Arnaud Desplechin

  • En 2021, Bob Dylan fêtera à la fois ses quatre-vingts ans et les soixante ans d'une carrière particulièrement prolifique. Depuis son premier disque enregistré à l'âge de vingt ans jusqu'au triomphe post-confinement de Rough And Rowdy Ways, il aura ainsi publié 39 albums studio et 6 albums live... du moins officiellement ? ! Car, en réalité, ce sont des milliers de références qui sont aujourd'hui proposées sur le marché.
    Entre l'exhumation de ses archives inédites via notamment la collection des Bootleg Series, l'importance jamais démentie du marché pirate depuis le mythique Great White Wonder, l'entrée dans le domaine public de ses premiers enregistrements, la prolifération de compilations en tous genres, sans oublier les innombrables reprises de ses chansons par d'autres artistes, la discographie dylanienne est un labyrinthe vertigineux.
    Cet ouvrage vient combler un manque. Destiné tant au collectionneur qu'au néophyte, il offre, en plus de 200 notices, une cartographie précise de la carrière et l'oeuvre deBob Dylan à travers une liste de 176 disques et coffrets, officiels ou non, accompagnée d'une sélection de 46 livres et films. Bien plus qu'un énième livre sur le Zim, Dylanographie est destiné à devenir le guide indispensable à quiconque souhaite appréhender cette oeuvre imposante dans toute sa "? multitude ? " .
    Docteur en Cinéma, Nicolas Livecchi est spécialiste de Steven Spielberg auquel il a consacré deux ouvrages publiés aux Impressions Nouvelles. Egalement producteur et réalisateur, il est depuis bientôt quinze ans en charge du développement et responsable du comité de lecture chez Why Not Productions. Dernièrement, il a supervisé l'adaptation du roman de Leïla Slimani Chanson douce avec Karin Viard et collaboré à l'écriture du nouveau film de Jacques Audiard Les Olympiades.

  • Une certaine lenteur ; entretien Nouv.

    Rebelle de naissance, toujours joyeusement subversive par son art, Catherine Deneuve est la figure exquise pour toutes celles et tous ceux qui désirent commencer leur vie sans avoir jamais à courber la nuque. Une leçon de liberté, de fantaisie, de choix souverains, de fidélité à l'anarchisme de l'enfance. (Arnaud Desplechin)

  • Londres, fin du xixe siècle ; esther kahn vit dans le east end.
    Ses parents sont émigrants juifs. toute la famille travaille dans l'atelier de couture familial. esther est lente et bornée, elle n'a d'avis sur rien, elle n'a de sentiment pour personne : esther est une pierre. et pourtant, elle pose une question réservée d'ordinaire aux philosophes, pas sûr que le monde existe, puisque parfois, je rêve. et si nous ne faisions jamais qu'imiter la vie ? quand la vraie vie nous arrivera-t-elle ? esther a beau imiter, elle voit bien que ça ne suffit pas à faire d'elle une personne à part entière.
    C'est seulement lorsqu'elle va au théâtre, qu'esther se " réveille " et s'anime : parce qu'elle ne regarde pas le spectacle comme le font les autres, elle le vit. esther décide de devenir actrice.
    Esther kahn, réalisé en langue anglaise par arnaud desplechin, d'après un scénario co-écrit en langue française avec emmanuel bourdieu, est adapté d'une nouvelle de l'écrivain anglais arthur symons. interprétation : summer phoenix, ian holm, fabrice desplechin et emmanuelle devos.
    Sortie en salles le 4 octobre 2000, distribué par bac films.

  • Arnaud Desplechin : Dans vos notes de tournage, sur Tristana, vous mentionnez la phrase que Bunuel vous dit dans la scène du balcon : « Pas de psychologie ». C'est une scène historique ! C'est à propos de cette scène qu'Hitchcock avait envoyé un mot à Bunuel pour lui dire son admiration ; qu'il était jaloux d'un tel plan. Eh bien, sur une scène aussi scabreuse, aussi choquante, il y a des choses que la psychologie ne peut pas raconter. Alors, vous et Bunuel, vous rigolez comme des bossus.

    Catherine Deneuve : Mais oui ! Il y a un moment où il faut accepter que l'image soit plus forte que vous, que les intentions du réalisateur soient plus fortes que vous..

    AD : Mais la performance est incroyable !

    CD : La performance, précisément pour ça, c'était l'idée d'être extrêmement perméable, ouverte, sans aucune arrière-pensée, vous voyez. Quand il me dit : « vous souriez. », l'idée, c'était d'être la plus immuable mais la plus souriante aussi, et de ne surtout pas mettre d'intention derrière. Il y en avait déjà assez ! Ce qui s'imprime c'est autre chose. En même temps, Bunuel était extrêmement pudique. [.] Je souffrais un peu pour lui, c'était très sommaire ce qu'il disait. C'est plutôt ce qu'il disait en dehors du film ou ce qui était écrit. Mais ce que lui pouvait dire de ça, il fallait vraiment essayer d'imaginer, de le deviner. Il était très bourru dans sa façon de parler, ça me faisait rire d'ailleurs.

    Dans ce livre d'entretiens, Arnaud Desplechin - qui a dirigé Catherine Deneuve dans Un conte de Noël (2008) - nous fait voir l'actrice à travers son regard précis et émouvant et c'est comme si on la voyait pour la première fois. Et on les aime sans réserve ensemble et séparément, comme on a toujours aimé les couples actrice-réalisateur, comme on aime le cinéma. Tout autant que dans ses films, Arnaud Desplechin a ici l'art du dialogue.

    Le livre est composé d'un entretien publié en novembre/décembre 2008 pour la revue américaine Film Comment (équivalent en quelque sorte des Cahiers aux États-Unis) et d'un portrait de Catherine Deneuve fait par Arnaud Desplechin, pour les Inrocks paru en décembre 2004.

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