permettent d'en rappeler les grandes tendances.

  • Cet Essentiel offre un large panorama permettant de comprendre les nouvelles formes et les enjeux de la communication politique contemporaine. Qu'en est-il aujourd'hui des connivences entre les mondes de la communication, des médias et de la politique ? Quels effets produisent les excès de la communication politique, lorsqu'on analyse les cas emblématiques de Silvio Berlusconi et Donald Trump ? Quel poids réel peuvent avoir l'internet et les réseaux socionumériques en contexte électoral ou dans un cadre insurrectionnel comme lors des « printemps arabes » ? Il s'agit dans cet ouvrage de dévoiler la crise du tout-marketing politique et l'urgence de penser autrement la communication politique, en identifiant ses contradictions et les menaces qui planent sur nos démocraties dans le cadre d'une guerre de l'information désormais ouverte. Menaces omniprésentes lors de l'élection présidentielle américaine puis française, où mensonges, rumeurs, « fake news » et attaques personnelles d'une rare bassesse ont proliféré sur les réseaux sociaux.

    Auteurs : Gilles Achache, Éric Dacheux, Alex Frame, Tourya Guaaybess, Christian Le Bart, Juremir Machado da Silva, Arnaud Mercier, Pierre Musso, Marie-Cécile Naves, Nicolas Tenzer, Eliseo Verón, Dominique Wolton.

  • "L'élection présidentielle française de 2017, avec son résultat jugé « disruptif », est singulière. Emmanuelle Macron est un candidat venu de nulle part, sans parti ni expérience électorale. Il a pourtant suivi une stratégie de communication politique révélant sa compréhension de l'épuisement des solutions politiques traditionnelles. Cette victoire est certes chamboule-tout, mais raisonnée elle n'est pas si inattendue que cela."

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