Antoine Follain

  • Le 21 septembre 1617, une jeune maman est retrouvée morte dans la maison des Petermann dans le val de Lièpvre, entre Alsace et Lorraine. On la dit suicidée, mais l'expertise médicale conclut au meurtre. L'affaire Petermann va accuser Anthoine, le vieillard qui dirige la famille et qui n'avait jamais attiré l'attention. Au terme de l'instruction juridique, Anthoine sera condamné à mort. Le crime d'Anthoine commis il y a 400 ans aurait pu avoir été perpétré aujourd'hui pour les mêmes raisons profondes et se retrouver dans la presse et au tribunal.

  • Le duc Charles III de Lorraine, élevé à la cour de France, en avait ramené l'exemple d'un gouvernement autoritaire. Blaison Barisel, gouverneur de la ville et lieutenant du prévôt, aurait abusé de son autorité, entraîné plusieurs autres à méfaire et même "chié sur les ordonnances ducales". Chargé de mettre fin aux désordres, Nicolas Rémy construisit et enchevêtra plusieurs procès contre celui qui "estoit officier de Monseigneur et qui devoit servir d'exemple aux autres" et qui s'achevèrent par une peine de mort spécifique à la haute trahison.

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  • Les hommes des siècles passés étaient-ils plus violents que nous? On a depuis longtemps postulé que les gens du Moyen Age et de l'époque moderne avaient eu des comportements brutaux avant d'apprendre à se contenir, à se civiliser, et parvenir à des moeurs enfin dignes à partir du XVIIIe ou du XIXe siècle. L'importance des actes de violence dans les sources judiciaires semblerait le confirmer mais s'agissait-il des indices d'une immoralité générale ou d'actes exceptionnels? Le travail critique mené dans cet ouvrage réexamine les méthodes, critique les sources, apporte des pièces inédites (dont la statistique des crimes établie tout au long du XVIIIe siècle pour la chancellerie, donc bien avant le " Compte général criminel " du XIXe siècle) et donne des exemples d'utilisation des sources textuelles et iconographiques, comme les scènes de rixes paysannes qui, correctement interprétées, ne peuvent plus être retenues comme des preuves.
    L'étude minutieuse d'un procès du début du XVIIe siècle pour homicide (édité en entier) montre qu'au-delà des apparences d'un acte impulsif commis par une " brute ", on peut retrouver les motivations et les circonstances d'une mise à mort préméditée, constater le trouble d'une population pas du tout habituée à de tels crimes et s'interroger sur la violence légale appliquée aux accusés. Livre d'Histoire consacré à la violence et sa mesure du XVIe au XVIIIe siècle, Brutes ou braves gens ? rejoint des débats actuels sur les formes et les chiffres de la criminalité, dont on connaît les enjeux politiques.

  • La fiscalité locale sous l'Ancien Régime a la réputation d'être effroyablement complexe.
    Rien ne serait identique d'une circonscription à l'autre. À partir d'études de cas privilégiant l'origine des différentes fiscalités, leur esprit et leur fonctionnement, ce colloque permet de mieux comprendre un système qui, bien que " fragile ", fut l'un des " fondements de l'État moderne ". Un ensemble de documents illustre toutes les facettes de " l'impôt des campagnes " à travers des rôles, des comptes et des délibérations qui constituent la mémoire des villages.
    Il apparaît ainsi que la monarchie reprit souvent sans grandes retouches les systèmes fiscaux des provinces intégrées dans le royaume. Par la suite, les agents de la fiscalité locale et les intendants s'efforcèrent plus qu'on ne le soupçonne d'en améliorer le fonctionnement sans l'uniformiser. Cet ouvrage parcourt, pour l'ensemble de la période moderne, toute la France, du Languedoc à la Bretagne, à la Lorraine, en passant également par l'Armagnac, le comtat Venaissin, le Dauphiné, l'Auvergne, le Beaujolais, la Touraine, le Soissonnais, les Pays-Bas.
    Il permet de nuancer les critiques formulées contre un système supposé chaotique, de relativiser la responsabilité du roi dans les difficultés de l'État et des peuples. Sans être totalement erronée, l'image désastreuse de la fiscalité de l'Ancien Régime est moins conforme à la réalité qu'on ne l'avance généralement.

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  • Il y a cent ans, naissait à mervans (saône-et-loire) pierre de saint jacob qui a consacré sa vie de chercheur à l'étude des campagnes dans la france des temps modernes.
    Sa grande thèse sur les paysans de la bourgogne du nord au dernier siècle de l'ancien régime (1960) est restée un modèle du genre, et sa thèse complémentaire documents relatifs à la communauté villageoise en bourgogne du milieu du xviie siècle à la révolution (1962) a relancé l'histoire de la communauté rurale. cet anniversaire a été commémoré par l'organisation à dijon d'un colloque international d'histoire rurale " autour de pierre de saint jacob ".venus de france, des etats-unis et du canada, des historiens et historiens du droit montrent dans ce livre où en est la recherche historique dans les voies que saint jacob avait contribué à ouvrir.
    Loin d'être immobiles, comme on a pu le croire, les sociétés rurales étaient au contraire caractérisées par des dynamiques. l'économique, le social, le juridique ou le culturel... tout montre des campagnes en mouvement en france du xvie au xixe siècle. et si la bourgogne est favorisée, sont aussi présents la flandre et le languedoc, la normandie et l'auvergne, l'anjou et la champagne.

  • " L'économie rurale est le premier objet de la société des Thesmophories, qui se permet aussi quelquefois de jeter des regards sur tout ce qui peut coopérer au Bien public.
    C'est de la discussion que naît la Lumière et la Vérité, et c'est de cette manière que la société veut s'instruire " : tel était le projet de personnes " que l'amitié rassembla tous les mois " pour former une société savante établie à Blaison en Anjou et nommée par référence à des fêtes agraires antiques. Seul exemple d'une société agronomique non royale dont des archives nous sont parvenues, la société de Blaison représente mieux que les grands auteurs l'esprit du " Siècle des Lumières ".
    Illustrant la pénétration des nouvelles sciences, comme l'agronomie et l'économie, les " Thesmophores " refusèrent de sacrifier " quantité de petites familles qui vivent dans une heureuse médiocrité " au profit de la " grande exploitation ", ils surent interroger les paysans sur leur pratique et ils recueillirent d'étonnants calculs de profitabilité. Autour de ces archives et de cette expérience humaine a été rassemblée une équipe d'historiens spécialisés.
    En raison de sa valeur, il a été fait choix de publier l'ensemble du corpus.

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