Anne Sinclair

  • « Je me suis longtemps refusée à imiter les confrères qui publient leurs Mémoires, persuadés que leur moi mérite exhibition et que les épisodes de leur vie personnelle et professionnelle suscite l'intérêt. Le journalisme est un métier comme un autre et la télévision n'est souvent qu'une usine à baudruches. A tous ceux qui m'interrogeaient à ce sujet, je n'ai cessé de déclarer qu'à ce petit jeu narcissique, on ne me prendrait pas. Publier cet ouvrage m'oblige à manger mon chapeau. Me voici à mon tour piégée dans ce paradoxe : écrire comme tout le monde, en espérant intéresser tout le monde à une vie qui ne serait pas celle de tout le monde. Il faut assumer ses contradictions et ne pas avoir peur de se désavouer. C'est dit...
    Les personnes que je croise me regardent comme une vieille connaissance à laquelle elles associent deux images contradictoires : la présentatrice d'une émission qui fut célèbre il y a plus de vingt ans et qui demeure dans la mémoire collective ; la femme qui fit, à son corps défendant, des milliers de « une » de journaux à l'occasion d'un scandale planétaire impliquant son mari. N'étant pas seulement l'une et ne me reconnaissant pas dans l'autre, je me demande ce qui, de tout cela, peut rester pertinent.
    Je vais tenter d'être juste. Pas exhaustive mais sincère. Je parlerai de mes parents, de cette enfance très protégée qui aurait pu mettre hors de ma portée les armes nécessaires pour lutter dans la vie ; je convoquerai certains personnages hauts en couleur que j'ai eu la chance de croiser et tenterai de brosser le portrait le plus fidèle possible du monde des médias tel que je l'ai connu ; j'évoquerai les grands bonheurs de la vie et les épreuves qui l'ont écorchée... ».
    A.S

  • La Rafle des notables revient sur un épisode de l'Occupation, peu connu du grand public, où le grand-père paternel d'Anne Sinclair s'est trouvé entraîné.
    En décembre 1941, les Allemands arrêtent 743 Juifs français, chefs d'entreprise, avocats, écrivains, magistrats : une population privilégiée (d'où le surnom de « notables »). Ils y adjoignent 300 juifs étrangers déjà prisonniers à Drancy. Ils les enferment tous au camp de Compiègne, sous administration allemande, et qui était un vrai camp de concentration nazi en France, avec famine, manque d'hygiène, maladies, conditions de vie épouvantables par un des hivers les plus froids de la guerre. Une cinquantaine décède dans le camp. Le but est l'extermination, et de fait, c'est de ce camp que partira, en mars 1942, le premier convoi de déportés de France vers Auschwitz (avant juillet 1942 et la Rafle du Vel d'hiv).
    Le grand-père paternel d'Anne Sinclair, Léonce, petit chef d'entreprise, a été arrêté, interné à Compiègne et sauvé de la déportation car il était tombé très malade et avait été transféré - toujours détenu - à l'hôpital du Val-de-Grâce d'où sa femme a réussi à le sortir. Ils se cacheront jusqu'à la Libération où il est mort à 63 ans des suites de son internement.
    L'auteur, qui recherchait des documents sur cette partie de la famille, a trouvé quelques éléments sur ce grand-père (en cahier photo dans le livre). Mais elle a surtout découvert un chapitre méconnu de la persécution sous l'Occupation qu'elle a voulu raconter. Elle redonne vie à ces prisonniers qui, pour la plupart, terminèrent ce sinistre périple dans une chambre à gaz. Elle décrit la vie quotidienne dans le camp entre des bourgeois assimilés à la France depuis des générations et qui ne comprennent pas pourquoi on les affame et les enferme, et des juifs étrangers qui ont l'habitude des persécutions. Peu à peu, la force abandonne les prisonniers, la famine les tue à petit feu, la vermine les attaque, la gangrène s'installe. Son livre raconte avec émotion cette descente aux enfers où la figure du grand-père illustre un récit très personnel et inédit où l'enquête personnelle et familiale rejoint l'enquête historique.

  • « Vos quatre grands-parents sont-ils français ? » me demanda le-monsieur-de-derrière-le-comptoir. Cette question, on l'avait posée pour la dernière fois à ceux qui devaient bientôt monter dans un train, venant de Pithiviers, de Beaune-la-Rolande ou du Vel d'Hiv... et cela suffit à raviver en moi le souvenir de mon grand-père, Paul Rosenberg, ami et conseiller des peintres, dont la galerie se trouvait au 21, rue La Boétie. Attirée, malgré moi, par cette adresse et par l'histoire tragique qui y est attachée, j'ai eu soudain envie de revisiter la légende familiale. [...] J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy. [...] Ce livre raconte son histoire qui, indirectement, est aussi la mienne. A. S. Anne Sinclair retrace, entre anecdotes et nostalgie, l'histoire familiale marquée par l'art et la guerre. Nathalie Dupuis, Elle.

  • Nous sommes depuis peu entrés dans un monde nouveau où l'Histoire semble se faire ou se défaire sous nos yeux. De la crise grecque de 2015 aux primaires de 2017, Anne Sinclair a tenu un journal à la fois politique et personnel. Sous sa plume, nous revivons une période particulièrement riche en péripéties tant pour la France que pour l'Europe et l'international. Nous croisons aussi les hommes et les femmes qui ont fait l'actualité, ceux et celles que la journaliste a côtoyés ou interviewés François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen ; ainsi que des personnalités du monde culturel, tels Karl Lagerfeld, Isabelle Huppert, Cabu et tant d'autres. Au fil des pages se dessine le portrait d'une femme engagée, libre et sans complaisance.
      Un captivant document. L'Express.
      Anne Sinclair ne cache ni ses sentiments ni ses inquiétudes. Le Monde.
      Mordant, souvent drôle, d'une liberté et d'une acuité revigorantes. Le Point.
      Postface inédite.
     

  • "Vos quatre grands parents sont-ils français ? me demanda le-monsieur-de-derrière-le-comptoir."Cette question, on l'avait posée pour la dernière fois à des gens qui devaient bientôt monter dans un train, venant de Pithiviers, de Beaune-la-Rolande ou du Vel d'Hiv... et cela suffit à raviver en moi le souvenir de mon grand-père, Paul Rosenberg, ami et conseiller des peintres, dont la galerie se trouvait 21 rue La Boétie.Attirée, malgré moi, par cette adresse et par l'histoire tragique qui y est attachée, j'ai eu soudain envie de revisiter ma légende familiale. Je me suis plongée dans les archives. J'ai voulu comprendre l'itinéraire de ce grand-père lumineux, intime de Picasso, de Braque, de Matisse, de Léger, devenu paria sous Vichy.Ce grand-père fut un grand marchand. A Paris jusqu'en 1940, puis exilé à New York pendant la guerre. Il était français, juif et amoureux des arts.Ce livre raconte son histoire - qui, indirectement, est aussi la mienne."A.S.

  • Marchand d'art éclairé et ami des plus grands artistes de son temps, l'histoire du grand-père maternel d'Anne Sinclair est intimement liée aux bouleversements artistiques du 20e siècle.

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  • Pourquoi l'improbable Jacques Chirac est-il devenu Président de la République? Par quel mystère a-t-il choisi de dissoudre? Comment l'ensemble des observateurs a-t-il pu sous-estimer Lionel Jospin au point de méconnaître à ce point l'homme d'État qu'il devenait sous leurs yeux? Bref, que s'est-il passé en France depuis deux ans - faut-il n'y voir qu'un chaos ou, dans ce chaos, un ordre secret ? Anne Sinclair est allée voir tous les acteurs - majeurs ou mineurs - de cette affaire. De Jacques Chirac à Édouard Balladur, des conseillers en communication des uns ou des autres à Alain Juppé ou à Lionel Jospin, elle a mené l'enquête. Le résultat : un livre passionnant, qui se lit comme un roman d'aventures.

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  • "Ce journal commence le jour de la Fête de la musique, dans les jardins de Matignon et s'achève, un an plus tard, jour pour jour, le 21 juin 2002.
    Les élections les plus évidentes de l'histoire de la République auront été les plus invraisemblables : un été, un automne, un hiver, un printemps pour secouer la France plus qu'elle ne l'avait été depuis bien longtemps. The making of a President : une folle histoire où les personnages se croisent, se choquent, se détruisent, se construisent. Avec les Français pour spectateurs, pour acteurs aussi, de ce film où chacun s'est fourvoyé, où tous se sont mépris, au scénario duquel personne n'a rien compris.
    J'ai eu envie de tenir un stylo comme on tiendrait une caméra, pour raconter le roman vrai de cette campagne. Je l'ai fait avec des sentiments mêlés : l'intérêt et la curiosité pour les hommes et les femmes qui traversent ce récit ; l'enthousiasme (un peu), le plaisir (souvent), le dégoût (parfois), l'ironie (le gilet de sauvetage des émotifs). Il reste un bouquet d'images, quelques croquis qui prennent d'autant plus de relief que la messe a été dite.
    Je vous propose de refaire le voyage à travers mon regard, de remonter le temps en " caméra subjective ". Il était une fois, dans une autre galaxie, un Président et un Premier ministre qui ne s'aimaient pas..."

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