Armand Mattelart

  • Quel lien établir entre la gouvernance par la trace, fruit de la numérisation, et la figure ancienne d'une société perfectible fondée sur le calcul ? En quoi la surveillance est-elle devenue un phénomène de masse ? Pourquoi l'exploitation des big data engendre-t-elle de tels fantasmes d'omnipuissance ? En quoi la guerre globale au terrorisme a-t-elle reconfiguré les systèmes, procédures et protocoles de cybercontrôle ? Quelles sont les logiques et quel est le rôle des acteurs marchands ? En quoi la reconnaissance du principe de l'« universalité de l'Internet » est-elle devenue centrale dans l'optique du partage des savoirs ?
    Pour répondre à ces questions, cet ouvrage croise le temps long et la perspective géopolitique. Attentif aux continuités, ruptures et dérives, il donne à voir la gestation d'une promesse et d'un schéma de réorganisation du monde. Son originalité est d'aller au-delà des mythes en passant au crible les zones d'opacité du projet de « société de l'information ». Une notion qui s'est longtemps donnée d'évidence sans que les citoyens aient pu exercer leur droit à un vrai débat sur sa genèse.

  • La préservation de la diversité culturelle doit-elle être du ressort des politiques publiques ou peut-elle se satisfaire de la multiplication de l'offre marchande des biens et services ? C'est à ce dilemme que sont confrontées les cultures des groupes et des sociétés qui se défendent dans un monde où le planétaire se conjugue avec l'asymétrie des échanges.
    L'idée même de diversité culturelle recouvre des réalités et des positions contradictoires. Elle est au principe d'une démocratie-monde, garante des altérités. Mais elle est aussi la caution d'un mode de gouvernance du marché global, propice à la dérive économiste et au déni du « politique ». Cet ouvrage permet de comprendre quel est l'enjeu des luttes pour la reconnaissance de la diversité comme composante essentielle des droits humains. Il met en perspective les moments forts de l'histoire au cours desquels le statut singulier et mouvant de la culture et du projet d'émancipation qu'elle porte s'est construit face à la loi du libre-échange, à la raison d'État et aux déterminismes techniques.

  • Traçant une histoire critique de la globalisation des échanges, l'auteur analyse en parallèle l'essor des transports, le développement des médias, l'implantation de technologies nouvelles et leur mise en réseaux, tuais aussi l'internationalisation du commerce et la montée en puissance des marchés financiers.
    Son ouvrage permet ainsi de prendre la mesure de cette nutation sans précédent. mise en perspective précise et nourrie, ce livre est d'autant plus précieux qu'il maintient constamment à distance les utopies du libre-échange et les mythes du globalisme.

  • « Le marché est en passe de réussir là où ont échoué les grands empires et les gran-des religions : fusionner l'ensemble des êtres humains dans une communauté globale » : ce leitmotiv a pendant près d'un quart de siècle nourri les discours des nouvelles élites de l'économie mondialisée. Sans le dire, elles ont habillé leur projet de totalité mercantile d'images puisées dans la longue tradition de l'imaginaire du rassemble-ment du genre humain qui a accompagné l'expansion du capitalisme occidental depuis le XVIe siècle. La crise contemporaine du modèle libre-échangiste d'ordonnancement de la planète repousse les bornes de l'horizon indépassable qu'il fixait à l'humanité et ravive la mémoire des utopies planétaires enfouies.
    De la « citoyenneté du monde » au gouvernement mondial, de la « République mercantile universelle » de Adam Smith aux multiples versions des « États-Unis du monde » et de l'« Association universelle », Armand Mattelart analyse les espoirs et les illusions nourris par les rêves d'une unité du monde sous le signe d'une religion, d'un empire, d'un modèle économique ou du droit des peuples à s'émanciper. En mettant aussi au jour les ambiguïtés et les faux-semblants dont ils sont souvent porteurs - y compris dans leurs avatars communicationnels les plus contemporains -, l'auteur propose un tableau sans équivalent de l'imaginaire de notre modernité.

  • Armand Mattelart a beaucoup pensé la mondialisation de la communication et de la culture. Son oeuvre se révèle incontournable, tant elle est originale et multiple - preuve en est la traduction en de nombreuses langues dont elle a fait l'objet. Ce livre d'entretien retrace la trajectoire de ce chercheur en la replaçant dans les différents contextes sociaux et géopolitiques qui l'ont façonnée. Chaque espace-temps de ce parcours singulier fonctionne comme un révélateur de la matérialité de cette pensée et de l'évolution d'un champ d'études interdisciplinaires. S'y découvrent aussi, en même temps que les idées en mouvement, l'état des rapports de forces internationaux et la complexité du jeu des acteurs sociopolitiques dans les sociétés dans lesquelles Armand Mattelart a été appelé à vivre et à travailler. Explicitant des aspects relativement peu connus de ses recherches, il revient sur leurs prémisses épistémologiques, en montrant comment et pourquoi son parcours personnel est partie intégrante d'itinéraires collectifs. Pour lui, le défi qu'affronte tout projet de construction de l'histoire des modes de production et de circulation des dispositifs de communication et d'information est de conjuguer théorie et pratique, passé et présent, dimension locale et dimension supranationale. C'est ce qui fait que cette histoire est inscrite dans la pluralité des cultures. La démarche généalogique qui caractérise si bien les ouvrages de cet intellectuel hétérodoxe est ici mise à contribution pour décrypter l'émergence d'un ' regard monde '.

  • Nous vivons aujourd'hui dans un monde d'hypersurveillance. Mais il n'a plus rien à voir avec le Big Brother totalitaire d'Orwell. Loin d'un modèle disciplinaire, les contrôles, exercés par une diversité d'acteurs publics et privés, y sont invisibles et mobiles, de plus en plus tributaires de la participation involontaire des individus et souvent aux fins d'anticipation de leurs comportements.
    Ce livre vise à cerner l'origine, les contours et la dynamique de cette surveillance post-orwellienne. À partir de la rupture fondamentale introduite au XIXe siècle par le libéralisme et la reconnaissance des droits de l'homme, il retrace l'évolution fluctuante du couple libertés/contrôles.

  • La notion de communication ne s'est pas toujours identifiée au domaine médiatique.
    Ce sens est le dernier en date d'une longue évolution qui l'a vue recouvrir d'autres phénomènes au gré de l'expansion des circuits d'échange et de circulation des personnes, des biens et des idées. Ce livre retrace l'histoire de ces réalités multiformes que ce terme, à chaque période historique, a eu pour fonction de nommer, de montrer ou de cacher. Cette histoire commence avec la normalisation des tracés et trafics des canaux et des routes, elle se clôt avec l'éclosion des médias de masse et des mesures mécaniques des audiences.
    Elle suit l'apparition du chemin de fer et du câble sous-marin, ainsi que des nouvelles formes de communication qu'engendrent les stratégies d'hégémonie linguistique ou missionnaire, ou encore les expositions universelles. Elle décrypte les nouveaux dispositifs de contrôle qui font contrepoids à la libéralisation des flux. Surtout - et c'est l'originalité majeure de cet ouvrage -, Armand Mattelart met en perspective les savoirs et les imaginaires qui ont accompagné ces transformations.
    Il montre comment, à partir des penseurs du XVIIIe siècle, a pu se déployer au cours du siècle suivant cette formidable utopie de la communication sociale parfaite, de la transparence universelle. Et comment celle-ci a fondé les représentations qui façonnent les sociétés mondialisées.

  • La présente anthologie collige des textes d'Armand Mattelart publiés entre 1970 et 1986, période riche de nombreuses publications en plusieurs langues, dont beaucoup sont peu connues des lecteurs francophones. Ces travaux séminaux sont pourtant d'un très grand intérêt, tant scientifique que politique, et s'avèrent essentiels pour qui souhaite comprendre le rôle que joue la production médiatique, la culture et la communication dans la lutte des classes. Ils le sont également pour mettre en perspective l'oeuvre d'Armand Mattelart, aujourd'hui considéré comme une figure importante des sciences de l'information et de la communication.
    Ce deuxième tome rassemble des écrits traversés par un questionnement d'ampleur quant aux conditions de possibilité de résistance populaire à la culture dominante et de l'émergence de cultures subalternes. Que faire avec les médias ? Comment rendre la parole au peuple ? Quelle est la relation entre les médias et la société ? Quel est le lien entre la construction de la démocratie et les systèmes de communication ? Voilà quelques-unes des interrogations auxquelles Armand Mattelart entend répondre. Les expériences révolutionnaires dont il rend compte (Chili, Nicaragua, Mozambique, etc.) placent au coeur de leurs préoccupations, tant théoriques que pratiques, cette attention au politique, à la stratégie et à la dialectique de l'événement et de l'histoire. Armand Mattelart rappelle ainsi la nécessité d'investir dans la connaissance des héritages programmatiques des luttes antérieures, seules capables d'ouvrir à l'analyse, à la compréhension et à l'évaluation des phénomènes sociaux.
    Le point de vue de classe allié à un regard-monde, si caractéristique des travaux d'Armand Mattelart, constitue une configuration théorique critique particulièrement efficiente pour appréhender les questions contemporaines d'ordre idéologique, médiatique et culturel.

  • Fondée en 1941 par Paul Angoulvent, traduite en 40 langues, diffusée pour les éditions françaises à plus de 160 millions d'exemplaires, la collection " Que sais-je ? ", est aujourd'hui l'une des plus grandes bases de données internationales construite, pour le grand public, par des spécialistes.
    La politique d'auteurs, la régularité des rééditions, l'ouverture aux nouvelles disciplines et aux nouveaux savoirs, l'universailité des sujets traités et le pluralisme des approches constituent un réseau d'informations et de connaissance bien adapté aux exigences de la culture contemporaine.

  • Fondée en 1941 par Paul Angoulvent, traduite en 40 langues, diffusée pour les éditions françaises à plus de 160 millions d'exemplaires, la collection " Que sais-je ? ", est aujourd'hui l'une des plus grandes bases de données internationales construite, pour le grand public, par des spécialistes.
    La politique d'auteurs, la régularité des rééditions, l'ouverture aux nouvelles disciplines et aux nouveaux savoirs, l'universailité des sujets traités et le pluralisme des approches constituent un réseau d'informations et de connaissance bien adapté aux exigences de la culture contemporaine.

  • Quelle filiation établir entre l'utopie informatique et la chimère de la bibliothèque universelle ? Quel lien entre la croyance en la fin des idéologies et l'invention de la ressource informationnelle ? Quel rôle jouent les logiques de sécurité dans la " révolution de l'information " ? Qui gère l'Internet ? Pourquoi l'Organisation des Nations unies a-t-elle convoqué les gouvernements, le secteur privé et la société civile organisée à un " Sommet mondial de la société de l'information " ? Quel rapport entre la propriété intellectuelle et l'accès de tous au savoir ? Pour répondre à ces questions, cet ouvrage croise le temps long et la perspective géopolitique. Attentif aux rapports de forces, aux configurations d'acteurs, aux continuités et ruptures, il donne à voir la gestation d'une promesse et d'un schéma de réorganisation du monde. L'originalité de cet ouvrage est d'aller au-delà des mythes en questionnant les axiomes qui légitiment la notion de " société de l'information ". Une notion qui, adoubée par l'Internet, a acquis un caractère d'évidence sans que les citoyens aient pu exercer leur droit à un vrai débat sur ses origines à la fois proches et lointaines.


  • Vidéosurveillance, fichage, empreintes génétiques, écoutes, puces RFID. Dans les régimes démocratiques, les différentes techniques d'intrusion dans la vie quotidienne des individus se multiplient, au nom de la lutte contre les « nouvelles menaces ». La « guerre contre le terrorisme » n'a fait que rendre plus oppressant ce monde qui nous rapproche de celui imaginé par George Orwell dans 1984.
    Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Comment les sociétés démocratiques ont-elles accepté que leurs droits et liberté soient peu à peu amputés par des dispositifs de surveillance de plus en plus sophistiqués ?
    De l'anthropométrie du XIXe siècle au Patriot Act, en passant par l'analyse des doctrines militaires et du projet Echelon, Armand Mattelart construit une généalogie de ce nouveau pouvoir de contrôle et étudie sa dynamique de mondialisation. Il montre qu'au nom de la défense de la liberté et des impératifs de sécurité nationale, les États ont construit et imposé une définition de l'ennemi de plus en plus floue, tellement floue qu'elle a permis et permet encore tous les abus.
    Ce livre invite à une prise de conscience indispensable à l'heure où le seuil de tolérance des sociétés démocratiques à l'égard de la surveillance ne cesse de baisser.

  • La présente anthologie collige des textes d'Armand Mattelart publiés entre 1970 et 1986, période riche de nombreuses publications en plusieurs langues, dont beaucoup sont peu connues des lecteurs francophones. Ces travaux séminaux sont pourtant d'un très grand intérêt, tant scientifique que politique, et s'avèrent essentiels pour qui souhaite comprendre le rôle que joue la production médiatique, la culture et la communication dans la lutte des classes. Ils le sont également pour mettre en perspective l'oeuvre d'Armand Mattelart, aujourd'hui considéré comme une figure importante des sciences de l'information et de la communication.
    Les textes de ce premier tome constituent les éléments de base d'une critique de l'économie politique des phénomènes de communication. Ils sont le fruit de recherches sur la société chilienne des années 1960 et de la période de l'Unité Populaire (1970-1973). Le Chili, qu'Armand Mattelart rejoint en 1962, va en effet devenir le premier laboratoire des enjeux géopolitiques de la globalisation et de ses réseaux. Il servira de test grandeur nature à des stratégies locales et transnationales, à la fois économiques, politiques, médiatiques et de renseignement, dont l'objectif est alors de tuer dans l'oeuf les processus de transition vers des sociétés plus démocratiques, notamment socialistes. Afin d'appréhender dans son historicité cette réalité sociale singulière, Armand Mattelart convoque, loin d'un marxisme dogmatique, les apports d'un matérialisme culturel attentif aux thèmes de l'idéologie, de l'hégémonie, de la conscience de classe, ou encore de l'impérialisme.

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  • Les textes réunis dans ce troisième tome sont exemplaires de l'analyse matérialiste des systèmes de communication et de leurs stratégies de déploiement au niveau transnational qu'Armand Mattelart consolide dans le contexte du « laboratoire chilien » des années 1970-1973 et poursuit après son installation en France. Son travail porte alors sur le dévoilement de l'idéologie impérialiste et de sa matérialité, notamment en ce qui a trait au rôle joué par les multinationales dans la concentration, la marchandisation et l'internationalisation de la production culturelle. Amplifiés en Europe par les processus de dérégulation des systèmes publics de communication, ces phénomènes mettent en évidence les difficultés à penser les alternatives. Toutefois, cette forme de résistance institutionnelle qu'est la création d'industries culturelles nationales s'impose au prix de l'oubli d'une large part des demandes sociales exprimées. Ainsi, les travaux d'Armand Mattelart dépassent la seule problématique des médias et des industries de la culture, en éclairant tout particulièrement cette dialectique de l'emprise du marché global sur les modes de vie et des ripostes qu'elle suscite au sein de la société civile.

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  • Vidéosurveillance, fichage, empreintes génétiques, écoutes, puces rfid.
    Dans les régimes démocratiques, les différentes techniques d'intrusion dans la vie quotidienne des individus se multiplient, au nom de la lutte contre les " nouvelles menaces ". la " guerre contre le terrorisme " n'a fait que rendre plus oppressant ce monde qui nous rapproche de celui imaginé par george orwell dans 1984. pourquoi en sommes-nous arrivés là ? comment les sociétés démocratiques ont-elles accepté que leurs droits et liberté soient peu à peu amputés par des dispositifs de surveillance de plus en plus sophistiqués ? de l'anthropométrie du xixe siècle au patriot act, en passant par l'analyse des doctrines militaires et du projet échelon, armand mattelart construit une généalogie de ce nouveau pouvoir de contrôle et étudie sa dynamique de mondialisation.
    Il montre qu'au nom de la défense de la liberté et des impératifs de sécurité nationale, les états ont construit et imposé une définition de l'ennemi de plus en plus floue, tellement floue qu'elle a permis et permet encore tous les abus. ce livre invite à une prise de conscience indispensable à l'heure oú le seuil de tolérance des sociétés démocratiques à l'égard de la surveillance ne cesse de baisser.

  • Qui échappe aujourd'hui à l'incessant tourbillon d'annonces, de spots, de clips, de slogans publicitaires ? Partout présentes, les puissantes compagnies internationales de publicité (Dentsu, Saatchi & Saatchi, Young & Rubicam, Mc Cann-Erikson, WPP-J. Walter Thompson, HDM, Publicis...) constituent des réseaux téléscopant la plupart des clivages politiques et économiques et managériaux que l'auteur, spécialiste de la communication, nous révèle au terme d'une sérieuse et passionnante enquête nourrie de très nombreux exemples, pour la plupart inédits en français.
    Un produit n'est pas utilisé partout de la même façon et ne répond pas à des besoins identiques, les motivations varient. Ainsi, les Danois et les Allemands achètent le dentifrice au fluor pour prévenir la chute des dents ; les Français et les Italiens pour des raisons cosmétiques. Volvo met en France l'accent sur le statut et le loisir, en Suède sur l'économie, la résistance et la sécurité... Armand Mattelart montre ainsi la diversité et la sophistication des stratégies nationales par les agences internationales.
    Mais il s'intéresse aussi à la logique globale de ce secteur en expansion et explique en détail ses évolutions. Il montre enfin comment cette dynamique contamine la presse - Reader's Digest, Newsweek, Elle, etc. - et en plus généralement les médias - y compris le cinéma -, entraînant une mondialisation du contenu rédactionnel et l'adoption d'une langue internationale. Visitez la planète pub, cet ouvrage vous servira de guide.

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  • Du télégraphe au satellite, des grandes agences de presse aux bases de données, l'internationalisation et la multiplication des réseaux et des flux de communication n'ont cessé, au cours des deux derniers siècles, de déplacer les bornes de la planète : un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. C'est la genèse de cette communication-monde, indissociable de l'économie et de la société-monde qu'Armand Mattelart retrace dans ce livre, resté un ouvrage de référence depuis sa publication en 1992. Il montre ainsi tout ce que les institutions et les pratiques de la communication moderne doivent à la guerre, à ses méthodes de propagande et d'" action psychologique ". Et il s'interroge sur le rôle croissant de la " géofinance " et de la " guerre économique " dans les nouveaux réseaux d'information transfrontières : la communication-monde annonce-t-elle l'avènement d'une " culture mondiale " uniformisatrice, ou est-elle le prélude à une fragmentation culturelle de la planète ? L'autre originalité de ce livre est d'être à la fois une histoire des mots et des choses. Car en même temps que l'histoire des réseaux et des stratégies de leurs acteurs, il propose une histoire des idées, des théories et des doctrines successivement élaborées pour en rendre compte.

  • Que recouvre le concept de « matérialisme culturel » ? Comment le milieu social, l'âge, le genre, l'identité « ethnique » affectent-ils les rapports à la culture ? Dans une « audience » médiatique, tous les participants perçoivent-ils les mêmes messages ou significations ?
    Ce sont là des questions vives que, de façon précoce, les Cultural Studies ont entrepris d'analyser dans l'Angleterre des années 1960. En accordant à la culture des médias et des classes populaires une attention jusque-là réservée à la culture des lettrés, elles invitaient à penser le culturel dans son rapport aux dynamiques de pouvoir.
    Cet ouvrage reconstruit la généalogie de ces recherches. Il en expose les grands textes et les apports. Il rend compte de leur expansion internationale. Il pose les termes d'un débattant sur le statut du culturel dans la mondialisation que sur nos manières de penser la culture. Au moment où ce courant longtemps méconnu en France y trouve tardivement écho, ce livre apporte aussi ce qui fait défaut à trop d'importations zélées : le recul historique, la défiance face aux effets de mode.

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